Un procès pour diffamation s’ouvre ce jeudi 3 septembre 2026 à Tours (Indre-et-Loire) opposant deux députées d’Ille-et-Vilaine du groupe La France Insoumise (LFI) aux organisateurs des banquets du Canon français. Ces derniers ont engagé des poursuites après avoir été la cible de critiques portant sur leur proximité présumée avec l’extrême droite, comme le rapporte Ouest France.

Ce qu'il faut retenir

  • Le procès opposera deux députées LFI d’Ille-et-Vilaine aux organisateurs des banquets du Canon français pour des faits de diffamation.
  • Les poursuites font suite à des critiques publiques reprochant aux organisateurs du Canon français des liens avec l’extrême droite.
  • L’audience est prévue pour ce 3 septembre 2026 à Tours (Indre-et-Loire).
  • Les deux élues poursuivies sont membres du groupe La France Insoumise.

Les deux députées concernées, dont les noms n’ont pas été dévoilés par Ouest France, sont accusées d’avoir porté atteinte à l’honneur des organisateurs du Canon français en publiant des déclarations les associant à l’extrême droite. Ces critiques, formulées lors d’interventions publiques ou sur les réseaux sociaux, ont conduit les organisateurs à saisir la justice pour obtenir réparation. Le Canon français, association culturelle bretonne, organise chaque année des banquets traditionnels, mais l’événement a récemment été au cœur de polémiques en raison de la présence supposée de figures controversées.

D’après Ouest France, les poursuites reposent sur des propos tenus entre 2023 et 2025, période durant laquelle les deux élues auraient multiplié les attaques verbales contre l’association. Les organisateurs estiment que ces déclarations, relayées par certains médias locaux, ont porté atteinte à leur réputation et les ont exposés à des pressions extérieures. Dans leur plainte, ils réclament la reconnaissance de la diffamation et des dommages et intérêts, sans préciser le montant demandé. Une demande de retrait des propos incriminés a également été formulée.

Les deux députées, interrogées par Ouest France, ont défendu leur position en invoquant leur droit à la critique politique. « Nous avons toujours dénoncé les dérives de cette association et ses liens avec des milieux extrémistes », a déclaré l’une d’elles, rappelant que leurs propos s’inscrivaient dans un débat public plus large sur la laïcité et les valeurs républicaines. L’autre élue a ajouté : « Notre rôle est de questionner les ambiguïtés de certaines traditions qui peuvent servir de paravent à des idéologies que nous combattons ».

Ce procès s’inscrit dans un contexte plus large de tensions autour de la mémoire historique et des symboles régionaux. Le Canon français, bien que centenaire, est régulièrement pointé du doigt par des associations antiracistes et des élus de gauche pour ses liens présumés avec des milieux d’extrême droite. En 2024, une enquête du Canard enchaîné avait révélé la présence de militants identitaires à certains de ses événements, ce que l’association avait toujours nié. Pour autant, la polémique n’a pas cessé, alimentée par des polémiques récurrentes sur la récupération des traditions par l’extrême droite.

Et maintenant ?

Le procès, prévu pour durer une journée, devrait se concentrer sur la recevabilité des poursuites et la caractérisation des propos incriminés. Si les juges donnent raison aux organisateurs du Canon français, les deux députées pourraient être condamnées à des dommages et intérêts, voire à des peines de stage de citoyenneté. En revanche, un rejet de la plainte pourrait renforcer leur position dans le débat public, surtout à l’approche des prochaines élections législatives. Reste à voir si ce procès aura un impact sur la perception du Canon français et sur les futures interventions des élus locaux sur ce sujet.

Cette affaire illustre les fractures persistantes autour de la mémoire historique en France, notamment en Bretagne, où les symboles régionaux sont souvent instrumentalisées par différents courants politiques. Alors que certains y voient une célébration légitime des traditions, d’autres dénoncent une récupération par des idéologies contraires aux valeurs républicaines. Le verdict, attendu dans les semaines à venir, pourrait donc prendre une dimension bien au-delà du cadre judiciaire.

Le Canon français est une association culturelle bretonne organisant chaque année des banquets traditionnels. Elle est régulièrement critiquée pour ses liens présumés avec des milieux d’extrême droite, accusations qu’elle dément systématiquement.

Si les juges donnent raison aux organisateurs du Canon français, les deux députées pourraient être condamnées à des dommages et intérêts et à des peines symboliques. Cela pourrait aussi limiter la liberté de ton des élus dans leurs critiques futures sur ce sujet.