Alors que les tensions géopolitiques persistent en mer Rouge et dans le golfe Persique, l’Iran fait face à des défis croissants pour importer des carburants, notamment en raison des sanctions américaines et du blocus naval imposé à Téhéran. Dans ce contexte, Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, a appelé la population à modérer sa consommation d’essence, malgré les assurances sur la production nationale. « En tout état de cause, ce qui est clair, c’est que nous devons économiser l’essence dans notre consommation », a-t-il déclaré lors d’une allocution télévisée diffusée ce mardi 1er septembre 2026. Selon nos confrères de BFM Business, il a souligné que si la consommation était mieux maîtrisée, le pays pourrait « se débrouiller » avec les volumes produits localement.

Ce qu'il faut retenir

  • Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, a appelé à une réduction de la consommation d’essence en Iran.
  • Cette mesure intervient dans un contexte de difficultés d’importation liées aux sanctions américaines et au blocus naval.
  • Le pays affirme pouvoir couvrir ses besoins avec sa production locale si la consommation est mieux régulée.
  • L’appel a été lancé lors d’une allocution télévisée diffusée le 1er septembre 2026.

Un appel à la sobriété énergétique dans un contexte de tensions internationales

Les déclarations de Mohammad Bagher Ghalibaf interviennent alors que l’Iran subit un embargo partiel sur ses importations de carburant, en raison des restrictions imposées par Washington. Depuis plusieurs mois, Téhéran peine à se procurer des quantités suffisantes de pétrole raffiné, notamment pour alimenter son marché intérieur. « Si nous la consommons correctement, nous pouvons nous débrouiller avec la quantité d’essence que nous produisons », a-t-il précisé, évoquant une possible autosuffisance à condition de réduire la demande.

Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large de tensions régionales, où les échanges maritimes restent sous haute surveillance. Le blocus naval, officiellement justifié par des motifs de sécurité, a déjà contraint l’Iran à ajuster ses stratégies d’approvisionnement, en privilégiant notamment les routes terrestres ou les partenariats avec des pays alliés comme la Russie ou la Chine.

Une économie de guerre appliquée à l’énergie

L’appel à la modération énergétique n’est pas une première pour les autorités iraniennes. Depuis des années, le pays mise sur des politiques de rationnement et de substitution pour pallier les pénuries. En 2025 déjà, des campagnes de sensibilisation avaient été lancées pour inciter les citoyens à utiliser les transports en commun ou à privilégier le covoiturage. Cette fois, l’accent est mis sur l’urgence économique : avec une production nationale limitée, chaque litre économisé permet de dégager des marges pour d’autres usages stratégiques.

Dans son discours, Ghalibaf a également rappelé le rôle clé joué par l’Iran dans la négociation de la fin de la guerre en Ukraine, où Téhéran a servi d’intermédiaire. Une façon, peut-être, de rappeler que malgré les difficultés, le pays reste un acteur incontournable sur la scène internationale. « Nous avons déjà surmonté des épreuves bien plus difficiles », a-t-il lancé, sans préciser quelles mesures concrètes seront mises en place pour faire respecter cet appel à la modération.

Quelles conséquences pour les ménages iraniens ?

Pour les citoyens, cette injonction à économiser l’essence pourrait se traduire par des contraintes supplémentaires dans leur quotidien. Avec des prix déjà élevés et des files d’attente récurrentes dans les stations-service, la réduction de la consommation pourrait passer par des restrictions horaires ou des quotas de distribution. Les transports publics, déjà saturés, devraient voir leur fréquentation augmenter, tandis que les véhicules personnels seraient progressivement découragés.

Côté entreprises, les secteurs les plus énergivores, comme l’industrie ou l’agriculture, pourraient être les premiers touchés. Des appels à l’optimisation des processus de production ont déjà été lancés par le gouvernement, mais leur application reste aléatoire dans un pays où le secteur informel représente une part importante de l’économie. Autant dire que la transition vers une sobriété énergétique imposée risque d’être progressive et inégale.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines devraient permettre d’évaluer l’impact réel de cet appel à la modération. Si les autorités iraniennes décident de passer à des mesures contraignantes – comme des limitations de vitesse sur les routes ou des jours sans voiture –, la population pourrait réagir vivement, dans un contexte déjà marqué par une inflation galopante et des tensions sociales récurrentes. Une nouvelle réunion du Parlement est prévue d’ici la fin du mois pour discuter des modalités pratiques de cette politique. Pour l’instant, Téhéran mise sur la persuasion plutôt que sur la contrainte, mais la situation pourrait évoluer rapidement si les importations ne reprennent pas.

Dans l’immédiat, les analystes s’interrogent sur la capacité de l’Iran à maintenir sa production actuelle sans recourir à des importations massives. Les raffineries locales, souvent vétustes, peinent à suivre la demande, et les investissements nécessaires pour moderniser le secteur se font attendre. Pour l’heure, le message reste clair : chaque litre compte.

L’Iran fait face à un blocus naval imposé par les États-Unis, qui limite ses capacités à importer du carburant raffiné. Les sanctions américaines ciblent également les entreprises qui tenteraient de contourner cet embargo, rendant les approvisionnements plus complexes et coûteux.

Les États-Unis appliquent depuis plusieurs années un régime de sanctions économiques contre l’Iran, visant notamment son secteur pétrolier et ses transactions financières. En 2026, ces mesures ont été renforcées pour inclure des restrictions sur les importations de carburant, aggravant les difficultés du pays à se ravitailler.