Un projet pionnier prend son essor dans le Gard. D'après Le Monde, la région Occitanie, la SNCF et Alstom viennent d'entamer un test de deux ans sur un TER fonctionnant à batteries lithium-ion, une première en France. Cette initiative, qui s'inscrit dans le cadre d'un partenariat financé à hauteur de 30 millions d'euros, doit permettre d'évaluer la faisabilité technique et économique de ce mode de propulsion alternatif.
Ce qu'il faut retenir
- Un TER à batteries lithium-ion est testé sur une ligne de 21 kilomètres dans le Gard.
- Ce projet est mené par la région Occitanie, la SNCF et Alstom sur une durée de deux ans.
- L'investissement global s'élève à 30 millions d'euros.
- Il s'agit du premier TER à batteries déployé en France, selon Le Monde.
Un partenariat ambitieux pour décarboner le transport ferroviaire
Côté Occitanie, cette expérimentation s'inscrit dans une volonté plus large de réduire l'empreinte carbone du réseau ferroviaire régional. D'après nos confrères du Monde, ce TER à batteries doit circuler sur une ligne dont le tracé n'est pas électrifié, évitant ainsi le recours à des locomotives diesel. « Ce projet permettra de valider la performance technique des batteries lithium-ion dans des conditions réelles d'exploitation », a indiqué un porte-parole d'Alstom, contacté par nos soins.
La SNCF, partenaire historique des TER, voit dans cette technologie une solution pour moderniser son parc sans systématiquement recourir à l'électrification des lignes. Autant dire que l'enjeu dépasse le cadre du Gard : il pourrait inspirer d'autres régions confrontées aux mêmes défis.
Une ligne de 21 km et des batteries conçues pour les trajets régionaux
Le choix de la ligne, longue de 21 kilomètres, n'est pas anodin. Selon les informations recueillies par Le Monde, ce tronçon relie deux villes du Gard et présente un profil compatible avec l'autonomie limitée des batteries actuelles. « Les TER à batteries sont particulièrement adaptés aux lignes non électrifiées ou partiellement électrifiées, où l'investissement en caténaires serait disproportionné », explique un expert ferroviaire cité par nos confrères.
Les batteries lithium-ion utilisées ont été spécialement développées par Alstom pour répondre aux besoins des trains régionaux. Leur capacité doit permettre une autonomie suffisante pour effectuer plusieurs allers-retours quotidiens, avec une recharge entre chaque trajet. Bref, une solution censée concilier performance et respect de l'environnement.
Un investissement de 30 millions d'euros pour une technologie encore émergente
Le coût total du projet, fixé à 30 millions d'euros, couvre non seulement l'acquisition des TER et des systèmes de recharge, mais aussi les aménagements nécessaires sur la ligne et les infrastructures de maintenance. « Ce partenariat public-privé illustre l'engagement des acteurs locaux et nationaux en faveur d'une mobilité plus durable », souligne la région Occitanie dans un communiqué.
Pour la SNCF, l'objectif est double : évaluer l'autonomie réelle des batteries et leur durabilité sur le long terme, tout en mesurant l'impact sur les coûts d'exploitation. Les résultats de cette expérimentation pourraient influencer les futures commandes de matériel roulant en France et en Europe.
Pour l'instant, les voyageurs du Gard n'auront pas encore la possibilité de monter à bord de ce TER innovant. Les premiers essais en conditions réelles ne débuteront qu'après une phase de rodage technique, prévue d'ici la fin de l'année 2026. En attendant, la question de l'avenir du ferroviaire décarboné en France reste ouverte.
L'électrification d'une ligne ferroviaire coûte plusieurs millions d'euros par kilomètre. Les batteries représentent une alternative moins onéreuse pour les lignes peu fréquentées ou dont le trafic ne justifie pas un tel investissement. Selon Alstom, cette technologie permet également une mise en service plus rapide.