Le Metropolitan Museum of Art de New York (Met) a connu mardi un revers sans précédent dans l’histoire récente du Met Gala, alors que l’exposition annuelle du Costume Institute, traditionnellement inaugurée par la soirée la plus médiatisée du monde de la mode, a été annulée in extremis. Selon Courrier International, cette décision fait suite au désistement de John Galliano, le célèbre styliste britannique, dont le travail devait être mis à l’honneur. Une décision qui pourrait avoir des répercussions majeures pour Anna Wintour, icône intouchable de la mode américaine.
Ce qu'il faut retenir
- John Galliano s’est retiré de l’exposition du Met prévue pour lancer le Met Gala 2026, après des polémiques liées à ses anciens propos antisémites.
- Anna Wintour, rédactrice en chef de Vogue et présidente du Met Gala depuis 31 ans, est directement affectée par ce revers.
- C’est la première fois qu’une exposition prévue pour le Met Gala est annulée et qu’un invité d’honneur se retire à quelques semaines de l’événement.
- Le Met Gala 2026 devait être coprésidé par Jeff Bezos et Lauren Sanchez-Bezos, avec un financement de 10 millions de dollars.
- Les réactions dans la presse américaine soulignent l’ampleur de la crise pour Wintour, dont la légitimité est désormais questionnée.
Un scandale qui éclate au moment crucial
Le 2 septembre 2026, le New York Times titre sobrement : « Une catastrophe », pour décrire l’annulation de l’exposition prévue au Met et dédiée à John Galliano. Comme le rapporte Courrier International, cette décision intervient après que le styliste, ancien directeur artistique de Dior, a décidé de se retirer du projet. Une première dans l’histoire du Met Gala, un événement devenu l’équivalent des Oscars pour la mode, selon The Hollywood Reporter.
Pour Jacob Bernstein, journaliste spécialisé dans la mode, le choix d’honorer Galliano était « l’une des plus grosses erreurs » de la carrière d’Anna Wintour. Le New York Times va plus loin en estimant que « les conséquences pourraient ébranler sa place au panthéon de la mode ». Une analyse partagée par plusieurs médias américains, qui y voient un tournant pour la rédactrice en chef de Vogue, autrefois intouchable.
Le passé de Galliano resurgit et fait vaciller le projet
John Galliano, considéré comme l’un des créateurs les plus influents de sa génération, a dirigé la maison Dior de 1996 à 2011. C’est cette année-là qu’il a tenu, dans un bar parisien, des propos antisémites filmés : « J’aime Hitler […] vos pères et putains d’aïeux auraient tous dû être gazés », avait-il déclaré à des clients juifs. Condamné en 2011 pour injures publiques à caractère raciste et antisémite, Galliano avait écopé d’une amende de 16 500 euros par un tribunal français, comme le rappelle The Free Press.
Après une interruption de carrière, Galliano avait opéré un retour en 2014 en reprenant les rênes de la maison Margiela. Pourtant, ses anciennes déclarations, largement documentées, ont suffi à faire annuler l’exposition prévue pour le Met Gala. Selon nos confrères de Courrier International, son retrait, annoncé sur Instagram le lundi 1er septembre 2026, a créé un précédent : « Aucune personnalité ne s’est jamais désistée. Et jamais le thème annoncé de l’exposition du Met n’a été annulé », souligne le New York Times.
Anna Wintour face à la tempête médiatique et politique
Anna Wintour, 76 ans, préside le Met Gala depuis 1995. Chaque année, cette soirée glamour attire les plus grandes stars du cinéma, de la musique et de la mode, et rapporte des millions de dollars pour le musée. Pourtant, en 2026, le projet a tourné au fiasco. Non seulement l’exposition a été annulée, mais le choix même d’honorer Galliano a suscité une vague de critiques. Comme l’indique The Hollywood Reporter, des voix se sont élevées pour dénoncer une célébration inappropriée d’un créateur dont le passé est indissociable de ses propos haineux.
Parmi les défenseurs de Galliano, Hadley Freeman, journaliste au Hollywood Reporter, avait estimé dans une interview que « le talent doit être reconnu, sans nier ce qu’il a fait ». Elle avait souligné que Galliano avait reconnu ses erreurs et semblait sincèrement repentant, ajoutant : « C’est un créateur génial qui a fait une grave erreur à une époque où il luttait contre de terribles addictions ». Pourtant, la controverse a pris une telle ampleur que même ces arguments n’ont pas suffi à sauver l’exposition.
Un financement controversé et un symbole ébranlé
Le Met Gala 2026 devait être coprésidé par le milliardaire Jeff Bezos et son épouse Lauren Sanchez-Bezos, avec un apport financier de 10 millions de dollars. Un partenariat qui, selon The Hollywood Reporter, a également suscité des questions : Anna Wintour connaissait-elle les risques liés à ce choix ? Le tollé provoqué par l’exposition a mis en lumière les limites d’une stratégie fondée sur des alliances avec des figures puissantes mais controversées. Comme le souligne The New York Times, « les règles à tenir dans ces circonstances ont toujours été floues […] Elles changent avec l’époque, la culture, le climat politique ».
Le journal ajoute que « régulièrement, une affaire survient et révèle où se situent les limites ». Cette fois, la limite semble avoir été franchie. Le New York Times résume ainsi la situation : « Anna Wintour n’a pas seulement commis une erreur, elle a sous-estimé le tollé ». Une analyse partagée par The Hollywood Reporter, qui parle du « plus gros scandale du Met Gala jamais vu sous la férule d’Anna Wintour ».
Ce revers illustre aussi les tensions croissantes entre la recherche de l’excellence artistique et les impératifs éthiques, dans un secteur de plus en plus scruté. Pour l’heure, le Met et Anna Wintour doivent trouver une réponse à la hauteur des enjeux.
Anna Wintour avait décidé de mettre à l’honneur le travail de John Galliano, ancien directeur artistique de Dior, pour l’exposition inaugurant le Met Gala 2026. Ce choix s’inscrivait dans une volonté de célébrer l’un des créateurs les plus influents de sa génération, selon The Hollywood Reporter. Cependant, le passé antisémite de Galliano a provoqué un tollé et forcé son retrait.
Jeff Bezos et son épouse Lauren Sanchez-Bezos devaient coprésider le Met Gala 2026 et apporter un financement de 10 millions de dollars au Metropolitan Museum of Art, comme l’a révélé The Hollywood Reporter.