La société française Capital B, spécialisée dans la gestion de trésorerie en Bitcoin (BTC), annonce ce mercredi 2 septembre 2026 une levée de fonds de 7,6 millions d’euros, entièrement souscrite par Adam Back, PDG de Blockstream et figure historique du réseau Bitcoin. Selon nos confrères de Cryptoast, cette opération vise à renforcer la stratégie de la société en tant que « Bitcoin Treasury Company », un modèle inspiré par le géant américain Strategy, détenu par Michael Saylor.

Ce qu’il faut retenir

  • 7,6 millions d’euros levés via une augmentation de capital souscrite exclusivement par Adam Back, sous forme de 13 181 030 actions assorties de 4 bons de souscription.
  • Le prix d’émission de 0,58 € par action représente une prime de 15,4 % par rapport au cours de clôture de la veille (0,50 €).
  • Les fonds serviront principalement à l’achat de 376 BTC supplémentaires, portant la détention totale à 3 521 BTC, selon les estimations.
  • Capital B, anciennement The Blockchain Group, a été rebaptisée en juillet 2025 pour afficher son virage stratégique vers le modèle de Bitcoin Treasury.
  • La société détient déjà 3 145 BTC pour une valeur d’acquisition de 284,2 millions d’euros, soit un prix moyen de 90 352 € par bitcoin.
  • En cas d’exercice de tous les bons de souscription, la levée pourrait atteindre jusqu’à 49,4 millions d’euros d’ici cinq ans.

Cette levée s’inscrit dans une dynamique plus large pour Capital B, qui cherche à se positionner comme un acteur majeur du secteur en Europe. L’opération a été finalisée à un prix unitaire de 0,58 €, avec des bons de souscription d’actions (ABSA) permettant à Adam Back de participer activement à la croissance de la société. Si ces bons étaient exercés, la levée totale pourrait atteindre 49,4 millions d’euros, via l’émission de 52 724 120 actions nouvelles à des prix d’exercice allant de 0,75 € à 1,27 € d’ici 2031.

Un modèle inspiré par Strategy et Michael Saylor

Capital B, cotée sur Euronext Growth Paris, a opéré un virage stratégique en juillet 2025 en se renommant et en ouvrant une filiale à Abu Dhabi. Son objectif affiché est de maximiser son nombre de bitcoins détenus par action, à l’image de Strategy, qui détient aujourd’hui 845 050 BTC, soit environ 4 % de l’offre totale en circulation. « Nous visons le même modèle que Strategy, mais à une échelle adaptée au marché européen », a expliqué un porte-parole de Capital B à Cryptoast.

Avant cette levée, Capital B et sa filiale luxembourgeoise détenaient déjà 3 145 BTC, acquis pour un coût total de 284,2 millions d’euros, soit un prix moyen d’achat de 90 352 € par bitcoin. L’ajout de 376 BTC supplémentaires, financés par les fonds levés, portera ce total à 3 521 BTC, selon les projections. Le produit net de l’opération, estimé à 7,3 millions d’euros, sera « principalement utilisé pour renforcer le bilan de Capital B par l’accumulation de Bitcoin en tant qu’actif de réserve de long terme », précise le communiqué.

Une structure financière déjà marquée par la dette et les obligations convertibles

Capital B s’appuie sur une structure financière complexe, combinant actions, bons de souscription et dettes convertibles en Bitcoin. La société porte actuellement 821 BTC de dette, répartis sur six lignes d’obligations convertibles (OCA) souscrites entre juin et août 2025 par des investisseurs comme Blockstream Capital Partners, TOBAM, Moonlight Capital et Adam Back. Ces obligations, au nombre de 82 434 625, donnent droit à l’émission de 88 730 321 actions nouvelles à horizon 2030.

Par ailleurs, 327 146 686 bons de souscription d’actions (BSA) sont en circulation, avec des prix d’exercice variant de 0,75 € à 1,46 € jusqu’en 2031. Leur exercice complet représenterait une dilution potentielle de 320,4 millions d’euros, un levier financier à surveiller de près pour évaluer la santé comptable de l’entreprise. Adam Back, déjà actionnaire majeur avec 14,82 % du capital, verra sa participation augmenter à 17,77 % avec les actions acquises via cette levée. En cas d’exercice de l’ensemble de ses nouveaux BSA, il pourrait détenir jusqu’à 27,80 % du capital, devenant ainsi l’actionnaire de référence aux côtés de Blockstream Capital Partners.

Un contexte réglementaire et stratégique en évolution

Cette levée intervient dans un contexte où les entreprises adoptant le modèle de Bitcoin Treasury gagnent en visibilité, notamment après le succès de Strategy aux États-Unis. En Europe, Capital B se positionne comme un pionnier, mais l’écart avec son modèle reste important : Strategy détient en effet 845 050 BTC, pour une valeur de marché dépassant les 65 milliards de dollars au cours actuel. « Nous ne cherchons pas à rivaliser avec Strategy, mais à proposer une alternative européenne, plus accessible aux investisseurs institutionnels », a souligné un dirigeant de Capital B.

La société envisage également de s’inspirer des produits financiers de Strategy, comme le STRC (Security Token Representing Bitcoin), pour financer ses achats futurs de bitcoins. En juin 2026, Capital B avait déjà annoncé un projet d’augmentation de capital pouvant atteindre 5 milliards d’euros, accompagné d’une capacité d’émission de titres de créance de 100 milliards d’euros. Ces annonces reflètent une volonté de structuration progressive du marché européen des cryptomonnaies.

Et maintenant ?

Le règlement de l’opération et la livraison des actions sont attendus dès le 3 septembre 2026, tandis qu’un regroupement des actions ALCPB à raison de 10 pour 1 est prévu pour le 8 septembre. Ces étapes pourraient influencer le cours de l’action, déjà volatile en raison des multiples instruments financiers en circulation. Les prochains mois seront également marqués par l’évolution du cours du Bitcoin, dont la détention est au cœur de la stratégie de Capital B. La société devra également naviguer dans un environnement réglementaire en constante mutation, notamment en Europe où les règles sur les cryptomonnaies se précisent.

Cette levée de fonds, entièrement souscrite par Adam Back, renforce la crédibilité de Capital B auprès des investisseurs institutionnels. Elle pourrait également servir de catalyseur pour d’autres entreprises européennes souhaitant adopter le modèle de Bitcoin Treasury, alors que le marché des cryptomonnaies continue de se professionnaliser.

Reste à voir si cette stratégie portera ses fruits à long terme, dans un secteur où la volatilité des prix et les incertitudes réglementaires restent des défis majeurs.

Selon les informations communiquées par la société, cette levée privée auprès d’Adam Back, investisseur historique et PDG de Blockstream, permet de renforcer la trésorerie en Bitcoin tout en évitant une dilution immédiate sur le marché. Une stratégie qui s’inscrit dans la continuité de l’approche adoptée par des acteurs comme Strategy, où les levées sont souvent réalisées auprès d’investisseurs stratégiques.

Les principaux risques incluent la volatilité du prix du Bitcoin, qui peut impacter la valorisation des actifs détenus par Capital B. Par ailleurs, la structure financière de l’entreprise, marquée par une dette convertible en Bitcoin et des bons de souscription, expose les actionnaires à une dilution potentielle. Enfin, le modèle repose sur une hypothèse de hausse durable du cours du Bitcoin, un pari qui n’est pas garanti.