L’astronaute française Sophie Adenot et son homologue américaine Jessica Meir ont entamé, ce mardi 1er septembre 2026 à 14h30 (heure française), une sortie extravéhiculaire depuis la Station spatiale internationale (ISS). Selon Franceinfo - Sciences, cette opération, entièrement féminine, marque la troisième sortie en trois semaines pour la Française, qui devient ainsi la première femme à enchaîner autant de missions extravéhiculaires en si peu de temps. La sortie, d’une durée estimée à 6h30, a pour objectif principal le remplacement d’un rétroréflecteur et d’une caméra haute définition, ainsi que la préparation de câbles pour de futures interventions.
Ce qu'il faut retenir
- Sophie Adenot, première Française à réaliser une sortie spatiale le 18 août 2026, effectue sa troisième sortie extravéhiculaire en trois semaines.
- Cette mission, menée aux côtés de l’Américaine Jessica Meir, est la 7e sortie 100% féminine de l’histoire de l’ISS, sur un total de 284 opérations extravéhiculaires.
- Les astronautes doivent remplacer un rétroréflecteur, utilisé pour guider les engins spatiaux en approche, et une caméra haute définition sur la poutre de l’ISS.
- Sophie Adenot occupe pour la première fois le rôle de membre d’équipage numéro un (EV1), une fonction habituellement réservée au leader de la sortie.
- La sortie, diffusée en direct par la Nasa et l’Agence spatiale européenne, est visible sur les plateformes de l’ISS.
Une sortie historique pour Sophie Adenot et Jessica Meir
Sophie Adenot, pilote d’essais et ingénieure française, est devenue la première Française à s’aventurer dans le vide spatial lors de sa première sortie extravéhiculaire le 18 août 2026. Une semaine plus tard, le 25 août, elle avait déjà effectué une deuxième mission aux côtés de l’Américain Anil Menon pour achever l’installation d’une antenne défectueuse. Ce mardi, elle réalise sa troisième sortie, cette fois-ci en binôme avec Jessica Meir, avec qui elle avait décollé vers l’ISS en février 2026. Selon Franceinfo - Sciences, les deux astronautes entretiennent une relation de confiance, forgée par des mois d’entraînement et de vie commune à bord de l’ISS. « C’est quelqu’un avec qui j’ai beaucoup de connexions scientifiques. C’est une femme extraordinaire », avait déclaré Sophie Adenot lors d’une conférence de presse avant son départ.
Cette sortie extravéhiculaire s’inscrit dans une dynamique de féminisation progressive des missions spatiales. Jessica Meir, astronaute américaine d’origine suédoise, avait déjà participé à la première sortie 100% féminine en 2019, aux côtés de Christina Koch. Cette dernière s’est illustrée en 2026 en tant que membre de la mission Artemis II, qui a effectué un survol de la Lune sans s’y poser. « La première sortie entièrement féminine a marqué un tournant, mais ces opérations restent rares », rappelle Franceinfo - Sciences.
Des objectifs techniques précis pour cette mission
Les deux astronautes doivent effectuer plusieurs tâches techniques lors de leur sortie extravéhiculaire. Leur mission principale consiste à remplacer un rétroréflecteur, un équipement situé sur le module Harmony de l’ISS et destiné à faciliter la navigation des véhicules spatiaux lors des opérations de rendez-vous et d’amarrage. « Cet équipement permet de guider les engins approchant la station, ce qui est essentiel pour la sécurité des opérations », explique le Centre national d’études spatiales (Cnes), cité par Franceinfo - Sciences.
En complément, Sophie Adenot et Jessica Meir installeront des câbles de raccordement pour des systèmes de relais de données, prépareront du matériel en vue d’une future maintenance, et remplaceront une caméra haute définition située sur la poutre de l’ISS. Ces opérations, d’une durée totale de six heures et demie, sont suivies en temps réel par les équipes de la Nasa et de l’Agence spatiale européenne. Selon les dernières informations, la sortie a débuté comme prévu à 14h30, avec Sophie Adenot en position de leader, reconnaissable aux bandes rouges présentes sur sa combinaison.
Une rareté dans l’histoire de l’ISS
Avec seulement six sorties 100% féminines recensées sur les 284 opérations extravéhiculaires réalisées depuis 1998, les missions entièrement féminines restent une exception dans l’histoire de l’ISS. « Ces sorties sont rares, mais leur fréquence commence à augmenter », souligne Franceinfo - Sciences. La première de ces opérations avait eu lieu en 2019, lorsque Christina Koch et Jessica Meir avaient effectué une sortie extravéhiculaire ensemble. Depuis, seulement cinq autres binômes entièrement féminins ont répété l’exploit, dont celui formé par Sophie Adenot et Jessica Meir aujourd’hui.
Cette rareté s’explique en partie par la taille des scaphandres, souvent trop grands pour les femmes astronautes. Cependant, les nouvelles combinaisons développées pour le programme Artemis, destinées à permettre des missions lunaires, ont été conçues pour s’adapter à la morphologie féminine. « Il faut agrandir la poitrine, réduire la largeur des épaules et élargir les hanches », avait expliqué Sabrina Thompson, ingénieure à la Nasa, dans une interview accordée à la chaîne CNBC en 2022. Ces évolutions pourraient faciliter l’accès des femmes à des missions extravéhiculaires plus fréquentes à l’avenir.
Côté calendrier, la prochaine grande échéance pour l’ISS reste la mission Crew-9, dont le lancement est prévu pour la fin du mois de septembre 2026. Cette mission devrait permettre un nouveau roulement d’équipage à bord de la station, avec l’arrivée de quatre nouveaux astronautes. Quant à Sophie Adenot et Jessica Meir, leur retour sur Terre n’est pas encore programmé, mais il pourrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026, selon les plans de la Nasa.
Plusieurs facteurs expliquent cette rareté. Historiquement, les équipages de l’ISS ont été majoritairement masculins, et les combinaisons spatiales, conçues à l’origine pour des morphologies masculines, posaient problème pour les femmes. Les nouvelles combinaisons, comme celles développées pour le programme Artemis, sont désormais plus adaptées. Par ailleurs, la planification des sorties dépend des besoins techniques et des priorités scientifiques, qui ne sont pas toujours alignés avec des binômes entièrement féminins.
Après cette troisième sortie extravéhiculaire, Sophie Adenot devrait continuer à participer aux activités scientifiques et techniques à bord de l’ISS. Si la mission se déroule comme prévu, elle pourrait effectuer d’autres sorties dans les semaines ou mois à venir, selon les besoins de la station. Son retour sur Terre n’est pas encore programmé, mais il pourrait intervenir d’ici la fin de l’année 2026.