Un artiste américain, Jim « Aku » Brimstone, s’est distingué ces dernières années en convertissant des morceaux cultes du metal et du rock en versions MIDI sonnant comme les bandes originales du jeu Doom, sorti en 1993. Selon Numerama, cette démarche originale repose sur l’utilisation du soundfont du jeu, une banque de sons rétro caractéristique des années 90.
Ce qu'il faut retenir
- Un musicien américain, Jim « Aku » Brimstone, réinterprète des titres de rock et de metal en MIDI avec le style sonore de Doom depuis 2023.
- Son travail utilise le soundfont du jeu vidéo, qui reproduit les instruments emblématiques des années 90.
- Plus de 3 000 reprises sont disponibles sur sa chaîne YouTube et sa plateforme Bandcamp, couvrant des artistes comme Metallica, Nirvana ou Black Sabbath.
- L’artiste collabore avec l’illustrateur reddvoid pour les pochettes de ses projets, visibles sur Instagram.
- Doom lui-même s’est inspiré de morceaux de metal, créant ainsi un lien artistique entre le jeu et ses reprises.
Jim « Aku » Brimstone, musicien basé aux États-Unis, a développé une méthode unique pour revisiter les grands classiques du rock et du metal. Plutôt que de se contenter de simples reprises acoustiques ou électriques, il transforme ces morceaux en fichiers MIDI joués avec les sons typiques de Doom, un jeu vidéo culte des années 90. Cette approche repose sur une technique précise : le soundfont, une bibliothèque de sons virtuels utilisée par les musiciens pour simuler des instruments.
Comme l’explique Numerama, un fichier MIDI ne contient pas d’enregistrement audio, mais uniquement des instructions — notes, rythme, instruments — destinées à être jouées par un synthétiseur. Le soundfont de Doom, créé à partir des instruments de la bande originale du jeu, offre une signature sonore immédiatement reconnaissable, marquée par des synthétiseurs et des guitares saturées. « C’est une façon de donner une nouvelle vie à ces morceaux tout en restant fidèle à l’esprit rétro de Doom », a déclaré l’artiste.
Depuis 2023, Jim « Aku » Brimstone a publié des milliers de reprises, allant de groupes mythiques comme Metallica, Nirvana, Alice in Chains ou Black Sabbath, jusqu’à des artistes pop comme Michael Jackson ou Oasis. Ses interprétations MIDI sont disponibles sur sa chaîne YouTube, Jim’s Music Dungeon, ainsi que sur sa page Bandcamp, où il propose également des compositions originales de metal instrumental. « Ces reprises ne sont pas de simples copies, mais des réinterprétations qui jouent avec les limites du format MIDI », a précisé l’artiste.
Le choix du soundfont de Doom n’est pas anodin. Composée par Robert Prince, la bande originale du jeu s’inspirait elle-même de morceaux de metal, voire reprenait directement certains riffs sans modification. Cette connexion artistique a poussé Jim « Aku » Brimstone à prolonger cette tradition en transformant des titres modernes en musiques dignes du premier Doom. « On pourrait dire que c’est une boucle créative, où la musique du jeu influence aujourd’hui les reprises de morceaux actuels », souligne Numerama.
Pour compléter ses projets, l’artiste collabore avec l’illustrateur reddvoid, connu pour ses œuvres dans l’univers du jeu vidéo. Ensemble, ils créent les pochettes des albums et des singles de Jim « Aku » Brimstone, disponibles sur son compte Instagram, Doomguy’s Disc Dungeon. Ces visuels, souvent inspirés par l’esthétique rétro de Doom, ajoutent une touche visuelle forte à ses productions musicales.
Parmi les titres les plus marquants de sa discographie, on trouve une version « Doom » de Smells Like Teen Spirit de Nirvana, intitulée Smells Like Doom Spirit. Ce morceau, comme d’autres, illustre parfaitement la fusion entre le rock des années 90 et le style sonore du jeu. « Ces reprises permettent de redécouvrir des classiques sous un angle différent, presque comme si on les écoutait dans un autre jeu vidéo », explique Numerama.
Jim « Aku » Brimstone ne se limite pas au metal et au rock. Il a également exploré d’autres genres, comme la pop ou le rock alternatif, toujours avec le même soundfont. Ses versions de Billie Jean de Michael Jackson ou de Wonderwall d’Oasis démontrent la polyvalence de sa méthode. « Peu importe le genre musical, le MIDI avec le soundfont de Doom apporte une touche unique et reconnaissable », a-t-il indiqué.
Sur Bandcamp, l’artiste partage non seulement ses reprises, mais aussi des compositions originales. Ces morceaux, entièrement créés en MIDI avec les sons de Doom, montrent comment un outil rétro peut servir une démarche moderne. « C’est une façon de repousser les limites de la production musicale tout en célébrant l’héritage de Doom », a-t-il ajouté.
Cette démarche artistique rappelle que la musique, sous toutes ses formes, reste un terrain d’expérimentation sans fin. Que ce soit à travers des reprises, des mashups ou des réinterprétations technologiques, les musiciens continuent de surprendre en réinventant l’héritage musical des décennies passées.
Un fichier MIDI contient des données brutes — notes, rythme, instruments — qui doivent être interprétées par un synthétiseur. Le soundfont de Doom agit comme un dictionnaire : il associe chaque note MIDI à un son spécifique (guitare saturée, synthétiseur, etc.) tel qu’il apparaît dans le jeu original. Ainsi, quand un morceau est converti en MIDI, le soundfont permet de le rejouer avec les sons emblématiques de Doom.
Ses reprises sont disponibles sur sa chaîne YouTube, Jim’s Music Dungeon, ainsi que sur sa page Bandcamp. Les visuels et pochettes de ses projets sont partagés sur son compte Instagram, Doomguy’s Disc Dungeon.