Selon Frandroid, le géant technologique Meta poursuivrait discrètement ses travaux sur la reconnaissance faciale, une technologie hautement controversée, malgré ses déclarations publiques récentes. Cette révélation intervient alors que l’entreprise multiplie les initiatives dans le domaine des interfaces homme-machine, allant des lunettes connectées aux applications mobiles. Les dernières investigations menées par le média américain Wired, citées par Frandroid, indiquent que des traces de cette fonctionnalité persistent dans le code de certaines applications de Meta.
Ce qu’il faut retenir
- Meta maintient des éléments de reconnaissance faciale dans ses applications, malgré ses dénégations publiques.
- Les lunettes connectées et certaines applications mobiles intègrent encore des fonctionnalités liées à cette technologie.
- L’entreprise a été critiquée à plusieurs reprises pour son utilisation des données biométriques.
- Wired a révélé des traces de code liées à la reconnaissance faciale dans les dernières mises à jour de Meta.
- Les travaux sur cette technologie remontent à plusieurs années, malgré les régulations croissantes en la matière.
Une technologie controversée, malgré les dénégations
Depuis plusieurs années, Meta – anciennement Facebook – est sous le feu des projecteurs pour son utilisation des données personnelles, notamment biométriques. L’entreprise a pourtant multiplié les déclarations rassurantes sur sa politique en matière de reconnaissance faciale. En 2021, Mark Zuckerberg avait affirmé que Meta ne créerait pas de base de données de visages, une promesse qui semble aujourd’hui remise en cause. Selon Frandroid, des traces de cette technologie persistent dans les coulisses de ses produits, comme en témoignent des analyses de code réalisées par des experts en cybersécurité.
Les lunettes connectées de Meta, commercialisées sous le nom de Ray-Ban Meta, avaient déjà suscité des interrogations quant à leur capacité à analyser les visages en temps réel. Désormais, c’est au tour de l’application principale du groupe de porter des traces de code liées à la reconnaissance faciale. Ces éléments, bien que non activés, soulèvent des questions sur les intentions réelles de l’entreprise.
Un code discret mais révélateur
Les investigations menées par Wired et relayées par Frandroid ont permis de mettre en lumière des portions de code dans les applications de Meta qui suggèrent une intégration potentielle de la reconnaissance faciale. Selon les experts consultés, ces lignes de code pourraient être utilisées pour des fonctionnalités futures, comme l’identification automatique des visages ou la personnalisation des contenus. Meta n’a pas encore réagi publiquement à ces révélations, préférant garder le silence sur l’évolution de ses projets.
Cette situation rappelle les tensions passées entre Meta et les régulateurs, notamment en Europe et aux États-Unis. En 2023, l’entreprise avait été condamnée à une amende de 275 millions d’euros par l’autorité irlandaise de protection des données pour son utilisation illégale des données biométriques. Une sanction qui n’a pas dissuadé Meta de poursuivre ses recherches dans ce domaine.
Les enjeux éthiques et réglementaires
La reconnaissance faciale soulève des questions majeures en matière de vie privée et de libertés individuelles. Plusieurs pays, dont la France, ont renforcé leur législation pour encadrer l’utilisation de cette technologie. Pourtant, Meta continue d’investir dans des projets connexes, comme les lunettes connectées ou les applications de réalité augmentée. Ces initiatives pourraient bien aboutir à une commercialisation de fonctionnalités liées à la reconnaissance faciale, malgré les risques juridiques et les critiques des associations de défense des droits numériques.
Les régulateurs européens, sous l’impulsion du RGPD, ont déjà infligé des sanctions records à Meta pour ses pratiques en matière de données. Cependant, l’entreprise semble prête à prendre le risque, estimant que les bénéfices potentiels – notamment en termes de personnalisation des services – l’emportent sur les coûts juridiques.
En attendant, les utilisateurs et les défenseurs des droits numériques appellent à une transparence accrue de la part de l’entreprise. La question n’est plus de savoir si Meta utilisera la reconnaissance faciale, mais comment elle le fera – et à quel prix pour la protection des données personnelles.