Gabriel Attal, candidat de Renaissance à l’élection présidentielle de 2027, a réaffirmé mardi 1er septembre sur France 2 que l’éducation nationale constitue « le cœur de son engagement politique », loin d’être un simple sujet de campagne. Invité du journal de 20 Heures, il a détaillé ses propositions pour revaloriser le métier d’enseignant et a pris position face aux propositions du Rassemblement national concernant l’interdiction du voile dans l’espace public.
Ce qu'il faut retenir
- Gabriel Attal considère que l’école n’est pas un « sujet de campagne » mais le « cœur de son engagement politique »
- Il propose une revalorisation salariale de 200 à 500 euros net par mois pour les enseignants, dès 2027 en cas d’élection
- Sur la question du voile, il s’oppose à la proposition du RN d’une interdiction dans l’espace public, mais défend une interdiction pour les mineures de moins de 15 ans
- Il souhaite renforcer l’autonomie des établissements pour organiser les remplacements des enseignants absents
- Les accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) bénéficieraient également de cette revalorisation salariale
Une revalorisation salariale pour répondre à la « smicardisation » des enseignants
Avec 11,6 millions d’élèves et leurs familles concernés par la rentrée scolaire, Gabriel Attal a souligné l’importance symbolique et concrète de cette période. Pour lui, la revalorisation des salaires des enseignants répond à un enjeu de « reconnaissance » et de « dignité » face à une « smicardisation du métier » qu’il juge « inacceptable » après des décennies de politiques publiques. « C’est un engagement important, mais il est nécessaire, y compris pour des questions d’attractivité du métier », a-t-il déclaré lors de l’interview, précisant que cette mesure pourrait entrer en vigueur dès 2027 si les Français lui accordent leur confiance.
Un engagement contre l’absentéisme et pour l’autonomie des établissements
Au-delà des chiffres salariaux, Gabriel Attal a pointé un problème structurel souvent sous-estimé : le remplacement des enseignants absents. Pour y remédier, il mise sur une « autonomie accrue » des établissements scolaires, qui devront « organiser une permanence » pour assurer la continuité pédagogique. « On ne va pas mettre une personne derrière chaque enseignant pour vérifier s’il a remplacé un collègue », a-t-il tempéré, tout en insistant sur la nécessité de responsabiliser les écoles dans ce domaine.
Les AESH, ces personnels précaires, aussi concernées par la hausse des salaires
Interrogé sur le sort des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH), souvent des femmes en contrats précaires, Gabriel Attal a confirmé qu’elles bénéficieraient également de cette revalorisation. Il a rappelé avoir déjà augmenté leur rémunération de 100 euros net par mois lorsqu’il était ministre de l’Éducation nationale. Pour aller plus loin, il propose de créer un « vrai corps des AESH », avec des perspectives de carrière et de promotion au sein de l’Éducation nationale. « La question de l’école inclusive est un enjeu majeur », a-t-il souligné, évoquant les difficultés rencontrées par les enseignants faute d’un accompagnement suffisant.
Voile et laïcité : Attal rejette la proposition du RN mais défend une interdiction pour les mineures
La question du voile a occupé une large partie de l’échange, alors que le Rassemblement national (RN) a récemment relancé le débat en proposant d’interdire le port du voile dans l’espace public, assorti de contrôles et d’amendes. Gabriel Attal a exprimé son « désaccord » avec cette proposition, affirmant : « Je considère qu’une femme majeure qui décide librement de porter le voile a le droit de le faire et qu’elle ne menace pas la République. » Il a rappelé avoir lui-même fait respecter la neutralité religieuse dans les établissements scolaires en interdisant l’abaya, conformément à la loi de 2004.
Sur le fond, il a souligné une « différence nette » avec le RN : « Le désaccord n’est pas juridique, c’est un désaccord de choix de société. Moi, mon choix de société, c’est une société où des hommes, des femmes peuvent faire un choix libre. » Il a défendu sa propre proposition d’interdire le voile pour les mineures de moins de 15 ans, qu’il présente comme une mesure de « protection de l’enfance » plutôt que comme une restriction des libertés individuelles. « Il ne s’agit pas de mettre un policier derrière chaque femme voilée, mais de dialoguer avec les familles pour protéger les fillettes contraintes », a-t-il argumenté.
Un débat qui dépasse les clivages traditionnels
Cette prise de position place Gabriel Attal dans une posture nuancée, entre rejet de l’approche sécuritaire du RN et défense d’une laïcité qu’il juge compatible avec la liberté religieuse pour les adultes. « On ne parle jamais dans le débat public de ce problème des remplacements », a-t-il déploré, soulignant que ses propositions visent aussi à répondre aux attentes des familles et des enseignants, souvent confrontés à des absences prolongées non compensées. Autant dire que, pour lui, l’école est bien plus qu’un thème de campagne : c’est un chantier prioritaire qui conditionne l’avenir de la République.
Gabriel Attal, ancien ministre de l’Éducation nationale et figure montante de Renaissance, mise ainsi sur l’école pour incarner une vision du progrès social et républicain. Une stratégie qui pourrait redéfinir les priorités d’un futur gouvernement, bien au-delà des seules questions éducatives.
Gabriel Attal s’oppose à l’interdiction du voile dans l’espace public proposée par le RN, qu’il juge contraire aux principes républicains de liberté religieuse. En revanche, il défend une interdiction pour les mineures de moins de 15 ans, présentée comme une mesure de protection de l’enfance, et non comme une restriction des libertés individuelles pour les femmes majeures.