Ce mardi 7 juillet, l’émission BFM Bourse, diffusée chaque jour entre 16h et 17h sur BFM Business, a accueilli plusieurs analystes et économistes pour discuter des tendances des marchés financiers à l’approche du deuxième semestre 2026. Selon BFM Business, les invités ont abordé des sujets aussi variés que les perspectives sectorielles, les mouvements techniques sur les indices ou encore les opportunités d’investissement dans un contexte de rotation des valeurs technologiques.
Ce qu'il faut retenir
- Le déficit commercial des États-Unis et ses implications sur la politique monétaire de la Fed ont été analysés par Anthony Morlet-Lavidalie (BSI Economics), avec un focus sur la volonté de Kevin Warsh de réaffirmer l’indépendance de l’institution.
- La reprise de l’industrie allemande s’est confirmée, un signal positif pour la croissance en Europe selon les observateurs.
- Air France a vu son action progresser après un relèvement d’opinion par JP Morgan, tandis que Saint-Gobain a annoncé l’acquisition de Xypex et Voyageurs du Monde a lancé une OPA à 180 euros par action.
- Les seuils techniques à surveiller sur le CAC 40 et les rebondissements du prix du pétrole Brent ont été détaillés par Andrea Tueni (Saxo Banque).
- Franklin Pichard (Kiplink Finance) a estimé que la correction des valeurs de l’IA pourrait encore profiter à l’Europe via une rotation sectorielle.
Les États-Unis, la Fed et le déficit commercial au cœur des débats
Anthony Morlet-Lavidalie, économiste chez BSI Economics, a longuement évoqué le déficit de la balance commerciale américaine lors de son passage dans l’émission. Il a souligné que ce déséquilibre pourrait influencer les décisions de la Réserve fédérale (Fed), notamment dans le contexte où Kevin Warsh, membre du comité, cherche à afficher une indépendance vis-à-vis de la politique présidentielle. Une attention particulière a également été portée sur la Banque centrale européenne (BCE), avec l’hypothèse d’un départ anticipé de sa présidente, Christine Lagarde.
Côté européen, la reprise de l’industrie allemande s’est imposée comme un sujet central. Les indicateurs récents confirment une accélération de l’activité, un signe encourageant pour la croissance du Vieux Continent alors que les craintes d’un ralentissement persistent. « La dynamique en Allemagne reste un pilier pour l’ensemble de la zone euro », a précisé l’économiste.
Les mouvements boursiers en détail : Air France, Saint-Gobain et Voyageurs du Monde
Adrien Henry, analyste marché chez Kepler Cheuvreux, a analysé la hausse de 3,2 % d’Air France après le relèvement de son opinion par JP Morgan. Une décision qui reflète une réévaluation à la hausse de la rentabilité de la compagnie aérienne. Parallèlement, le titre Saint-Gobain a attiré l’attention en raison de l’acquisition de Xypex, une opération stratégique dans le secteur des matériaux de construction.
Un autre fait marquant concerne Voyageurs du Monde, dont l’action a progressé après l’annonce d’une offre publique d’achat (OPA) à 180 euros par action. Cette opération, qui vise à consolider la position du groupe sur le marché du voyage, a été présentée comme un levier de croissance pour les actionnaires.
Les seuils techniques à surveiller et le pétrole en hausse
Andrea Tueni, sales trader chez Saxo Banque, a détaillé les niveaux techniques incontournables pour les investisseurs sur le CAC 40. Parmi les points clés à suivre : le seuil des 7 500 points en résistance et la zone de support autour de 7 300 points. « Les traders doivent rester vigilants sur ces niveaux, qui pourraient déclencher des mouvements significatifs », a-t-il indiqué.
Côté matières premières, le prix du pétrole Brent a connu un rebondissement, passant de 82 dollars à près de 85 dollars le baril. Cette hausse, liée à des tensions géopolitiques persistantes, pourrait impacter les coûts de production et, par ricochet, les résultats des entreprises industrielles.
L’Europe pourrait profiter de la correction des valeurs de l’IA
Franklin Pichard, directeur général de Kiplink Finance, a partagé son analyse sur la rotation sectorielle en cours. Selon lui, la récente correction des valeurs liées à l’intelligence artificielle (IA) pourrait bénéficier à l’Europe. « Les investisseurs recherchent des opportunités dans des secteurs moins exposés à la volatilité des tech américaines, et l’Europe offre des actifs solides dans l’industrie et les services », a-t-il expliqué.
Il a également évoqué l’intégration de SpaceX au Nasdaq-100, un événement qui pourrait redessiner les indices technologiques. Enfin, il a souligné la hausse des taux à 10 ans des marchés obligataires souverains, un phénomène qui reflète une recherche de rendement dans un environnement de taux bas.
Taiwan Semiconductor : une valeur toujours plébiscitée
Guillaume Dolisi, président de VIA AM et gérant de fonds, a mis en avant Taiwan Semiconductor (TSMC) comme une valeur à fort potentiel. Malgré les tensions géopolitiques autour de Taïwan, l’entreprise reste un acteur incontournable dans la production de semi-conducteurs. « TSMC bénéficie d’une position dominante dans un secteur stratégique, et ses perspectives de croissance restent solides », a-t-il déclaré.
Cette analyse s’inscrit dans un contexte où les semi-conducteurs jouent un rôle clé dans la transition technologique mondiale, notamment avec l’essor de l’IA et des véhicules électriques.
Dans un environnement marqué par une rotation sectorielle et des incertitudes macroéconomiques, les stratégies d’investissement devront s’adapter rapidement. Les experts invités par BFM Bourse ont rappelé l’importance de diversifier ses portefeuilles et de surveiller les indicateurs techniques pour anticiper les mouvements de marché.
Franklin Pichard (Kiplink Finance) explique que la correction des valeurs technologiques américaines pousse les investisseurs à rechercher des opportunités dans des secteurs plus stables. L’Europe, avec ses industries traditionnelles et ses services, offre des actifs moins volatils et attractifs dans ce contexte. « C’est une rotation naturelle vers des valeurs plus défensives », a-t-il précisé.
Andrea Tueni (Saxo Banque) a identifié deux niveaux clés : la résistance à 7 500 points et le support à 7 300 points. Une cassure de ces seuils pourrait déclencher des mouvements de marché significatifs, à la hausse comme à la baisse.