La question de la gestion de l’eau, ressource stratégique et environnementale, s’invite dans le débat politique à l’approche de la présidentielle de 2027. Selon Ouest France, Frédérique Tuffnell, ancienne députée de La République en Marche et actuelle présidente de Ramsar France, appelle les candidats à l’élection à engager « une vraie concertation » sur ce sujet. Elle souligne la nécessité de reconnaître les zones humides comme un « patrimoine stratégique de la Nation ».
Ce qu'il faut retenir
- Frédérique Tuffnell, ex-députée macroniste et présidente de Ramsar France, appelle à une gestion concertée de l’eau.
- Elle souhaite que les zones humides soient reconnues comme un patrimoine stratégique national.
- Cette prise de position intervient à quelques mois de l’élection présidentielle de 2027.
- Ramsar France est la branche française de la Convention internationale sur les zones humides, créée en 1971.
Une figure politique engagée pour l’environnement
Frédérique Tuffnell n’est pas une inconnue dans le paysage politique français. Élue députée de la première circonscription des Deux-Sèvres sous l’étiquette La République en Marche (LREM) en 2017, elle a quitté le groupe parlementaire en 2022, critiquant la ligne politique du parti. Depuis, elle s’est investie pleinement dans la préservation des milieux naturels, notamment à travers sa fonction à la tête de Ramsar France. Cette organisation, liée à la convention internationale du même nom, a pour mission de protéger les zones humides, ces écosystèmes essentiels à la biodiversité et à la régulation hydrique.
« Les zones humides sont souvent perçues comme des espaces inutiles ou même nuisibles, alors qu’elles jouent un rôle clé dans la lutte contre les inondations, la purification de l’eau et la lutte contre le changement climatique », rappelle-t-elle. Son appel s’adresse directement aux futurs candidats à la présidence, qu’elle invite à intégrer cette problématique dans leurs programmes.
Un enjeu électoral pour 2027
Avec un an et demi avant le premier tour de l’élection présidentielle, la question de l’eau pourrait devenir un thème central du débat politique. Plusieurs rapports ont alerté sur la dégradation des ressources en eau en France, notamment en raison de l’intensification agricole, de l’urbanisation et des effets du réchauffement climatique. En 2023, le Vigean, un indicateur de suivi des ressources en eau, avait révélé que près de 20 % des nappes phréatiques étaient en situation de tension ou de surexploitation.
Frédérique Tuffnell mise sur une mobilisation collective. « Il ne s’agit pas seulement d’une question environnementale, mais aussi d’un enjeu économique et social. Une gestion durable de l’eau est indispensable pour nos territoires, nos agriculteurs et nos industries », souligne-t-elle. Son message s’adresse autant aux responsables politiques qu’aux citoyens, invités à faire pression sur leurs représentants.
« Reconnaître les zones humides comme un patrimoine stratégique de la Nation, c’est anticiper les crises à venir et protéger un bien commun inestimable. »
Frédérique Tuffnell, présidente de Ramsar France
Ramsar France : une mission internationale relayée en France
Fondée en 1971 sous l’égide de l’UNESCO, la Convention de Ramsar est le premier traité intergouvernemental consacré à la protection des zones humides. Elle compte aujourd’hui 172 États parties et désigne des sites d’importance internationale, appelés « zones humides d’importance internationale ». En France, Ramsar France œuvre à la mise en œuvre des engagements pris par l’État, notamment en identifiant et en protégeant les sites prioritaires.
Parmi les actions menées, on compte la restauration de tourbières, la gestion des marais ou encore la sensibilisation des acteurs locaux. « Notre travail consiste à montrer que la protection des zones humides n’est pas un frein au développement, mais au contraire un levier pour une croissance durable », explique Frédérique Tuffnell. Elle cite en exemple le marais poitevin, classé comme zone humide d’importance internationale, où des projets de réhabilitation ont permis de préserver à la fois la biodiversité et les activités économiques locales.
Dans les prochains mois, Ramsar France prévoit également de publier un rapport détaillé sur l’état des zones humides en France, accompagné de recommandations pour les pouvoirs publics. Ce document pourrait servir de base aux futures politiques environnementales.
La Convention de Ramsar est un traité international signé en 1971, dédié à la protection des zones humides. Elle vise à enrayer leur dégradation et à promouvoir leur utilisation durable. La France compte 51 sites classés, couvrant près de 35 000 km².