Le gouvernement met en garde contre les risques d’une absence de budget pour 2027. Sur le plateau de TF1 ce mardi 1er septembre 2026, le ministre des Comptes publics, David Amiel, a alerté les oppositions sur les conséquences d’une telle situation. Selon lui, ne pas voter de loi de finances coûterait « au minimum **15 milliards d’euros** » au pays, une estimation basée sur une étude de l’Inspection générale des finances (IGF).
Le locataire de Bercy n’a pas caché son inquiétude face à la tentation de certains partis de censurer le gouvernement. Pour le ministre, une absence de budget serait « une catastrophe » pour l’économie française, alors que les taux d’intérêt nationaux atteignent des niveaux comparables à ceux de la crise financière de 2008-2009. Une aggravation du déficit, déjà proche de **5 %** cette année, enverrait un signal dangereux aux marchés, a-t-il souligné.
Ce qu'il faut retenir
- Une absence de budget 2027 coûterait « au minimum **15 milliards d’euros** » à la France, selon une étude de l’Inspection générale des finances.
- David Amiel a rappelé que le déficit public doit rester sous les **5 %** pour éviter une dégradation de la note française.
- Le ministre a évoqué des pistes pour y parvenir, comme la maîtrise des dépenses des collectivités territoriales et la lutte contre l’inflation des arrêts de travail.
- La facturation électronique, entrée en vigueur le 1er septembre 2026, concerne déjà « deux tiers des entreprises » et vise à réduire les délais de paiement et la paperasse.
Un déficit sous contrôle : un objectif ambitieux dans un contexte politique tendu
David Amiel a affiché son ambition de ramener le déficit public « en dessous des **5 %** », un niveau proche de l’objectif fixé pour 2026. Une gageure dans un contexte marqué par l’absence de majorité absolue à l’Assemblée nationale. Pour le ministre, une dégradation supplémentaire du déficit enverrait un mauvais signal aux investisseurs, alors que les taux d’intérêt français flirtent avec ceux de la crise de 2008. « Les taux d’intérêt français sont au même niveau que lors de la crise financière de 2008-2009 », a-t-il rappelé, soulignant la nécessité de tenir cette trajectoire.
Pour y parvenir, plusieurs leviers sont envisagés. Côté dépenses, David Amiel a pointé du doigt l’inflation des arrêts de travail, un sujet sur lequel plusieurs personnalités politiques, dont l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, souhaitent agir. Le ministre des Comptes publics a également appelé les collectivités territoriales à modérer leurs dépenses de fonctionnement, limitées à une hausse « au plus égale à l’inflation ».
Recettes et réformes : des arbitrages complexes en vue
Côté recettes, le gouvernement reste prudent. Si David Amiel a reconnu la « légitimité » de la demande du patronat concernant la suppression de la surtaxe sur les entreprises, il s’est interrogé sur les modalités de financement d’une telle mesure. « Quels financements ? », a-t-il lancé, sans trancher. Cette prudence s’explique par la nécessité de préserver les marges de manœuvre budgétaires dans un contexte économique incertain.
Parmi les réformes en cours, la généralisation de la facturation électronique, effective depuis ce 1er septembre 2026, occupe une place centrale. Selon le ministre, **deux tiers des entreprises** ont déjà basculé vers ce système. « C’est mieux que ce qu’on espérait », s’est-il félicité. L’objectif ? Réduire les délais de paiement, simplifier les démarches administratives et limiter les contrôles inutiles. Une avancée saluée, malgré les critiques de l’opposition, comme celle d’Éric Ciotti, qui propose de suspendre la réforme. David Amiel a rassuré : « Aucune sanction ne sera prononcée avant la fin de l’année 2026. »
Pour les entreprises, la généralisation de la facturation électronique, bien qu’entamée, pourrait encore faire l’objet de débats. Si les sanctions sont repoussées à 2027, les contrôles administratifs devraient s’intensifier progressivement. Quant aux collectivités territoriales, elles devront composer avec des enveloppes budgétaires contraintes, dans un contexte où les besoins sociaux et économiques ne cessent de croître.
Enfin, la capacité du gouvernement à maintenir le déficit sous la barre des **5 %** dépendra largement de la conjoncture économique. Une croissance plus forte que prévu pourrait alléger la pression, tandis qu’un ralentissement aggraverait les déséquilibres. Une équation complexe, dans laquelle chaque décimale compte.
Cette estimation s’appuie sur une étude de l’Inspection générale des finances (IGF), qui évalue le surcoût engendré par l’absence de maîtrise des dépenses et des recettes. Sans loi de finances, les administrations seraient contraintes de fonctionner en mode dégradé, avec des retards de paiement, une hausse des taux d’emprunt et une dégradation de la note souveraine de la France.