Deux ans après l’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis, la promesse d’une réserve stratégique de Bitcoin reste lettre morte. Selon Cryptoast, ce projet phare de son programme économique se heurte toujours à des blocages juridiques et à des luttes de pouvoir au sein de l’administration, malgré des annonces répétées.
Ce qu'il faut retenir
- Le projet de réserve stratégique de Bitcoin, promis par Donald Trump, est toujours en suspens deux ans après son élection.
- Des difficultés juridiques persistent quant à la légalité de la détention de Bitcoin par les institutions fédérales.
- Une concurrence entre le Trésor, le Commerce et la Justice freine l’avancée du dossier.
- Les États-Unis détiennent déjà 328 372 BTC, pour une valeur d’environ 20,5 milliards de dollars.
- Des reventes passées auraient coûté près de 17 milliards de dollars aux contribuables.
Un projet en souffrance depuis l’arrivée de Trump à la Maison Blanche
Dès 2024, Donald Trump avait fait de la création d’une réserve stratégique de Bitcoin un pilier de sa stratégie pour faire des États-Unis « la capitale mondiale des cryptomonnaies ». Pourtant, deux ans plus tard, le dossier traîne en longueur. Selon Cryptoast, qui cite Bloomberg, le projet semble avoir été relégué dans un coin oublié du Bureau ovale, malgré les déclarations officielles évoquant son caractère « imminent ».
Les obstacles ne manquent pas : entre les écueils juridiques et les rivalités ministérielles, la mise en œuvre concrète de cette réserve peine à voir le jour. Pour l’heure, aucune structure administrative n’a encore été désignée pour en assurer la gestion, alors que la volatilité du Bitcoin pose question quant à la légalité de sa détention par des institutions fédérales.
Une concurrence ministérielle qui paralyse le processus
Le principal frein à ce projet réside dans les luttes internes entre les différents départements gouvernementaux. D’après Bloomberg, cité par Cryptoast, le Trésor américain, initialement pressenti pour superviser cette réserve, se heurte à des questions de légalité. Le département de la Justice a récemment confirmé travailler en collaboration avec le Trésor et le département du Commerce pour explorer les options disponibles. « Le Bureau du conseil juridique collabore étroitement avec les départements du Trésor et du Commerce afin de déterminer les options juridiques disponibles pour mettre en œuvre la politique du président visant à établir une réserve stratégique de Bitcoin », a indiqué un porte-parole du département de la Justice.
Cette concurrence entre ministères n’est pas anodine. Chacun cherche à s’assurer le contrôle d’un dossier potentiellement stratégique, alors que la question de la légalité de la détention de Bitcoin par l’État reste entière. Le décret signé par Trump en 2024 n’a pas clarifié ce point, laissant planer un doute sur la capacité des institutions à détenir légalement cette cryptomonnaie.
Les États-Unis, déjà le premier détenteur mondial de Bitcoin
Malgré l’échec relatif de ce projet, les États-Unis restent le pays détenant le plus de Bitcoin au monde. Selon les dernières estimations, Washington possède 328 372 BTC, soit une valeur d’environ 20,5 milliards de dollars au cours actuel. Ce stock a été constitué principalement via des saisies judiciaires et des confiscations dans le cadre de procédures pénales.
Pourtant, des reventes passées ont déjà eu un impact financier significatif. Un porte-parole de la Maison Blanche a révélé que ces opérations auraient coûté environ 17 milliards de dollars aux contribuables au fil des années. Une somme qui soulève des interrogations sur la gestion actuelle de ces actifs numériques par les autorités américaines.
« Y a-t-il réellement une instance gouvernementale qui soit légalement autorisée à conserver du Bitcoin selon les règles mises en place par le décret de Donald Trump, notamment du fait de son importante volatilité ? »
— Question soulevée par les médias et les observateurs du secteur
Quelles perspectives pour la réserve stratégique de Bitcoin ?
Alors que l’administration Trump continue d’évaluer la meilleure structure pour concrétiser ce projet, les délais s’allongent. Le président avait initialement évoqué la création d’une « Réserve stratégique de Bitcoin » et d’une « Réserve américaine de crypto-actifs », mais aucune feuille de route précise n’a été dévoilée à ce jour.
Les prochaines étapes dépendront des arbitrages entre les départements ministériels. Une décision pourrait intervenir d’ici la fin de l’année, mais le manque de clarté juridique risque de prolonger les incertitudes. En attendant, les États-Unis conservent leur statut de premier détenteur mondial de Bitcoin, malgré les coûts engendrés par une gestion peu optimisée.
Un enjeu plus large pour l’avenir des cryptomonnaies aux États-Unis
Au-delà du projet de réserve stratégique, cette situation illustre les défis auxquels font face les États-Unis dans leur volonté de dominer le secteur des cryptomonnaies. Entre régulation, innovation et contrôle des actifs numériques, l’administration Trump doit concilier des impératifs contradictoires. La résolution des blocages actuels pourrait déterminer si le pays parviendra à s’imposer comme un acteur central dans l’écosystème crypto mondial.
Pour les investisseurs, cette incertitude administrative ajoute une couche de complexité à un marché déjà volatil. Les prochaines décisions de Washington seront donc scrutées de près, tant par les acteurs du secteur que par les observateurs économiques.
Les principaux obstacles sont d’ordre juridique, avec la question de la légalité de la détention de Bitcoin par des institutions fédérales, ainsi que des rivalités entre ministères (Trésor, Commerce, Justice) pour en prendre le contrôle.
Les États-Unis possèdent environ 328 372 BTC, pour une valeur d’environ 20,5 milliards de dollars au cours actuel.