L’Olympique de Marseille (OM) traverse une période de profondes mutations économiques, selon l’éditorialiste Daniel Riolo de l’After Foot. Dans un entretien relayé par RMC Sport, il explique pourquoi le club marseillais pourrait être contraint de reléguer la Ligue Europa au second plan cette saison, malgré les ambitions affichées jusqu’ici.

Ce qu'il faut retenir

  • L’OM pourrait se passer de la Ligue Europa en 2026-2027 pour se concentrer sur la Ligue 1, selon Daniel Riolo.
  • Les difficultés financières du club, aggravées par la baisse des droits TV internationaux, obligent à revoir le modèle économique.
  • Frank McCourt, actionnaire du club, a stoppé les investissements massifs après l’échec de la stratégie de qualification en Ligue des champions.
  • Le club mise désormais sur des économies via le départ de joueurs ou des primes de transfert pour équilibrer ses comptes.
  • Bruno Genesio devrait aligner des équipes remaniées pour la Ligue Europa, une stratégie présentée comme nécessaire par Riolo.

Un contexte économique contraint

Les comptes de l’OM se resserrent, et Daniel Riolo, éditorialiste réputé de l’After Foot, en fait le constat sans détour : « Même pas une seconde il ne faut envisager quelque chose en Europa League ». Selon lui, le club dirigé par Frank McCourt n’a plus les moyens de ses ambitions passées. La chute des droits TV internationaux, passés de 50 millions d’euros à une fourchette de 15 à 20 millions, a profondément fragilisé la situation financière du club. « Ils avaient dans les 50 millions, ils n’en ont plus qu’entre 15 et 20 avec les droits internationaux », rappelle-t-il.

Cette baisse drastique des revenus impose une réorganisation complète, tant sur le plan comptable que sportif. Le club doit désormais repenser son modèle, alors que la Ligue Europa, bien qu’apportant un complément financier (15 à 20 millions d’euros), ne constitue plus une priorité. Pour Riolo, l’enjeu se concentre sur la Ligue 1, seule compétition où l’OM peut espérer décrocher une qualification européenne et, surtout, des revenus supplémentaires. « La priorité, ça va être la Ligue 1 pour espérer accrocher à nouveau une Coupe d’Europe », insiste-t-il.

Une stratégie dictée par les contraintes budgétaires

Le mercato estival 2026 s’est clos mardi sans que l’OM ne réalise d’arrivées majeures, et avec plusieurs départs en perspective, comme celui de l’attaquant Alexander Cornelius vers le Rayo Vallecano. Les économies réalisées sur les transferts – via les primes liées aux ventes de joueurs passés ou des cessions – devraient permettre de limiter les dégâts, mais le club reste sous étroite surveillance. « On va voir ce qu’on fait à partir de mardi », souligne Riolo. « Soit il y a rassemblement de tous, on fédère et on voit ce qu’on fait ». Une stratégie d’austérité qui contraste avec les années d’investissements massifs sous l’ère McCourt.

Frank McCourt, actionnaire majoritaire, a clairement tourné la page des dépenses pharaoniques après l’échec de la quête d’une qualification en Ligue des champions. « La stratégie qui était d’investir à fond pour se qualifier en Ligue des champions n’a pas marché non plus. Donc, à un moment, tu pètes un câble et tu dis stop », analyse Riolo. Cette volte-face s’explique aussi par l’absence de résultats sportifs à la hauteur des moyens engagés, malgré les espoirs placés dans l’entraîneur Bruno Genesio.

Bruno Genesio appelé à adapter sa gestion

Dans ce nouveau contexte, Bruno Genesio devra composer avec des moyens réduits, notamment en Ligue Europa. Selon Riolo, il est « logique qu’il mette souvent une équipe remaniée » pour cette compétition, sans que cela ne soit interprété comme un manque d’ambition. « Il n’y a pas de procès à lui faire là-dessus parce que c’est juste le modèle qui est en train de se réinventer à Marseille », explique-t-il. La Ligue 1 devient donc le seul tableau où l’OM peut viser des résultats ambitieux, avec l’espoir de retrouver une Coupe d’Europe via cette voie.

Cette réorientation imposée soulève cependant des questions sur la capacité du club à maintenir un niveau compétitif en Ligue Europa, même avec une équipe moins étoffée. Les observateurs s’interrogent : l’OM parviendra-t-il à tirer son épingle du jeu dans une compétition où la régularité est souvent récompensée ?

Un nouveau président, une communication attendue

Le changement de présidence à la tête de l’OM pourrait aussi marquer un tournant. Stéphane Richard, nommé à la tête du club en 2026, devrait rapidement clarifier la nouvelle stratégie. « Je pense que Stéphane Richard prépare une sortie médiatique pour après mardi soir », indique Riolo. Ce dernier avait annoncé qu’il viendrait expliquer la nouvelle politique du club à la rentrée, et cette communication est désormais très attendue par les supporters et les observateurs.

Pour l’éditorialiste, il ne fait aucun doute que cette intervention permettra de détailler les mesures d’austérité et les perspectives à moyen terme. « La communication va arriver, c’est évident », assure-t-il. Une annonce qui pourrait aussi apaiser les tensions autour de l’actionnariat et des choix sportifs, alors que les critiques à l’encontre de Frank McCourt se multiplient.

Et maintenant ?

L’OM devra attendre les prochaines semaines pour mesurer l’impact réel de cette réorientation. La première échéance sera le match d’ouverture de Ligue 1, prévu début septembre, où le club devra montrer des signes de reprise malgré les contraintes budgétaires. D’ici là, la composition de l’équipe pour la Ligue Europa sera scrutée, tout comme les déclarations de Stéphane Richard, attendues « après mardi soir ». Une chose est sûre : la saison 2026-2027 s’annonce comme une année de transition, où le pragmatisme pourrait primer sur l’ambition.

Pour les supporters, l’enjeu est de taille : retrouver une stabilité financière et sportive, tout en évitant une descente aux enfers en Ligue Europa. Le pari est risqué, mais c’est désormais la seule voie tracée par la direction. Le temps des vaches grasses semble révolu pour l’OM, et la réinvention économique annoncée pourrait bien dessiner les contours d’une nouvelle ère pour le club marseillais.

Selon Daniel Riolo de l’After Foot, les difficultés économiques du club, aggravées par la baisse des droits TV internationaux (passés de 50 à 15-20 millions d’euros), rendent impossible le maintien d’une stratégie ambitieuse en Ligue Europa. Le club doit se recentrer sur la Ligue 1 pour espérer décrocher une qualification européenne via cette voie, plus rémunératrice.

Stéphane Richard est le nouveau président de l’OM, nommé en 2026. Il est chargé de clarifier la nouvelle politique du club, notamment après l’arrêt des investissements massifs sous Frank McCourt. Une communication officielle est attendue rapidement pour expliquer les mesures d’austérité et les perspectives sportives.