Les montres connectées se contentent généralement de compter les pas, de surveiller le sommeil ou d’alerter sur des variations du rythme cardiaque. Une jeune entreprise, Atlas, propose désormais d’aller plus loin en analysant directement l’activité cérébrale grâce à un dispositif miniature, l’Atlas 1.0, rapportent nos confrères du Journal du Geek.
Ce qu'il faut retenir
- L’Atlas 1.0 est un capteur discret se fixant derrière l’oreille, analysant les ondes cérébrales (EEG), l’activité électrodermale et les mouvements.
- L’appareil ne capture pas les conversations, mais étudie l’activité liée à la parole pour évaluer l’état mental de l’utilisateur.
- L’application associée, disponible uniquement sur iOS, affiche trois indicateurs : la présence, le stress et l’effort mental (« Energy Burn »).
- Le produit mesure l’activité cérébrale en mouvement, et non pas uniquement en situation de repos ou de méditation.
- Fondée en 2021 par les neuroscientifiques Ana Montero et André Marques-Smith, l’entreprise s’appuie sur plus de 500 000 enregistrements cérébraux collectés en conditions réelles.
- Le prix de l’Atlas 1.0 s’élève à 499 dollars en précommande, avec un abonnement obligatoire de 30 dollars par mois pour accéder aux analyses personnalisées.
Contrairement aux objets connectés classiques, l’Atlas 1.0 ne se contente pas de mesurer des paramètres physiques. Le dispositif, collé derrière l’oreille à l’aide d’un adhésif, enregistre plusieurs signaux simultanément : les ondes cérébrales via un électroencéphalogramme (EEG), l’activité électrodermale de la peau, les mouvements et même la signature vocale. Autant dire qu’il s’agit d’une approche bien plus ambitieuse que la simple quantification des pas ou des calories brûlées.
Un point crucial est précisé par la société : l’Atlas 1.0 ne capte pas le contenu des conversations. Il analyse uniquement l’activité liée à la parole pour évaluer l’état mental de l’utilisateur. « Porter un capteur qui s’intéresse à la voix peut rapidement susciter des interrogations », reconnaît l’entreprise, qui insiste sur cette distinction pour rassurer les futurs utilisateurs. L’objectif n’est pas d’espionner, mais d’offrir une compréhension fine de son propre fonctionnement cérébral.
Une application pour décrypter son état mental en temps réel
L’application compagnon, disponible uniquement sur iOS pour l’instant, propose une interface centrée sur trois indicateurs principaux : la présence, le stress et l’intensité de l’effort mental, baptisé « Energy Burn ». L’utilisateur peut associer ces données à ses activités quotidiennes – travail, sport, repas en famille, trajet ou réunion – afin d’identifier ce qui favorise sa concentration, son bien-être ou, à l’inverse, ce qui le fatigue ou le stresse.
Les questions posées sont concrètes : était-on réellement « présent » lors d’un dîner avec des proches ? Travailler sous pression améliore-t-il la productivité ? Un footing apporte-t-il surtout de la performance ou du soulagement ? Atlas ne prétend pas fournir de réponses universelles, mais propose des éléments de réflexion pour que chacun puisse ajuster son quotidien en fonction de ces observations.
Mesurer le cerveau en mouvement, un défi technologique relevé
Selon l’entreprise, le principal défi technique consistait à mesurer l’activité cérébrale non pas uniquement en situation de repos, de méditation ou devant un écran, mais aussi en mouvement. L’Atlas 1.0 est conçu pour fonctionner lors de la marche, d’une conversation, d’un trajet en voiture, d’une séance de sport ou même en utilisant son téléphone. Cette capacité à capturer des données « en conditions réelles » est présentée comme un atout majeur par les fondateurs.
Fondée en 2021 par les neuroscientifiques Ana Montero et André Marques-Smith, Atlas s’appuie sur plus de 500 000 enregistrements cérébraux collectés en situations variées. Ces données alimentent des algorithmes censés apprendre, avec le temps, à identifier les habitudes, les lieux et les situations qui influencent l’état mental de chaque utilisateur. Ana Montero souligne que certains moments importants de la vie deviennent ainsi mesurables, tandis qu’André Marques-Smith met en avant la qualité des données recueillies en mouvement, supérieure à celles obtenues en laboratoire.
« Certains moments importants de la vie deviennent désormais mesurables. » — Ana Montero, cofondatrice d’Atlas
« La qualité des données en mouvement est bien supérieure à celle que l’on obtient en laboratoire. » — André Marques-Smith, cofondateur d’Atlas
L’entreprise présente son produit comme un outil de connaissance de soi, sans prétendre remplacer l’introspection ou l’expérience personnelle. Reste à savoir si ces données brutes, transformées en indicateurs, apporteront une réelle valeur ajoutée au quotidien.
Un investissement conséquent pour une technologie encore émergente
L’Atlas 1.0 n’est pas accessible à tous les budgets. En précommande, le capteur est proposé à 499 dollars, tandis qu’un abonnement mensuel de 30 dollars est obligatoire pour accéder aux adhésifs de rechange, à l’application et aux analyses personnalisées. Ce coût pourrait freiner son adoption, d’autant que la technologie reste récente et que son utilité réelle sur le long terme reste à démontrer.
Pour certains, il s’agira d’un gadget de plus, d’autres y verront un outil précieux pour mieux gérer leur énergie mentale et leur bien-être. Comme le rappelle l’entreprise, un capteur peut aider à mieux se comprendre, mais il ne remplace pas le recul personnel. La question reste ouverte : ces données seront-elles une aide ou une source de stress supplémentaire ?
Pour l’instant, Atlas mise sur une technologie encore jeune, mais qui pourrait, à terme, s’imposer comme un nouveau standard pour ceux qui cherchent à optimiser leur performance mentale. Reste à voir si les utilisateurs seront prêts à porter en permanence ce petit capteur derrière l’oreille, et à lui accorder une telle confiance.
Non, selon l’entreprise, l’Atlas 1.0 n’enregistre pas les conversations. Il analyse uniquement l’activité liée à la parole pour évaluer l’état mental de l’utilisateur, sans capturer le contenu des échanges.