Près de quarante-cinq ans après sa création, le deuxième long-métrage d’Iván Zulueta, réalisateur espagnol emblématique, connaît une résurrection inattendue. Arrebato, œuvre expérimentale et avant-gardiste centrée sur un réalisateur de films d’horreur vampirisé par sa propre création, refait surface dans les salles françaises. Comme le rapporte Libération, ce film, longtemps considéré comme un objet cinématographique marginal, retrouve une visibilité grâce à une ressortie en salles programmée à l’automne 2026.

Ce qu'il faut retenir

  • «Arrebato», réalisé par Iván Zulueta en 1973, est un film expérimental espagnol souvent cité pour son approche visionnaire du cinéma d’horreur.
  • Le scénario suit un réalisateur dont le tournage est perturbé par des phénomènes étranges, évoquant une métaphore de la création artistique et de ses dangers.
  • Quarante-trois ans après sa première sortie, le film ressort en salles en France à l’automne 2026, offrant une nouvelle génération de spectateurs l’opportunité de découvrir cette œuvre culte.
  • Considéré comme un précurseur du cinéma fantastique espagnol, Arrebato a marqué son époque par son esthétique unique et son atmosphère onirique.

Une œuvre expérimentale et méconnue

Sorti initialement en 1973, Arrebato s’inscrit dans un courant cinématographique espagnol encore peu exploré à l’époque. Iván Zulueta, figure majeure du cinéma expérimental ibérique, y explore les frontières entre réalité et fiction, entre création et destruction. Selon nos confrères de Libération, le film se distingue par une narration non linéaire et une imagerie volontairement déstabilisante, typique de l’approche avant-gardiste de son réalisateur.

L’intrigue, centrée sur un réalisateur de films d’horreur dont le tournage bascule dans l’étrange, est souvent interprétée comme une allégorie des pièges de la création artistique. Le titre même, Arrebato – qui signifie « enlèvement » ou « rapt » en espagnol –, évoque une idée de perte de contrôle, thème récurrent dans l’œuvre de Zulueta. Autant dire que le film ne laisse pas indifférent : soit il fascine par son audace, soit il déroute par son abstraction.

Un réalisateur visionnaire et marginal

Iván Zulueta (1943-2009) reste une figure méconnue en dehors des cercles cinéphiles, malgré son influence sur plusieurs générations de cinéastes. D’origine basque, il a marqué l’histoire du cinéma espagnol par son approche expérimentale, loin des conventions narratives et esthétiques de l’époque. Arrebato est souvent cité comme son œuvre la plus aboutie, bien que Zulueta ait également travaillé comme photographe et designer, collaborant même avec des artistes comme Pedro Almodóvar dans ses débuts.

Son cinéma, à la fois poétique et subversif, a inspiré des réalisateurs comme Álex de la Iglesia ou même Quentin Tarantino, qui a salué l’audace de Arrebato. Pourtant, le film est resté longtemps inaccessible au grand public, disponible uniquement dans des cercles restreints ou via des copies piratées. Sa ressortie en salles représente donc une opportunité rare de redécouvrir cette pépite du cinéma underground.

Une redécouverte attendue par les cinéphiles

La ressortie de Arrebato en France s’inscrit dans un mouvement plus large de réhabilitation des films expérimentaux et marginaux. Des salles spécialisées comme le Grand Action à Paris ou la Filmothèque du Quartier Latin devraient programmer le film dès l’automne 2026, selon les annonces relayées par Libération. Une sortie en version restaurée, avec un nouveau master numérique, est également envisagée pour l’occasion.

Pour les amateurs de cinéma d’auteur, cette occasion est d’autant plus précieuse que Arrebato n’a jamais bénéficié d’une édition en Blu-ray ou DVD officielle en France. Les projections seront donc l’un des rares moyens de découvrir le film dans des conditions optimales. Un événement qui devrait attirer autant les puristes que les néophytes curieux de comprendre les racines du cinéma fantastique moderne.

Et maintenant ?

Si la ressortie de Arrebato en France semble acquise pour l’automne 2026, la question d’une diffusion plus large en Europe reste en suspens. Les ayants droit du film, souvent sollicités pour des restaurations de classiques du cinéma, pourraient envisager une édition internationale, notamment dans les pays où Zulueta est déjà reconnu. Une sortie en VOD ou en streaming pourrait également être envisagée, mais aucune annonce officielle n’a encore été faite à ce sujet.

Reste à voir si ce film, né dans l’Espagne franquiste des années 1970, trouvera un écho auprès du public contemporain. Son mélange de psychédélisme, de fantastique et de réflexion sur l’art pourrait-il séduire une nouvelle génération de spectateurs ? La réponse dépendra en grande partie de la façon dont les salles mettront en valeur cette œuvre exigeante mais fascinante.

Selon Libération, le film devrait être projeté dès l’automne 2026 dans des salles spécialisées comme le Grand Action à Paris ou la Filmothèque du Quartier Latin. Une sortie en version restaurée est également envisagée.