Selon Top Santé, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) met en garde contre une consommation excessive de thon en boîte. Un aliment pourtant courant dans les salades ou les sandwichs, dont les bénéfices nutritionnels sont bien connus, mais qui présente un risque d’exposition au méthylmercure, une forme toxique de ce métal lourd. L’autorité sanitaire souligne la nécessité de réévaluer les repères de consommation pour certains publics, notamment les femmes enceintes et les jeunes enfants.
Ce qu'il faut retenir
- Le thon en boîte est pointé du doigt par l’Anses pour son taux de méthylmercure, un composé toxique.
- Les bénéfices nutritionnels du poisson sont reconnus, mais l’agence recommande une consommation modérée pour limiter l’exposition au mercure.
- Les publics sensibles — femmes enceintes, jeunes enfants — doivent particulièrement surveiller leur intake en thon en boîte.
- Les repères de consommation évoluent en fonction des nouvelles données scientifiques sur la toxicité du méthylmercure.
Un aliment aux multiples facettes nutritionnelles et toxiques
Le thon en boîte reste un incontournable de l’alimentation française, apprécié pour sa praticité et son coût abordable. Riche en protéines, en oméga-3 et en vitamines, il constitue une source de nutriments essentiels pour une alimentation équilibrée. Pourtant, comme le rapporte Top Santé, l’Anses rappelle que sa consommation régulière peut exposer à un risque accru de méthylmercure, un composé organique du mercure particulièrement toxique pour le système nerveux. Ce métal lourd, naturellement présent dans l’environnement marin, s’accumule dans les tissus des poissons prédateurs comme le thon.
L’agence sanitaire précise que le méthylmercure traverse la barrière placentaire et peut affecter le développement neurologique du fœtus. Chez les jeunes enfants, une exposition prolongée peut entraîner des troubles de l’apprentissage ou de la motricité fine. Autant dire que les bénéfices du thon en boîte doivent être mis en balance avec ces risques potentiels, surtout pour les populations vulnérables.
Des recommandations ajustées selon les profils de consommation
L’Anses ne prône pas l’abandon total du thon en boîte, mais invite à adapter les quantités consommées en fonction des groupes de population. Pour les adultes non sensibles, une consommation occasionnelle — une à deux fois par semaine — est jugée acceptable, à condition de varier les sources de protéines. En revanche, les femmes enceintes ou allaitantes, ainsi que les enfants de moins de 30 mois, doivent limiter leur consommation à une boîte par mois, comme le recommande l’agence. Ces seuils visent à maintenir l’apport en nutriments tout en minimisant l’exposition au mercure.
L’Anses souligne également l’importance de choisir des thons issus de zones de pêche moins contaminées. Les espèces comme le thon albacore ou le thon rouge, souvent présentes en boîte, sont plus susceptibles de contenir des niveaux élevés de mercure. Privilégier le thon listao, moins exposé, peut être une alternative pour réduire les risques. « Il est essentiel de diversifier les sources de protéines animales pour limiter l’exposition aux contaminants », a précisé un porte-parole de l’agence.
Des alternatives existent pour concilier santé et plaisir
Face à ces alertes, les consommateurs peuvent se tourner vers d’autres poissons en conserve, moins exposés au mercure. Le maquereau, les sardines ou les harengs, riches en oméga-3, représentent des alternatives tout aussi nutritives. Les légumineuses, comme les lentilles ou les pois chiches, peuvent aussi compléter l’apport en protéines. L’enjeu, pour les ménages, est de trouver un équilibre entre plaisir gustatif, équilibre alimentaire et réduction des risques sanitaires.
L’Anses rappelle que la clé réside dans la diversité. Plutôt que de bannir le thon en boîte, il s’agit de l’intégrer dans une alimentation variée, en respectant les quantités recommandées. Les industriels, de leur côté, pourraient être incités à mieux étiqueter leurs produits, en indiquant clairement les taux de mercure ou en privilégiant des zones de pêche moins contaminées. Une mesure qui, si elle était appliquée, pourrait rassurer les consommateurs soucieux de leur santé.
Cette mise en garde de l’Anses s’inscrit dans une tendance plus large de réévaluation des risques liés aux contaminants alimentaires. Avec l’évolution des techniques de mesure et l’accumulation de données scientifiques, les recommandations sanitaires évoluent. Pour les consommateurs, l’objectif reste simple : manger sainement sans tomber dans l’excès de précaution. Autant dire que le débat sur le thon en boîte n’est pas près de s’éteindre.
Le méthylmercure est une forme toxique de mercure qui peut affecter le système nerveux, notamment chez les fœtus et les jeunes enfants. Une exposition prolongée peut entraîner des troubles du développement neurologique, des difficultés d’apprentissage ou des retards moteurs.
L’Anses recommande de limiter la consommation à une à deux boîtes par semaine pour les adultes, et à une boîte par mois pour les femmes enceintes et les jeunes enfants. Varier les sources de protéines et privilégier les espèces moins contaminées, comme le thon listao, sont aussi des solutions.