Alors que la course à l'intelligence artificielle se concentre souvent sur les processeurs graphiques (GPU) ou les puces mémoire, un acteur discret mais essentiel s'impose comme un maillon clé de cette révolution technologique. Selon Cryptoast, STMicroelectronics, géant franco-italien des semi-conducteurs, alimente l'infrastructure des datacenters en fournissant la conversion de puissance, la gestion thermique et la connectivité optique. Une position stratégique qui lui a valu d'être la meilleure performance du CAC 40 en 2026, avec une progression de plus de 132 % en un an.

Ce qu'il faut retenir

  • STMicroelectronics, leader européen des semi-conducteurs, affiche une performance de +132 % sur un an et devient la meilleure valeur du CAC 40 en 2026
  • L'entreprise se positionne comme fournisseur clé de l'infrastructure IA, avec des revenus visés à plus de 500 millions de dollars en 2026 et plus d'1 milliard en 2027
  • Ses technologies, comme la photonique sur silicium, répondent aux enjeux de débit et de consommation énergétique des datacenters
  • Cotée sous le ticker STMPA à Euronext Paris, l'action est éligible au PEA, offrant un avantage fiscal après cinq ans de détention

Un géant industriel aux racines européennes renforcées par l'IA

Fondé en 1987 par la fusion entre l'italien SGS Microelettronica et la branche semi-conducteurs du français Thomson, STMicroelectronics est aujourd'hui l'un des principaux fabricants européens de puces. Selon Cryptoast, le groupe emploie environ 48 000 personnes et figure parmi les valeurs du CAC 40. Son modèle intégré, qui combine conception et fabrication – notamment dans son usine de Crolles en France –, le distingue des acteurs dits « fabless » qui externalisent leur production.

Ses activités couvrent plusieurs domaines : semi-conducteurs de puissance (carbure de silicium, nitrure de gallium), microcontrôleurs (famille STM32), capteurs MEMS, et technologies de connectivité. Longtemps ancré dans l'automobile, l'industrie et l'électronique grand public, le groupe intègre désormais l'intelligence artificielle comme nouveau relais de croissance. « STMicroelectronics ne fabrique ni GPU ni puces mémoire, mais fournit l'infrastructure qui les rend exploitables », explique Cryptoast.

Une exposition à l'IA qui s'appuie sur des contrats concrets

Selon Cryptoast, l'entreprise mise sur trois piliers pour son développement dans l'IA : la conversion de puissance, la gestion thermique et la connectivité optique. Un positionnement qui se concrétise par des partenariats stratégiques. En 2026, STMicroelectronics a signé un accord pluriannuel de plusieurs milliards de dollars avec Amazon Web Services (AWS), l'un des leaders mondiaux du cloud. Cet engagement s'inscrit dans un contexte français particulièrement favorable : lors du sommet Choose France de juin 2026, le pays a enregistré 93 milliards d'euros de promesses d'investissements étrangers, dont une grande partie dédiée à l'IA.

Un autre exemple marquant est le projet de SoftBank, qui prévoit d'investir jusqu'à 75 milliards d'euros dans des centres de données dans les Hauts-de-France, en collaboration avec Schneider Electric. Ces investissements s'appuient sur un atout français : un mix électrique dominé par le nucléaire, garantissant une énergie décarbonée et pilotable pour des infrastructures gourmandes en électricité.

La photonique sur silicium, une innovation clé pour l'avenir des datacenters

Parmi les technologies développées par STMicroelectronics, la photonique sur silicium se distingue comme un levier majeur. Cette approche consiste à transmettre les données par la lumière plutôt que par des signaux électriques, une solution cruciale pour répondre aux besoins croissants en débit et en efficacité énergétique des datacenters. Le PIC100, premier circuit photonique intégré de l'entreprise, permet d'atteindre un débit de 200 Gbit/s par voie et sert de base aux modules optiques de nouvelle génération (800 Gbit/s et 1,6 Tbit/s).

