Alors que les opérations de secours se poursuivent au Népal après les inondations et coulées de boue dévastatrices qui ont frappé la région himalayenne de Rasuwa fin août, le gouvernement de Katmandou met en cause le changement climatique pour expliquer cette catastrophe. Selon nos confrères du Courrier International, qui citent des données officielles, ce bilan provisoire fait état de 1 127 morts et plus de 4 000 disparus, après la crue soudaine de la rivière Bhote Koshi, le 26 août 2026. Une image prise par drone le 31 août, diffusée par l’agence Reuters, illustre l’ampleur des dégâts dans le district de Rasuwa, où des villages entiers ont été engloutis.
Ce qu'il faut retenir
- Un bilan provisoire fait état de 1 127 morts et plus de 4 000 disparus après les inondations du 26 août 2026 dans le district de Rasuwa.
- La crue de la Bhote Koshi aurait été provoquée par la chute d’un glacier, selon le Premier ministre népalais, Balendra Shah.
- Le gouvernement accuse le changement climatique, évoquant une hausse des températures de 1,8 °C dans la région himalayenne.
- Les opérations de secours se heurtent à des difficultés logistiques et à l’isolement des zones touchées.
- Le secteur du tourisme, vital pour l’économie népalaise, cherche à se relancer malgré la crise.
Une catastrophe attribuée à la fonte des glaciers et au changement climatique
Dès le lendemain de la catastrophe, le Premier ministre népalais, Balendra Shah, a souligné devant la Chambre des représentants que la catastrophe était d’origine exogène. Selon le chef du gouvernement,
« Alors que nous travaillons sans relâche pour traiter les dégâts causés par cette catastrophe soudaine et massive, une autre question fondamentale se pose : comment cette catastrophe a-t-elle pu nous arriver ? »À ses yeux, la réponse réside en grande partie dans le changement climatique. Dans un communiqué relayé par Radio Nepal Online, il a affirmé que l’augmentation de 1,8 °C des températures dans la région himalayenne avait joué un rôle décisif. Les scientifiques, eux, restent plus mesurés quant aux causes précises, tout en reconnaissant l’impact du réchauffement sur la stabilité des glaciers.
Le Premier ministre a avancé une hypothèse précise pour expliquer l’origine de la crue : la chute d’une importante portion d’un glacier depuis une grande altitude. Selon lui, cette chute aurait provoqué une fonte accélérée, donnant naissance à une inondation dévastatrice dans la vallée de la Bhote Koshi. Une théorie que les experts n’excluent pas, tout en rappelant que les pluies exceptionnelles, également liées au changement climatique, ont pu amplifier le phénomène.
Des opérations de secours entravées par l’isolement et l’ampleur des dégâts
Une semaine après la catastrophe, les secours continuent de rechercher les disparus, mais les conditions sur le terrain rendent leur travail particulièrement difficile. Les routes ont été emportées, les ponts détruits, et certaines zones restent inaccessibles. Les hélicoptères militaires et civils effectuent des rotations pour acheminer du matériel et évacuer les blessés, mais les besoins restent immenses. D’après les dernières informations, plus de 10 000 personnes ont été directement affectées, déplacées ou privées d’abri.
Le gouvernement népalais a appelé à une aide internationale, reconnaissant que les ressources locales étaient insuffisantes pour faire face à une telle crise. Plusieurs pays, dont l’Inde et la Chine, ont déjà annoncé l’envoi de secours, tandis que des organisations non gouvernementales sur place tentent de coordonner les distributions de vivres et de tentes. Le district de Rasuwa, frontalier avec le Tibet chinois, cumule des défis logistiques supplémentaires, aggravés par la saison des pluies qui persiste en cette fin d’été.
Le tourisme, un secteur en crise qui tente de se relever
Alors que le Népal cherche à panser ses plaies, le gouvernement mise sur une relance rapide du tourisme, un secteur qui représente près de 8 % du PIB du pays et emploie des centaines de milliers de personnes. Les sites emblématiques de l’Himalaya, comme le camp de base de l’Everest ou les temples de la vallée de Katmandou, attiraient avant la crise quelque 1,2 million de visiteurs par an. Mais la catastrophe de la Bhote Koshi, survenue dans une région touristique prisée, risque de freiner encore davantage une reprise déjà fragile après les années de pandémie.
Le Premier ministre a tenté de rassurer en déclarant que les mesures de sécurité seraient renforcées pour les futurs visiteurs. Pourtant, les craintes des voyageurs et des agences de voyage restent vives, d’autant que la saison des randonnées en haute montagne s’étend jusqu’en octobre. Les assureurs, eux, commencent déjà à revoir leurs contrats, certains excluant les zones à risque ou augmentant leurs tarifs. Autant dire que le secteur a besoin de signaux forts pour éviter un effondrement durable.
Un défi politique et environnemental pour le gouvernement Shah
Le Premier ministre Balendra Shah, en poste depuis 2023, se trouve face à un double défi : gérer la crise humanitaire et éviter que cette catastrophe ne soit instrumentalisée politiquement. Certains observateurs locaux critiquent déjà la lenteur de la réponse initiale, tandis que d’autres soulignent les lacunes en matière de prévention des risques naturels. Le Népal, déjà vulnérable aux glissements de terrain et aux séismes, doit désormais intégrer pleinement le changement climatique dans sa stratégie de développement.
Sur le plan international, la catastrophe de la Bhote Koshi pourrait relancer les débats sur la responsabilité des pays industrialisés dans le réchauffement climatique, alors que le Népal, bien que faible émetteur de gaz à effet de serre, subit de plein fouet ses conséquences. Des négociations climatiques prévues en novembre à Bonn pourraient ainsi être l’occasion pour Katmandou de plaider pour un fonds d’adaptation spécifique aux États himalayens. Bref, cette tragédie, si elle est avant tout une crise humanitaire, s’inscrit aussi dans une dynamique plus large, où environnement, économie et géopolitique se croisent.
Le Premier ministre népalais, Balendra Shah, a pointé du doigt le réchauffement climatique après avoir évoqué une hausse de 1,8 °C des températures dans la région himalayenne, selon des données officielles relayées par Radio Nepal Online. Il a notamment expliqué que la fonte accélérée des glaciers, liée à cette hausse, aurait provoqué la chute d’une portion de glacier et déclenché la crue de la Bhote Koshi. Bien que les scientifiques restent prudents sur l’attribution directe, ils reconnaissent que le changement climatique amplifie les risques de catastrophes naturelles dans la région.
Le gouvernement népalais compte sur une relance rapide du tourisme, vital pour l’économie locale, en renforçant les mesures de sécurité et en lançant une campagne de communication ciblée d’ici octobre, avant la haute saison automnale. Cependant, les assureurs et les agences de voyage pourraient durcir leurs conditions, tandis que des fonds internationaux pourraient être mobilisés pour aider à la reconstruction des infrastructures touristiques endommagées.