OpenAI annonce l’ouverture de son Ads Manager en libre-service pour les annonceurs français, marquant un tournant dans l’accès à sa régie publicitaire. Une évolution validée par Dave Dugan, vice-président global des solutions publicitaires chez OpenAI, qui évoque « un nouveau chapitre pour la publicité » dans un communiqué publié le 31 août 2026.
Ce qu'il faut retenir
- L’Ads Manager en libre-service est désormais accessible aux annonceurs éligibles en France, après un pilote réservé aux agences partenaires et aux équipes commerciales d’OpenAI.
- Plus aucun palier financier n’est imposé pour accéder à ChatGPT Ads, contre 200 000 dollars initialement, puis 50 000 dollars avant suppression.
- L’inscription se fait directement sur ads.openai.com, avec une vérification de l’entreprise et l’ajout d’un moyen de paiement.
- Le ciblage repose sur des indices de contexte, sans mots-clés, et deux objectifs sont proposés : portée facturée au CPM ou clics facturés au CPC, sans budget minimum.
- Les enchères restent basses en Europe, avec un CPC de marché estimé entre 3 et 5 dollars.
- Les limites incluent l’absence de connecteur natif vers les CRM et un ciblage limité aux conversations en cours, sans accès à l’historique utilisateur.
Selon nos confrères de BDM, cette ouverture s’inscrit dans une stratégie plus large visant à démocratiser l’accès à la publicité sur ChatGPT en Europe. Jusqu’ici, les annonceurs devaient passer par les équipes commerciales d’OpenAI ou l’un des six groupes partenaires — Publicis, WPP, Omnicom, MediaPlus, Havas et dentsu — pour lancer une campagne.
L’Ads Manager en libre-service permet désormais aux entreprises, y compris aux startups et PME, de créer un compte, y déposer un moyen de paiement et lancer leur campagne en toute autonomie. Cette évolution intervient moins d’une semaine après le déploiement initial de la régie publicitaire de ChatGPT en Europe, le 24 août 2026. OpenAI précise que cette ouverture concerne les 31 marchés européens où sa régie diffuse, dont la France.
Une plateforme structurée en trois niveaux
L’interface de l’Ads Manager s’articule autour de trois niveaux : la campagne, le groupe d’annonces et l’annonce. La plateforme propose deux objectifs principaux : la portée, facturée au CPM (coût pour mille impressions), et les clics, facturés au CPC (coût par clic). Aucun budget minimum n’est requis pour démarrer.
Le ciblage ne repose pas sur des mots-clés, mais sur des indices de contexte, qui décrivent les conversations visées par les annonceurs. Par exemple, une marque de produits de beauté peut cibler les utilisateurs échangeant sur les soins capillaires. OpenAI met en avant la possibilité d’« enrichir l’expérience utilisateur avec des informations utiles et pertinentes », tout en soulignant que cette approche diffère des méthodes traditionnelles de ciblage.
Pour suivre les performances, OpenAI propose un pixel ainsi qu’une Conversions API, permettant de mesurer l’impact des campagnes. Une application dédiée, baptisée ChatGPT Ads Manager, est également disponible dans ChatGPT. Elle offre une gestion conversationnelle des annonces, des indicateurs de performance et une revue des campagnes directement depuis l’interface de l’outil.
Un marché jeune et des enchères encore attractives
OpenAI évoque un revenu annualisé extrapolé à 1 milliard de dollars pour sa régie, atteint en moins de 200 jours, auprès de dizaines de milliers d’annonceurs. Cette estimation, non confirmée comme un chiffre d’affaires réel, s’accompagne d’une précision : la majorité des campagnes optent pour le CPC ou les enchères optimisées à l’objectif. L’entreprise revendique par ailleurs plus de 50 partenaires technologiques et de mesure.
Pour les annonceurs français, cette ouverture représente une opportunité, mais avec des limites. Pei Zhang, de l’agence fifty-five, souligne que « l’inventaire est neuf et les enchères restent basses ». Le CPC de marché se situe entre 3 et 5 dollars, un niveau encore accessible par rapport à d’autres plateformes. Cependant, deux contraintes majeures persistent : l’absence de connecteur natif vers les CRM, rendant l’attribution imprécise, et un ciblage limité aux conversations en cours.
Contrairement à d’autres régies publicitaires, ChatGPT Ads ne permet pas, pour l’instant, d’exploiter les conversations passées ou la mémoire des utilisateurs. Le ciblage s’appuie uniquement sur le contexte immédiat de l’échange. OpenAI précise que cette configuration pourrait évoluer à l’avenir, mais aucune date n’a été communiquée.
Des règles strictes et des catégories éligibles
L’accès à l’Ads Manager n’est pas ouvert à tous. Les annonceurs doivent respecter les catégories éligibles définies par OpenAI et s’assurer que leurs créations publicitaires respectent les règles de la plateforme. Les campagnes achetées via une agence ou un partenaire technologique restent possibles, offrant une alternative pour les entreprises ne souhaitant pas gérer leur compte en direct.
OpenAI insiste sur la nécessité de proposer des annonces « utiles et pertinentes » pour les utilisateurs de ChatGPT. La régie publicitaire se positionne ainsi comme un canal complémentaire aux autres leviers marketing, avec une approche axée sur le contexte conversationnel plutôt que sur le comportement historique.
Cette ouverture en libre-service marque une étape clé pour OpenAI dans la monétisation de ChatGPT. Elle s’inscrit dans une stratégie globale visant à diversifier ses revenus, alors que l’entreprise continue d’étendre son influence dans le domaine de l’intelligence artificielle.
OpenAI n’a pas publié la liste exhaustive des catégories exclues, mais précise que les annonces doivent respecter ses règles publicitaires. Ces règles interdisent généralement les produits illégaux, les contenus trompeurs ou les secteurs sensibles comme les paris en ligne ou certains produits financiers. Pour obtenir une liste précise, il est recommandé de consulter les conditions d’utilisation de l’Ads Manager.