Le lancement d’ETIAS, l’autorisation de voyage électronique exigée des ressortissants de pays tiers exemptés de visa pour entrer dans l’Union européenne, est reporté à 2027, a confirmé l’agence européenne eu-LISA auprès de BFM Business. Ce dispositif, inspiré de l’ESTA américain, devait initialement entrer en vigueur d’ici la fin de l’année 2026, mais les retards accumulés dans le déploiement du système biométrique d’entrée/sortie (EES) rendent désormais ce calendrier intenable.
Ce report évite une « pagaille monumentale » dans les aéroports européens, où les files d’attente et les dysfonctionnements techniques du système EES ont déjà provoqué des perturbations majeures. Selon BFM Business, les autorités européennes ont pris conscience que l’introduction d’ETIAS avant 2027 risquait d’aggraver encore la situation, alors que le système biométrique peine à fonctionner correctement depuis son déploiement progressif débuté en avril.
Ce qu'il faut retenir
- 1,4 milliard de voyageurs concernés par ETIAS, notamment les ressortissants britanniques et américains exemptés de visa pour l’UE.
- Le système imposera une demande en ligne, un contrôle de sécurité préalable et le paiement de 20 euros avant le départ.
- Le déploiement du système EES, qui enregistre les entrées et sorties via empreintes digitales et reconnaissance faciale, accumule les pannes techniques et retards.
- En Italie, à Milan et Rome, des bornes automatisées défaillantes ont provoqué des files d’attente interminables, perturbant les flux de passagers.
- L’agence eu-LISA a reconnu lors d’une réunion le 17 juin qu’un lancement d’ETIAS en 2026 n’était plus envisageable.
- La Commission européenne ne pourra fixer une nouvelle date qu’une fois les tests techniques validés par eu-LISA, ce qui n’est pas encore le cas.
Un système biométrique déjà à la peine
Le système d’entrée/sortie (EES), censé être pleinement opérationnel depuis le 10 avril 2026, multiplie les dysfonctionnements. À Milan et Rome, des pannes de bornes automatisées ont provoqué des files d’attente qui ont débordé sur les zones réservées aux passagers européens, créant une surcharge logistique dans les aéroports. À Milan, plus de 100 passagers d’un vol EasyJet à destination de Manchester ont raté leur embarquement en raison de ces retards.
Ces dysfonctionnements ne se limitent pas à l’Italie. Plusieurs États membres rencontrent des difficultés similaires, avec des systèmes informatiques instables et des infrastructures parfois inadaptées. Les acteurs du transport aérien, déjà sous pression en pleine saison estivale, s’inquiètent de l’impact d’un déploiement précipité d’ETIAS sur leur activité. « La généralisation de ce système suscitait une grande inquiétude », souligne BFM Business, alors que les retards s’accumulent depuis plusieurs années.
Des tensions entre institutions et secteur aérien
Les difficultés techniques du système EES alimentent les tensions entre la Commission européenne et les acteurs du transport aérien. Dans une lettre adressée aux dirigeants du secteur, le commissaire européen aux Affaires intérieures, Magnus Brunner, a tenté de relativiser la responsabilité du nouveau dispositif. Selon lui, « d’autres facteurs, sans lien avec le système d’entrée/sortie, comme un manque de personnel ou d’infrastructures adéquates, pourraient être à l’origine des retards ».
Cette prise de position a été perçue comme une tentative de désamorcer les critiques du secteur aérien, qui reproche à l’UE une sous-estimation des moyens nécessaires pour garantir le bon fonctionnement des systèmes. Les retards successifs d’ETIAS, initialement prévu pour 2022 puis reporté à plusieurs reprises, compliquent désormais la planification des voyages pour des millions de passagers. « Ce nouveau report s’explique principalement par les difficultés rencontrées lors du déploiement du système EES », rappelle BFM Business.
Un calendrier incertain et dépendant de tests non conclus
L’agence eu-LISA, responsable du développement des deux systèmes (ETIAS et EES), a indiqué lors d’une réunion le 17 juin 2026 qu’un lancement d’ETIAS avant 2027 n’était plus envisageable. Son conseil d’administration doit se réunir à nouveau en septembre pour fixer un nouveau calendrier, mais aucun développement concret n’a été annoncé depuis cette date.
Un porte-parole de l’agence a confirmé que le conseil avait évoqué « l’entrée en fonction » d’ETIAS, tout en précisant que « depuis lors, il n’y a eu aucun autre développement sur ce sujet ». La Commission européenne conserve la responsabilité de fixer officiellement la date d’entrée en vigueur, mais elle ne pourra le faire qu’une fois les tests techniques validés par eu-LISA. Or, des problèmes informatiques subsistent encore, rendant toute estimation précise difficile à court terme.
Ce report, bien que nécessaire, illustre les défis logistiques et techniques auxquels l’UE est confrontée pour moderniser ses systèmes de contrôle aux frontières. Entre retards accumulés et tensions avec le secteur aérien, la mise en place d’ETIAS reste un chantier complexe, dont l’issue dépendra largement de la capacité des institutions à résoudre les problèmes techniques persistants.
ETIAS concernera les ressortissants de pays tiers exemptés de visa pour entrer dans l’Union européenne. Cela inclut notamment les voyageurs en provenance des États-Unis, du Royaume-Uni, du Canada, de l’Australie et de nombreux autres pays. Les citoyens de l’UE et de l’espace Schengen en sont naturellement exemptés.
Le coût de la demande ETIAS sera de 20 euros. Une fois obtenu, le document sera valable pendant trois ans, ou jusqu’à expiration du passeport du demandeur si celui-ci arrive à échéance avant ce délai. La demande devra être effectuée en ligne avant le départ.