D’après Top Santé, toutes les lunettes de soleil ne garantissent pas une protection optimale contre les rayons ultraviolets. Une opticienne et un ophtalmologue livrent leurs conseils pour distinguer les modèles efficaces et éviter les pièges, alors que les ventes estivales battent leur plein.

Ce qu'il faut retenir

  • Seules les lunettes estampillées CE offrent une protection UV certifiée, rappelle Top Santé.
  • Les verres doivent porter la mention UV400 pour bloquer 100 % des rayons UVA et UVB.
  • La teinte des verres n’influence pas leur niveau de protection, mais seulement le confort visuel.
  • Les modèles à moins de 20 € sont souvent des « faux amis », selon l’opticienne interrogée.
  • Les opticiens agréés proposent des tests gratuits pour vérifier l’efficacité des verres.

Des lunettes de soleil pas toujours protectrices

Contrairement aux idées reçues, une paire de lunettes de soleil ne protège pas systématiquement les yeux des rayonnements nocifs. Selon Top Santé, certains modèles bon marché, vendus en ligne ou en supermarché, affichent des filtres UV inefficaces, voire inexistants. « Il vaut mieux ne rien porter que de choisir un mauvais modèle », déclare Me Sophie Lambert, opticienne à Lyon et consultante pour Top Santé. Elle souligne que l’absence de protection expose à des risques accrus de cataracte, de dégénérescence maculaire ou de lésions cornéennes.

Le Dr Marc Dubois, ophtalmologue à Paris, abonde dans ce sens : « Les UV endommagent les structures oculaires de manière cumulative. Une exposition répétée, même avec des verres teintés, peut aggraver les problèmes de vision à long terme. » D’après une étude citée par Top Santé, près de 30 % des Français ignorent que leurs lunettes ne filtrent pas correctement les UV.

Comment repérer un modèle fiable ?

Pour éviter les mauvaises surprises, les experts recommandent de vérifier plusieurs éléments avant tout achat. Primo, le logo CE doit figurer sur la branche ou la notice, signe que le produit respecte la réglementation européenne. Secundo, l’étiquette ou le sticker doit indiquer la mention UV400, garantissant l’absorption de 100 % des rayons UVA et UVB. « Attention aux mentions floues comme “protection UV” sans précision », avertit Me Lambert.

Autre critère souvent sous-estimé : la catégorie de teinte, notée de 0 à 4. Les catégories 3 et 4, adaptées à un ensoleillement intense, sont les plus courantes pour l’été. En revanche, la couleur des verres (gris, marron, vert) n’a aucun impact sur la protection, mais influence simplement le contraste et la perception des couleurs. « Une teinte rose ne protège pas plus qu’une teinte neutre », précise le Dr Dubois.

Les pièges à éviter et les bonnes pratiques

Les lunettes vendues à moins de 20 € en magasins non spécialisés ou sur des plateformes en ligne sont fréquemment pointées du doigt. Selon une enquête menée par Top Santé en 2025, 60 % des modèles à bas prix testés ne respectaient pas les normes européennes. « Ces produits ciblent souvent les jeunes ou les budgets serrés, mais le risque est réel », explique Me Lambert. Elle conseille de privilégier les enseignes agréées ou les opticiens, qui proposent des tests de conformité gratuits.

Autre erreur fréquente : négliger la forme et la taille des montures. Les lunettes doivent couvrir suffisamment les yeux et les contours pour limiter les entrées de lumière latérales. Les modèles wrap, par exemple, sont recommandés pour les activités en extérieur prolongées. Enfin, il est déconseillé d’acheter des lunettes sans notice ou avec des verres rayés, signes possibles d’une mauvaise qualité de fabrication.

Et maintenant ?

D’ici l’été prochain, la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) prévoit de renforcer ses contrôles sur les lunettes de soleil vendues en France. Une campagne de sensibilisation devrait être lancée en juin 2027 pour informer le public sur les risques liés aux faux filtres UV. En attendant, les consommateurs sont invités à exiger systématiquement un certificat de conformité ou à se rendre chez un opticien pour un diagnostic.

Face à l’essor des achats en ligne, les autorités appellent à la vigilance. « Un modèle certifié en magasin l’est généralement aussi en ligne, mais mieux vaut vérifier les avis et les certifications avant de commander », rappelle le Dr Dubois.

Non, la polarisation réduit les reflets (utile pour la conduite ou la pêche), mais ne remplace pas un filtre UV. Il faut donc vérifier la mention UV400 en plus de la polarisation, indique Me Lambert.