En août 2025, la centrale nucléaire de Gravelines, située dans les Hauts-de-France près de Dunkerque, a été contrainte de mettre à l’arrêt quatre de ses six réacteurs en raison d’une prolifération exceptionnelle de méduses. Ces animaux, dont la présence massive avait obstrué les systèmes de refroidissement utilisant l’eau de mer, ont conduit EDF à suspendre temporairement une partie de ses activités. Selon Le Figaro, l’électricien a depuis mis en place un dispositif de surveillance renforcé pour anticiper une nouvelle invasion, alors que les méduses sont actuellement observées au large du Havre.

Ce qu'il faut retenir

  • En août 2025, quatre réacteurs de la centrale de Gravelines ont été arrêtés en raison d’un afflux massif de méduses, perturbant le système de refroidissement.
  • EDF a investi 1,5 million d’euros sur trois ans pour développer un système de surveillance en mer, incluant l’acquisition d’un semi-rigide dédié.
  • Un partenariat a été signé avec l’association France Pêche durable et Responsable ainsi qu’avec la SNSM, qui percevra 30 000 euros par an pour ses missions de surveillance.
  • En cas de menace avérée, des chalutiers pourraient être mobilisés pour éloigner les méduses de la centrale, bien que leur devenir reste incertain.
  • Le réchauffement climatique est pointé du doigt comme facteur aggravant de la prolifération de ces espèces gélatineuses.

Une invasion aux conséquences immédiates

La centrale de Gravelines, qui puise son eau de refroidissement dans la mer du Nord, a subi de plein fouet l’afflux de méduses en août 2025. Selon les rapports internes d’EDF, ces dernières avaient littéralement « bouché » les tambours filtrants, empêchant ainsi le bon fonctionnement des réacteurs. « Pour le moment, elles sont au Havre », a indiqué un porte-parole d’EDF au Figaro, soulignant que la situation actuelle reste sous contrôle, mais que la vigilance s’impose. Les épisodes de prolifération de méduses, autrefois rares, se multiplient ces dernières années en raison du réchauffement des eaux et des courants marins, un phénomène désormais récurrent en Europe du Nord.

Un dispositif de surveillance inédit

Face à ce risque, EDF a déployé un arsenal de mesures pour surveiller et anticiper les arrivées de méduses. Le groupe a installé des caméras sur les tambours filtrants, ces équipements critiques pour le refroidissement, afin de détecter en temps réel toute accumulation anormale. En complément, un système de surveillance en mer a été mis en place, en collaboration avec l’association France Pêche durable et Responsable et la SNSM (Société Nationale de Sauvetage en Mer). Ce dispositif inclut l’utilisation d’un semi-rigide acquis spécifiquement pour des opérations d’observation et d’échantillonnage, ainsi que le déploiement de chalutiers en cas de menace avérée. « Les chalutiers pourraient mener des opérations de pêche ciblées pour protéger la centrale », a précisé un responsable d’EDF, sans pour autant préciser le sort réservé aux méduses capturées.

L’investissement global s’élève à 1,5 million d’euros sur trois ans, dont une partie a été allouée à la formation des équipes et à l’acquisition de matériel adapté. La SNSM, partenaire clé de ce projet, bénéficiera d’une subvention annuelle de 30 000 euros pour ses missions de surveillance et d’intervention. Ces moyens visent à combler une lacune majeure identifiée lors de l’épisode de 2025, où la détection tardive des méduses avait pris de court les équipes techniques.

Un phénomène en recrudescence, lié au climat

Les scientifiques s’accordent à dire que la multiplication des proliférations de méduses est directement liée au réchauffement climatique. Les eaux plus chaudes favorisent leur reproduction, tandis que les courants marins, perturbés par les changements climatiques, transportent ces essaims sur des distances toujours plus longues. « La prolifération inhabituelle de ces animaux dérivants l’été dernier est imputable au réchauffement climatique », a rappelé un expert cité par Le Figaro. Cette tendance, observée dans plusieurs régions côtières européennes, pose un défi croissant pour les industries dépendantes de l’eau de mer, comme les centrales nucléaires ou les usines de dessalement.

À Gravelines, les responsables d’EDF insistent sur la nécessité d’adapter les infrastructures pour limiter les risques futurs. « On ne peut pas empêcher les méduses de venir, mais on peut mieux les anticiper », a déclaré un ingénieur du site. Les capteurs et les partenariats noués avec des acteurs locaux doivent permettre de gagner un temps précieux en cas de nouvelle alerte, réduisant ainsi les risques d’arrêt prolongé des réacteurs.

Quel avenir pour les méduses capturées ?

Si la capture de méduses en mer est envisagée comme une solution d’urgence, leur utilisation reste marginale. Peu consommées dans l’alimentation humaine en Europe, ces espèces sont parfois valorisées dans d’autres domaines, comme la production de collagène pour l’industrie cosmétique. « Certaines méduses pourraient être utilisées dans les cosmétiques », a indiqué une source proche du dossier, sans préciser si cette piste était sérieusement envisagée dans le cadre de la gestion du risque à Gravelines. Pour l’heure, l’objectif prioritaire reste la protection de la centrale, et non la valorisation des méduses capturées.

Et maintenant ?

D’ici à l’été 2026, EDF prévoit de finaliser l’installation de son dispositif de surveillance et de tester les procédures d’intervention avec les chalutiers partenaires. Les premières données collectées en mer seront analysées dès cet automne, afin d’affiner les modèles de prévision. Une réunion de bilan est d’ores et déjà programmée pour le mois de décembre 2026, où les responsables du projet évalueront l’efficacité des mesures mises en place. Reste à voir si ces efforts suffiront à éviter un nouvel épisode similaire à celui de 2025, alors que les conditions climatiques continuent de favoriser la prolifération des méduses.

La centrale de Gravelines, qui représente une part importante de la production électrique française, ne peut se permettre un nouvel arrêt prolongé. Les équipes d’EDF misent donc sur la prévention et la réactivité, tout en gardant à l’esprit que la solution définitive pourrait passer par des adaptations structurelles à long terme.

Les centrales nucléaires comme celle de Gravelines utilisent l’eau de mer pour refroidir leurs réacteurs. Lorsque des méduses s’accumulent en grand nombre, elles peuvent obstruer les systèmes de filtration et empêcher le bon fonctionnement des installations, comme ce fut le cas en août 2025. Leur présence massive perturbe ainsi la production d’électricité.

Outre le système de surveillance en mer, EDF étudie la possibilité de modifier certaines infrastructures, comme l’installation de grilles plus fines ou de systèmes de détection précoce. Une réflexion est également menée sur la valorisation des méduses capturées, bien que cette piste reste secondaire par rapport à la protection de la centrale.