Comme le rapporte Franceinfo – Politique, la secrétaire nationale des Ecologistes, Marine Tondelier, a réaffirmé ce mercredi 2 septembre 2026 son intention de promouvoir une « désobéissance civile » en cas de victoire du Rassemblement national (RN) à l’élection présidentielle de 2027. Invité du 8h30 de franceinfo, elle a justifié cette position par la crainte que le programme du RN ne porte atteinte à la démocratie et aux droits des individus.

Ce qu'il faut retenir

  • Marine Tondelier, secrétaire nationale des Ecologistes, a évoqué une possible « désobéissance civile » en cas de victoire du RN à la présidentielle de 2027, selon Franceinfo – Politique.
  • Elle a précisé que les politiques et les fonctionnaires pourraient désobéir à des consignes qu’ils jugeraient contraires à leurs valeurs, citant notamment le port du voile dans l’espace public.
  • Tondelier a dénoncé le programme du RN, qu’elle qualifie de « non républicain » et dangereux pour la démocratie.
  • Elle a également critiqué la proposition du RN d’interdire le port du voile islamique dans l’espace public, qualifiant cette mesure de « police du vêtement » et non de laïcité.
  • La dirigeante écologiste a exprimé l’espoir que des policiers refusent de verbaliser des femmes portant le voile si une telle loi était adoptée.

Une position réaffirmée face à une menace perçue pour la démocratie

Interrogée sur franceinfo, Marine Tondelier a clairement indiqué qu’elle espérait une « désobéissance civile » en cas de victoire du RN en 2027. Elle a cependant tempéré ses propos en affirmant que, selon elle, il y en aurait « très peu ». Pour justifier cette position, elle a expliqué que le programme du RN « n’est pas républicain, qu’il met en danger notre démocratie et des personnes ». Elle a ainsi placé son appel dans le cadre d’une résistance à ce qu’elle considère comme une menace pour les valeurs fondamentales de la République.

Des exemples concrets de désobéissance envisagés

Lors de son intervention, Marine Tondelier a illustré sa pensée par un exemple précis : celui de l’application d’une éventuelle loi sanctionnant le port du voile islamique dans l’espace public. Elle a déclaré : « J’espère bien qu’il y aura des policiers qui diront, mais je ne verbalise pas une femme parce qu’elle porte le voile sur l’espace public. » Pour elle, une telle désobéissance s’inscrirait dans le cadre légal de la loi de 1905 sur la laïcité, qu’elle oppose à une logique de « police du vêtement ». Elle a ajouté : « La laïcité, c’est une loi de 1905, ce n’est pas la police du vêtement. »

Un contexte politique déjà tendu

Cette déclaration intervient dans un contexte où le débat sur le port du voile dans l’espace public a été relancé par les propositions du RN. Plusieurs responsables politiques, y compris à droite, ont critiqué cette idée. Édouard Philippe, ancien Premier ministre, a qualifié la mesure de « inconstitutionnelle et scandaleuse », tandis que Gabriel Attal, actuel ministre, a exprimé son désaccord. Même au sein de la majorité présidentielle, cette proposition suscite des réserves, alors que la gauche, elle, s’organise pour contrer la montée du RN.

Marine Tondelier a d’ailleurs rappelé que « personne ne gagnera seul » à la présidentielle de 2027, et qu’elle prévoit de rencontrer « tout le monde » à gauche dans les semaines à venir pour tenter d’unir les forces face à cette menace perçue. Elle a également réaffirmé son opposition à une fragmentation de la gauche, affirmant qu’« il n’y aura qu’une seule candidature de la gauche sociale-démocrate » pour maximiser les chances de succès.

« Les politiques ont des manières politiques de désobéir. [...] Les fonctionnaires, et j’espère bien qu’un maximum le fera. »
— Marine Tondelier, secrétaire nationale des Ecologistes, sur franceinfo le 2 septembre 2026

La gauche en ordre de bataille pour 2027

Alors que les sondages placent le RN en tête des intentions de vote pour l’élection présidentielle de 2027, les partis de gauche multiplient les initiatives pour tenter de s’unir. Marine Tondelier a confirmé qu’elle enchaînerait les rencontres avec les différents acteurs de la gauche dans les semaines à venir, une stratégie visant à éviter une nouvelle dispersion des voix comme en 2022. Elle a insisté sur l’idée que seule une candidature unique pourrait permettre à la gauche de peser face à l’extrême droite.

Cette dynamique s’inscrit dans un paysage politique français marqué par une radicalisation des positions. Alors que le RN capitalise sur des thèmes comme l’immigration et la sécurité, une partie de la gauche cherche à mobiliser sur des enjeux écologiques et sociaux. La question de la désobéissance civile, bien que controversée, s’inscrit dans cette stratégie de résistance frontale à ce que certains perçoivent comme une dérive autoritaire.

Et maintenant ?

Les prochaines semaines pourraient être déterminantes pour l’avenir de la gauche. Les rencontres organisées par Marine Tondelier avec les différents partis écologistes et sociaux-démocrates pourraient aboutir à une alliance ou, à l’inverse, révéler des divergences irréconciliables. Du côté du RN, la confirmation de sa position en tête des intentions de vote incite ses dirigeants à peaufiner leur programme pour les prochains mois. La question de la désobéissance civile, quant à elle, pourrait devenir un sujet de débat national si la menace d’une victoire du RN se précise d’ici 2027.

Reste à savoir si cette stratégie de résistance, fondée sur la désobéissance civile, trouvera un écho suffisamment large dans la société française pour peser face à une montée en puissance de l’extrême droite. Une chose est sûre : le débat sur les limites de l’obéissance aux lois, dans un contexte politique tendu, ne fait que commencer.

Pour Marine Tondelier, la « désobéissance civile » consiste, pour les politiques et les fonctionnaires, à refuser d’appliquer des lois qu’ils jugent contraires aux valeurs républicaines ou aux droits fondamentaux. Elle cite notamment l’exemple de policiers qui pourraient refuser de verbaliser des femmes portant le voile dans l’espace public si une telle loi était adoptée.