À moins de deux mois des élections législatives israéliennes prévues le 27 octobre 2026, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a publié deux vidéos mettant en scène des détenus palestiniens, selon nos confrères du Figaro. La première, diffusée le 31 août, montre des prisonniers sains d’apparence entrant dans un centre de détention avant d’en ressortir émaciés et terrorisés, à travers une séquence générée par intelligence artificielle. Le slogan « Nous avons promis, nous avons tenu » accompagne la publication, avant que le contenu ne soit supprimé. La seconde vidéo, tournée dans la prison de Damon au nord d’Israël, avait été publiée la veille.

Ce qu'il faut retenir

  • Le 31 août 2026, Itamar Ben Gvir poste une vidéo en images de synthèse représentant des prisonniers palestiniens passant d’un état « sain » à un état de dénutrition extrême en prison.
  • Un slogan final clame : « Nous avons promis, nous avons tenu », sous-entendant une politique de durcissement à l’égard des détenus palestiniens.
  • La vidéo a été supprimée peu après sa publication, mais la polémique persiste autour de son caractère manipulatoire et provocateur.
  • Ben Gvir a également partagé une vidéo réelle, tournée dans la prison de Damon, illustrant des conditions de détention déjà critiquées par les organisations de défense des droits humains.
  • À 55 jours du scrutin, cette stratégie s’inscrit dans une campagne électorale axée sur une ligne politique radicale et des provocations répétées.
  • Itamar Ben Gvir, connu pour ses positions suprémacistes juives, assume publiquement une ligne sans compromis envers les Palestiniens.

Une vidéo manipulée pour servir une rhétorique politique

Le 31 août dernier, Itamar Ben Gvir a diffusé une vidéo générée par intelligence artificielle mettant en scène des prisonniers palestiniens. La séquence commence par montrer des détenus entrant dans un centre de détention, en bonne santé apparente. Le convoyeur les transporte ensuite vers une autre partie de l’installation, où ils en ressortent visiblement amaigris, émaciés et manifestement sous le choc. Cette visualisation, rapidement supprimée, a été remplacée par une autre publication du ministre, moins explicite mais tout aussi symbolique.

— La vidéo originale, d’après Le Figaro, s’inspirait visuellement d’une chaîne d’abattage, ce qui a suscité une vive polémique sur l’utilisation de l’image et de la désinformation à des fins politiques. —

Des provocations en série à quelques semaines des élections

Itamar Ben Gvir n’en est pas à son premier coup d’éclat. Depuis le début de sa carrière politique, il cultive une image d’homme intransigeant, prêt à assumer des positions radicales pour marquer les esprits. Les deux vidéos partagées à la fin du mois d’août s’inscrivent dans cette stratégie de communication agressive, alors que le scrutin du 27 octobre se profile. Selon nos confrères du Figaro, l’objectif est clair : montrer une fermeté sans faille à l’égard des Palestiniens, quitte à recourir à des images choquantes ou manipulées.

Cette approche n’est pas nouvelle. Lors de précédents scrutins, Ben Gvir avait déjà mis en avant des propositions controversées, comme l’expansion des colonies israéliennes en Cisjordanie ou la restriction des droits des Palestiniens dans les territoires occupés. Ses déclarations et ses actes s’inscrivent dans une ligne idéologique nationaliste et religieuse, souvent qualifiée de suprémaciste par ses détracteurs.

Une prison déjà pointée du doigt pour ses conditions de détention

Le même jour que la publication de la vidéo en images de synthèse, Ben Gvir a également partagé un contenu filmé dans la prison de Damon, située dans le nord d’Israël. Ce reportage, bien que réel, met en lumière des conditions de détention déjà dénoncées par plusieurs organisations internationales. Les détenus palestiniens y décrivent des traitements dégradants, des privations et des violences systématiques, comme l’avait rapporté Le Figaro dans un précédent article.

Parmi les témoignages recueillis, certains anciens détenus évoquaient une détention « pire que l’enfer », avec des actes de torture et des humiliations quotidiennes. Ces récits avaient été confirmés par des ONG comme Amnesty International et Human Rights Watch, qui dénonçaient régulièrement les conditions de détention des Palestiniens en Israël.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient voir une intensification des provocations politiques, alors que Ben Gvir et ses alliés chercheront à mobiliser leur électorat sur des thèmes sécuritaires et identitaires. La publication de ces vidéos, bien que controversées, pourrait renforcer son positionnement auprès d’une frange de l’électorat israélien en quête de fermeté. Reste à savoir si cette stratégie portera ses fruits le 27 octobre, ou si elle sera perçue comme une dérive populiste et dangereuse par une partie de la population.

Pour l’heure, aucune réaction officielle n’a été enregistrée au niveau international, mais plusieurs ONG ont déjà appelé à une enquête indépendante sur les conditions de détention en Israël. La communauté internationale, souvent divisée sur la question palestinienne, pourrait être amenée à réagir si les tensions s’aggravent avant ou après le scrutin.

Itamar Ben Gvir instrumentalise ces images pour illustrer une ligne politique intransigeante envers les Palestiniens, en s’appuyant sur la peur et la sécurité comme thèmes centraux de sa campagne. Ses détracteurs y voient une stratégie de division et de provocation, tandis que ses partisans la perçoivent comme une preuve de fermeté.