Rodgers Oloo Magutha, surnommé le « Birdman » de Nairobi, a transformé son modeste logement en un refuge pour une vingtaine d’oiseaux sauvages blessés ou en détresse. Selon Euronews FR, cet homme de 42 ans, qui gagne sa vie en récupérant des matériaux recyclables dans les décharges de la capitale kényane, consacre désormais une partie de son temps à soigner et à protéger des espèces telles que des milans noirs, des ibis, des pigeons et d’autres volatiles locaux.

Ce qu'il faut retenir

  • Rodgers Magutha, surnommé le « Birdman », a sauvé plus de 20 oiseaux blessés et les héberge chez lui à Nairobi.
  • Il récupère des matériaux recyclables pour subvenir à ses besoins tout en prenant soin des oiseaux sauvages qu’il recueille.
  • Ses actions ont attiré l’attention en ligne, mais suscitent aussi des inquiétudes de la part des autorités sanitaires kenyanes.
  • Magutha affirme que les oiseaux sont bien pris en charge et rejette les critiques sur les risques sanitaires.
  • Ses vidéos, montrant son quotidien aux côtés des oiseaux, ont circulé sur les réseaux sociaux et mis en lumière sa mission de sensibilisation à la protection de la nature.

Un engagement né d’un geste spontané

Rodgers Oloo Magutha, père de famille et travailleur informel, n’avait pas prévu de devenir le protecteur autoproclamé des oiseaux de Nairobi. Comme le rapporte Euronews FR, tout a commencé par un acte de compassion : en trouvant un oiseau blessé, il a décidé de le soigner chez lui plutôt que de le laisser mourir. Depuis, son logement modeste, situé dans un quartier populaire de la ville, est devenu un véritable sanctuaire pour ces animaux. Les vidéos partagées en ligne le montrent nourrissant les oiseaux, les pansant ou encore les laissant évoluer librement dans son espace de vie.

Ce lien inhabituel avec la faune sauvage n’est pas passé inaperçu. Ses images, diffusées sur les réseaux sociaux, ont rapidement captivé des milliers d’internautes, certains saluant son dévouement, d’autres s’interrogeant sur les risques sanitaires liés à cette cohabitation. Magutha, lui, assume pleinement cette proximité. « Je ne fais que leur offrir une seconde chance », explique-t-il dans une vidéo où il nettoie une aile blessée d’un milan noir.

Une mission de protection et de sensibilisation

Selon ses déclarations, Magutha a déjà sauvé plus de vingt oiseaux depuis le début de son engagement. Son objectif n’est pas seulement de les soigner, mais aussi de les relâcher dans la nature une fois leur rétablissement confirmé. Pour lui, cette activité représente bien plus qu’un simple hobby : c’est une manière de sensibiliser les Kenyans à la préservation de la biodiversité urbaine. « Les oiseaux font partie de notre écosystème, et les protéger, c’est protéger notre propre environnement », souligne-t-il dans un entretien filmé.

Ses vidéos, souvent accompagnées de commentaires sur la nécessité de réduire les déchets plastiques ou de limiter la pollution des décharges, ont aussi une dimension éducative. Magutha espère ainsi inspirer d’autres citadins à adopter des gestes plus respectueux de la nature. — Autant dire que son initiative s’inscrit dans un contexte où la faune urbaine kényane est de plus en plus menacée par l’expansion des villes et la dégradation des habitats naturels.

Des inquiétudes sanitaires et des réponses claires

Malgré l’enthousiasme suscité par son action, Rodgers Magutha fait face à des critiques, notamment de la part des autorités sanitaires kenyanes. Celles-ci s’inquiètent des risques de transmission de maladies zoonotiques, comme la grippe aviaire, liés à la proximité entre les oiseaux sauvages et les humains. Comme le précise Euronews FR, des voix au sein du ministère de la Santé publique ont émis des réserves sur cette pratique, sans pour autant prendre de mesure restrictive pour l’instant.

Magutha, lui, balaie ces craintes d’un revers de main. Dans plusieurs déclarations, il assure que les oiseaux qu’il recueille sont systématiquement examinés par un vétérinaire avant d’être accueillis chez lui. « Je ne prends aucun risque. Chaque oiseau est isolé dans une pièce dédiée, et je porte des gants pour les manipuler », explique-t-il. Pour lui, les bénéfices de son action dépassent largement les risques potentiels, et il se dit prêt à collaborer avec les autorités si nécessaire.

Un phénomène qui dépasse les frontières du Kenya

L’histoire de Rodgers Magutha a rapidement dépassé les limites de Nairobi pour gagner une audience internationale. Ses vidéos, partagées par des médias et des associations de protection animale, ont été visionnées des millions de fois sur les réseaux sociaux. Des internautes du monde entier ont exprimé leur admiration pour son dévouement, certains allant jusqu’à lui proposer des dons ou des soutiens matériels.

Cette notoriété soudaine pose aussi la question de la pérennité de son initiative. Magutha, qui finance une partie des soins des oiseaux grâce à ses revenus de récupérateur, reconnaît que son projet dépend largement de sa situation financière. « Sans aide extérieure, il me sera difficile de continuer à long terme », admet-il. Plusieurs associations locales, dont la Kenya Bird Map, ont déjà manifesté leur intérêt pour le soutenir, mais aucune collaboration concrète n’a encore été formalisée.

Et maintenant ?

Rodgers Magutha espère que son exemple incitera d’autres citoyens à s’engager dans la protection de la faune urbaine. Une rencontre avec des représentants du ministère de l’Environnement est prévue d’ici la fin du mois de juillet 2026 pour discuter de la possibilité de légaliser et d’encadrer son activité. Par ailleurs, des discussions sont en cours avec des vétérinaires pour organiser des campagnes de stérilisation et de vaccination des oiseaux sauvages à Nairobi. Reste à voir si ces initiatives pourront être menées à bien dans un contexte où les ressources allouées à la biodiversité restent limitées.

Rodgers Magutha incarne ainsi une forme de résistance citoyenne face à l’indifférence environnementale. Son histoire rappelle que, parfois, une seule personne peut faire la différence — à condition de croire en sa mission et de s’entourer de soutiens solides. Une chose est sûre : son « Birdman » a encore de beaux jours devant lui.

Selon ses déclarations, Rodgers Magutha a recueilli des milans noirs, des ibis, des pigeons, ainsi que d’autres espèces d’oiseaux sauvages locaux. Il n’a pas précisé le nombre exact par espèce, mais affirme avoir sauvé plus de vingt oiseaux au total.