Entre 2020 et juillet 2026, Stéphane Pelizzardi occupait le poste de directeur général des services (DGS) de la ville de La Teste-de-Buch. Selon Le Figaro, l’élu a détourné l’équivalent de 46 222,93 € des finances communales pour régler les charges courantes de son logement de fonction, situé villa Vauzelle. Une somme qui a été indûment prélevée entre ses consommations d’électricité, de gaz, les taxes d’ordures ménagères et les frais de gardiennage.
Ce qu'il faut retenir
- Stéphane Pelizzardi, ancien DGS de La Teste-de-Buch, a financé 46 222,93 € de charges liées à son logement de fonction avec l’argent de la commune entre 2020 et mars 2026.
- L’ex-maire Patrick Davet a découvert ces agissements en fin de mandat, après cinq années de dissimulation selon ses déclarations.
- Un accord transactionnel signé le 27 mars 2026 prévoyait un remboursement intégral sous un mois, mais cette somme n’a pas encore été restituée.
- Le nouveau maire, Thierry Gouaichault, élu en mars 2026, a hérité du dossier et s’interroge sur les raisons d’une telle opacité.
- Contacté par Le Figaro, Stéphane Pelizzardi n’a pas répondu à nos sollicitations malgré ses fonctions toujours en cours.
Cinq années de détournements masqués par la gestion des ressources humaines
D’après les informations recueillies par Le Figaro, Stéphane Pelizzardi aurait bénéficié d’un logement de fonction et d’un véhicule attribués par la commune de La Teste-de-Buch. Pendant cinq ans, il a fait supporter à la collectivité les frais courants de son domicile, pourtant censés incomber à l’occupant. Les factures d’électricité, de gaz, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères ainsi que les frais de gardiennage ont ainsi été réglés par la mairie, sans que ces dépenses ne soient justifiées par son statut.
Selon Sud-Ouest, confirmant les données transmises au Figaro, le montant total des sommes détournées s’élève à 46 222,93 €. Une somme qui, d’après les éléments disponibles, n’a jamais été signalée aux services de contrôle avant la fin du mandat de l’ancien maire Patrick Davet.
L’ancien maire se dit « trompé et trahi » par son ancien collaborateur
Patrick Davet, qui a dirigé la ville jusqu’en juillet 2026, affirme avoir découvert ces agissements en fin de mandat. Dans un entretien accordé à Le Figaro, il explique avoir été mis au courant à la faveur d’un désaccord avec Stéphane Pelizzardi, alors que sa compagne occupait un poste au sein des ressources humaines de la commune. « Ses agissements m’avaient été cachés par sa compagne, qui gère les ressources humaines. Le lien entre un DGS et un maire est très fort, je suis peiné d’avoir été trompé et trahi », déclare-t-il. L’élu a immédiatement saisi la direction des finances publiques pour obtenir un avis juridique et a engagé les démarches nécessaires pour faire cesser ces pratiques.
Ce témoignage souligne les tensions internes à l’équipe municipale et l’importance du contrôle des dépenses engagées au nom de la collectivité. D’autant que, dans une petite commune comme La Teste-de-Buch, la confiance accordée aux cadres dirigeants revêt une dimension particulière, tant sur le plan professionnel que personnel.
Un protocole transactionnel signé… mais non honoré
Pour régulariser la situation, un accord transactionnel a été signé le 27 mars 2026 entre la mairie et Stéphane Pelizzardi. Cet accord prévoyait que l’ancien DGS s’engage à rembourser l’intégralité de la somme dans un délai d’un mois. Or, selon les informations du Figaro, cette somme n’a toujours pas été restituée à ce jour. Le litige entre l’ancien cadre municipal et la commune reste donc en suspens, malgré les engagements pris.
Cette situation interroge sur l’efficacité des mécanismes de contrôle interne dans les collectivités locales, mais aussi sur la rapidité des procédures de recouvrement des fonds détournés. Le fait que Stéphane Pelizzardi soit toujours en poste, bien que son rôle doive évoluer dans les mois à venir, ajoute une dimension supplémentaire à cette affaire.
Le nouveau maire face à un dossier épineux
Thierry Gouaichault, élu maire de La Teste-de-Buch en mars 2026, a hérité du dossier Pelizzardi dès le début de son mandat. Lors d’un entretien accordé à Le Figaro, il reconnaît avoir été informé de cette affaire pendant la campagne électorale. « J’en avais entendu parler durant la campagne et j’en ai pris acte. Je me suis retrouvé avec le dossier dans les mains au début de mon mandat », explique-t-il. Tout en reconnaissant la complexité du sujet, il s’interroge sur les raisons d’une telle opacité. « J’ai beau retourner le dossier dans tous les sens, je ne le comprends pas. Ce n’est définitivement pas très sain. Quand on ne paie ni eau ni électricité, il faut se poser des questions », souligne-t-il.
Cette déclaration illustre les défis auxquels sont confrontés les nouveaux élus locaux lorsqu’ils reprennent en main des dossiers sensibles laissés par leurs prédécesseurs. Elle révèle aussi une certaine perplexité face à un système qui a permis, pendant cinq ans, de financer des dépenses personnelles avec l’argent public sans alerte préalable.
Cette affaire rappelle l’importance du contrôle des dépenses publiques et de la transparence dans la gestion des collectivités. Elle soulève également la question de la responsabilité des cadres territoriaux, dont les agissements peuvent avoir un impact direct sur les finances locales. Dans un contexte où les budgets municipaux sont souvent serrés, chaque euro détourné représente une perte pour les services publics et les projets de la ville.
La mairie de La Teste-de-Buch, représentée par le maire Thierry Gouaichault, a indiqué que la régularisation de cette somme devait intervenir « au plus vite ». Aucune date précise n’a été communiquée, mais l’ancien DGS, Stéphane Pelizzardi, reste tenu par l’accord transactionnel signé le 27 mars 2026. En cas de non-respect de cet engagement, la commune pourrait engager des poursuites judiciaires pour récupérer les fonds indûment perçus.
Oui, Stéphane Pelizzardi occupe toujours ses fonctions au sein de la mairie de La Teste-de-Buch. Cependant, selon le nouveau maire Thierry Gouaichault, son poste est appelé à évoluer dans les mois à venir. Aucune précision n’a été donnée sur la nature exacte de ce changement ou sur un éventuel départ.