Selon Cryptoast, la production de masse du PIC100 a débuté en mars 2026 sur des plaquettes de 300 mm à Crolles, co-développé avec AWS. L'objectif est de quadrupler les capacités de production d'ici 2027. « Cette technologie résout l'un des principaux goulots d'étranglement de l'IA : la saturation des liaisons en cuivre dans les infrastructures », souligne l'article.

Arguments pour et contre un investissement dans STMicroelectronics

Selon Cryptoast, plusieurs éléments plaident en faveur de l'action STMicroelectronics. D'abord, son exposition crédible à l'IA, avec des revenus datacenters visés à plus d'1 milliard de dollars en 2027, soutenus par des contrats déjà signés. Ensuite, son modèle intégré et souverain, qui en fait un acteur stratégique dans un contexte géopolitique tendu. Enfin, ses positions de leader sur des marchés porteurs comme le carbure de silicium (véhicules électriques) et les microcontrôleurs.

Cependant, des risques subsistent. La valorisation de l'action a déjà beaucoup progressé : à 63,36 € le 6 juillet 2026, son cours intègre une grande partie de la reprise cyclique et de la dynamique IA. À 23 fois les bénéfices attendus, la marge d'erreur est réduite. De plus, l'IA ne représente encore qu'une fraction modeste du chiffre d'affaires global de l'entreprise. Enfin, STMicroelectronics est exposée aux variations du taux de change EUR/USD, ses ventes étant majoritairement libellées en dollars.

Comment investir dans STMicroelectronics ?

L'action STMicroelectronics, cotée sous le ticker STMPA à Euronext Paris, est éligible au Plan d'Épargne en Actions (PEA). Plusieurs plateformes permettent de l'acquérir, avec des frais variables. Trade Republic propose un achat via PEA avec des frais de 1 € par opération et un dépôt minimum de 1 €. XTB offre des frais nuls jusqu'à 100 000 €/mois, puis 0,20 %, tandis qu'Interactive Brokers ne facture que le spread. Pour ceux qui ne disposent plus de capacité PEA, Revolut permet d'acheter l'action via un Compte-Titres Ordinaire avec des frais de 0,25 % par opération.

À noter : Revolut n'est pas éligible au PEA, mais peut être une solution pratique si le plafond du plan est atteint. « Investir comporte des risques de perte en capital », rappelle Cryptoast.

Et maintenant ?

Le prochain rendez-vous clé pour STMicroelectronics aura lieu le 23 juillet 2026, lors de la publication de ses résultats trimestriels. Ce rapport pourrait apporter des éclaircissements sur la durabilité de la reprise dans l'automobile et l'industrie, ainsi que sur l'évolution réelle des revenus liés aux datacenters. Par ailleurs, l'entreprise devra confirmer la montée en puissance de sa production de photonique sur silicium, un segment dont les retombées se joueront sur plusieurs années.

À plus long terme, la trajectoire de STMicroelectronics dépendra de sa capacité à maintenir son avance technologique face à des concurrents comme Infineon, Wolfspeed ou ON Semiconductor. Dans un secteur aussi concurrentiel, chaque innovation – comme le PIC100 – sera déterminante pour justifier une valorisation toujours plus élevée.

Questions fréquentes sur STMicroelectronics

Oui. STMicroelectronics est cotée à Euronext Paris sous le ticker STMPA et constitue une société de droit européen, ce qui la rend éligible au Plan d'Épargne en Actions (PEA). Cette éligibilité permet de bénéficier d'un cadre fiscal avantageux après cinq ans de détention.

Sa performance record s'explique par deux moteurs : une reprise cyclique de ses marchés historiques (automobile, industrie) après une année 2025 difficile, et l'émergence de l'IA comme nouveau relais de croissance. Selon Cryptoast, les revenus liés aux datacenters devraient atteindre plus de 500 millions de dollars en 2026 et plus d'1 milliard en 2027.