À compter de ce mardi 1er septembre 2026, le dispositif MaPrimeRénov’ voit ses règles se durcir significativement. Selon nos confrères de BFM Immo, six types de travaux dits « mono-gestes » ne seront plus éligibles à l’aide financière, tandis que les logements conservant un chauffage au gaz après rénovation seront exclus du parcours « d’ampleur ». Ces mesures, entrées en vigueur via un décret publié au Journal officiel le 27 août 2026, s’inscrivent dans un contexte de tension budgétaire et de retard d’instruction des dossiers déposés en 2025.
Ce qu'il faut retenir
- Six mono-gestes ne sont plus éligibles à MaPrimeRénov’ depuis le 1er septembre 2026 : remplacement de poêle à bois ou granulés, installation de chauffe-eau solaire ou thermodynamique, chauffage solaire, isolation des toits et combles, remplacement des fenêtres et portes-fenêtres, ventilation VMC double flux.
- Les logements conservant un chauffage au gaz après travaux sont désormais exclus du parcours « d’ampleur », qui impose au moins deux gestes de rénovation.
- L’enveloppe globale de MaPrimeRénov’ reste stable à 4,1 milliards d’euros en 2026, dont 500 millions issus des Certificats d’économie d’énergie (CEE).
- Le nombre de dossiers déposés pour les rénovations d’ampleur a chuté de 75 % au premier semestre 2026 par rapport à la même période en 2025.
- Les délais d’instruction varient fortement selon les territoires, avec des retards dépassant parfois un an dans certains départements.
- L’Anah a rénové 110 835 logements au premier semestre 2026, dont 41 409 dans le cadre de rénovations d’ampleur.
Des restrictions anticipées par les professionnels
Les nouvelles exclusions de MaPrimeRénov’ étaient déjà redoutées par les acteurs du secteur. BFM Immo rappelle que ces modifications avaient été évoquées dès le printemps 2026 par les professionnels, lors de consultations menées par les pouvoirs publics. Parmi les mesures les plus marquantes, six types de travaux sont désormais retirés du parcours « simple » du dispositif : il s’agit notamment du remplacement d’un poêle à bois ou à granulés, de l’installation d’un chauffe-eau solaire ou thermodynamique, ou encore de la pose d’un chauffage solaire. L’isolation des toits et combles, le remplacement des fenêtres et des portes-fenêtres, ainsi que l’installation d’une ventilation VMC double flux sont également concernés.
Autre changement notable : les logements qui conservent un chauffage au gaz après travaux ne pourront plus bénéficier du parcours « d’ampleur ». Ce dernier, qui vise à encourager au moins deux gestes de rénovation, était déjà fermé à l’isolation seule des murs depuis le début de l’année. Ces restrictions s’accompagnent d’un durcissement des critères, alors que l’enveloppe globale du dispositif reste identique à celle de 2025 : 4,1 milliards d’euros, répartis entre 3,6 milliards de fonds publics et 500 millions d’euros issus des CEE.
Un budget sous pression, des délais d’instruction allongés
Le principal motif de ces restrictions réside dans la pression budgétaire exercée sur MaPrimeRénov’. L’Agence nationale de l’habitat (Anah) a en effet dû absorber le coût de 83 000 dossiers déposés en 2025 mais non traités avant la fin de l’année, reportés sur le budget 2026. Résultat : les délais d’instruction s’allongent, avec une moyenne de six mois, mais des disparités territoriales importantes. Selon le rapport semestriel de l’Anah, certains départements affichent des retards dépassant un an, comme la Gironde, l’Yonne, la Saône-et-Loire, la Seine-et-Marne, la Seine-Saint-Denis ou encore le Val-de-Marne.
Dans ce contexte, les professionnels du secteur avaient déjà alerté sur le risque de ralentissement des projets. Le Conseil national de l’habitat (CNH) avait rendu un avis défavorable en juillet 2026 sur ces mesures, sans pour autant les bloquer. « Ces restrictions étaient inévitables compte tenu du déséquilibre entre l’offre et la demande », explique un expert du secteur, qui préfère rester anonyme. « Le gouvernement a dû arbitrer entre financer de nouveaux projets ou honorer les engagements pris les années précédentes. »
Une baisse spectaculaire des dossiers d’ampleur
Les chiffres publiés par l’Anah confirment un net recul des rénovations d’ampleur. Au premier semestre 2026, seulement 20 800 dossiers ont été déposés dans cette catégorie, contre 95 000 sur la même période en 2025. Une chute de 78 %, alors que les rénovations par geste, bien que en légère hausse, peinent à retrouver leur niveau de 2025. Sur les six premiers mois de l’année, 69 426 logements ont été rénovés en mono-geste, contre 68 000 attendus.
Au total, l’Anah a engagé 1,4 milliard d’euros sur cette période, permettant la rénovation de 110 835 logements. Pourtant, l’objectif annuel fixé par l’agence en début d’année était bien plus ambitieux : 270 000 rénovations, dont 120 000 d’ampleur et 150 000 en mono-geste. « Nous faisons mieux que prévu en rénovations par geste, mais le retard sur les rénovations d’ampleur est préoccupant », reconnaît un porte-parole de l’Anah. « Ces travaux sont pourtant essentiels pour atteindre les objectifs climatiques. »
Des disparités territoriales qui persistent
Les écarts de traitement entre les départements illustrent les difficultés de mise en œuvre du dispositif. Si l’Anah souligne que la majorité des dossiers sont traités en six mois, certains territoires subissent des retards structurels. « Les départements ruraux ou ceux où la demande est très forte concentrent les plus gros retards », explique une source interne. « Cela s’explique par des moyens humains limités et une complexité administrative accrue dans certaines zones. »
Face à cette situation, l’Anah a annoncé qu’elle travaillait à une simplification des procédures, notamment pour les copropriétés, dont les dossiers restent à un niveau comparable à celui de 2025. « Nous cherchons à fluidifier les circuits de validation, mais cela prendra du temps », précise-t-on du côté de l’agence. « L’enjeu est de maintenir un équilibre entre rigueur budgétaire et efficacité. »
Les prochains mois seront donc déterminants pour mesurer l’impact de ces changements. Les acteurs du secteur appellent à une stabilité des règles à moyen terme, afin de rassurer les ménages et les entreprises du bâtiment. « La transition énergétique ne se décrète pas du jour au lendemain », rappelle un représentant des professionnels. « Il faut des dispositifs prévisibles et pérennes. »
Six mono-gestes ne sont plus éligibles depuis le 1er septembre 2026 : le remplacement d’un poêle à bois ou à granulés, l’installation d’un chauffe-eau solaire ou thermodynamique, d’un chauffage solaire, l’isolation des toits et combles, le remplacement des fenêtres et portes-fenêtres, ainsi que l’installation d’une ventilation VMC double flux. Les logements conservant un chauffage au gaz après travaux sont également exclus du parcours d’ampleur.
Ces mesures visent à maîtriser l’enveloppe budgétaire de MaPrimeRénov’, fixée à 4,1 milliards d’euros en 2026, identique à celle de 2025. L’Anah a dû absorber le coût de 83 000 dossiers déposés en 2025 mais non traités, reportés sur 2026. Les délais d’instruction, parfois supérieurs à un an dans certains départements, ont également joué un rôle dans cette décision.