Depuis une semaine, les voyageurs en provenance de pays tiers à l’Union européenne dénoncent des files d’attente interminables aux frontières de l’espace Schengen. Selon Ouest France, le système d’entrée et de sortie (EES), mis en place pour renforcer la sécurité et contrôler les séjours, provoque des retards de jusqu’à cinq heures dans certains aéroports, entraînant des correspondances ratées et une grogne croissante des passagers.

Ce qu'il faut retenir

  • Le système EES (Entrée/Sortie) est en vigueur depuis près d’une semaine dans l’espace Schengen.
  • Les voyageurs non-européens subissent des files d’attente pouvant atteindre cinq heures dans certains aéroports.
  • Plusieurs passagers ont manqué leur vol ou leur correspondance en raison de ces retards.
  • Le dispositif vise à améliorer la sécurité aux frontières extérieures de l’UE.

Selon les témoignages recueillis par Ouest France, les aéroports les plus touchés sont ceux de Paris-Charles de Gaulle, Amsterdam-Schiphol et Bruxelles. À Paris, des passagers en transit vers des destinations comme New York ou Montréal ont rapporté avoir passé près de quatre heures dans les files avant de pouvoir franchir les contrôles. « On nous avait prévenus des changements, mais personne ne nous avait dit que cela prendrait autant de temps », a témoigné un voyageur en provenance de Dubaï, cité par le quotidien.

Le système EES, déployé depuis le 10 juin 2026, remplace les tampons manuels dans les passeports par une vérification automatisée des données biométriques et des informations de voyage. Son objectif est de renforcer la lutte contre l’immigration irrégulière et d’améliorer la gestion des séjours des ressortissants de pays tiers. Pourtant, son déploiement s’accompagne de dysfonctionnements techniques et organisationnels. « Les bornes de reconnaissance faciale ne fonctionnent pas toujours, et les agents manquent de formation », a expliqué une source syndicale à Ouest France.

Les compagnies aériennes, dont certaines ont vu leurs passagers débarquer en retard sur les zones de correspondance, commencent à s’inquiéter des conséquences sur leurs opérations. Air France a indiqué avoir enregistré une augmentation de 15 % des retards liés aux contrôles aux frontières depuis le 10 juin, tandis que KLM évoque des « perturbations majeures » à Schiphol. « Nous faisons tout pour informer nos passagers, mais certains arrivent trop tard pour leur correspondance », a précisé un porte-parole de la compagnie néerlandaise.

Et maintenant ?

Les autorités européennes assurent que les problèmes devraient se résorber d’ici la fin du mois de juillet, une fois que les effectifs de contrôleurs auront été renforcés et que les bornes automatiques auront été optimisées. La Commission européenne a annoncé un audit des systèmes EES dans les aéroports les plus touchés d’ici le 20 juillet 2026. Pour autant, aucun calendrier précis n’a été communiqué quant à la résolution totale des dysfonctionnements.

Dans l’attente, les voyageurs sont invités à prévoir un temps de passage supplémentaire et à vérifier les conseils de voyage sur les sites des ambassades et des compagnies aériennes. La Commission européenne a également rappelé que les passeports doivent être valides et comporter une puce électronique pour permettre une lecture automatisée des données. Autant dire que, pour l’heure, la patience reste de mise.

Reste à savoir si ces retards persistants ne risquent pas de décourager certains touristes ou voyageurs d’affaires à destination de l’Europe, alors que la saison estivale bat son plein.

D’après Ouest France, les aéroports les plus impactés sont ceux de Paris-Charles de Gaulle, Amsterdam-Schiphol et Bruxelles. D’autres hubs comme Francfort ou Milan pourraient également être concernés, mais à un degré moindre pour l’instant.