Charles Josselin, ancien ministre sous les gouvernements de François Mitterrand et Lionel Jospin, s’est éteint ce mardi 1er septembre 2026 à l’âge de 89 ans. L’annonce de son décès a été rendue publique par plusieurs médias nationaux, selon nos confrères de Libération, qui rappellent l’empreinte durable qu’il a laissée sur la vie politique française, tant au niveau local que national.
Ce qu'il faut retenir
- Ancien ministre sous les présidences de François Mitterrand et Lionel Jospin, il a marqué près de quatre décennies de vie politique
- Président pendant plus de 22 ans du conseil général des Côtes-d’Armor, de 1997 à 2019
- Figure emblématique du Parti socialiste (PS), engagé dans les Côtes-d’Armor depuis les années 1970
- Ancien maire de Paimpol de 1989 à 2001
Un parcours politique ancré dans les territoires
Né le 2 février 1938 à Tréguier, en Bretagne, Charles Josselin a bâti l’essentiel de sa carrière politique dans les Côtes-d’Armor. Élu local engagé, il a d’abord siégé au conseil général du département dès 1973, avant d’en prendre la présidence en 1997. Selon Libération, il a occupé ce poste pendant plus de deux décennies, un record de longévité à la tête de cette institution.
Côté municipal, il a également marqué la ville de Paimpol, dont il fut maire pendant douze ans, de 1989 à 2001. Son ancrage territorial fort, souvent cité comme une clé de sa longévité politique, s’est accompagné d’un engagement constant en faveur des politiques sociales et de développement économique régional. Autant dire que sa disparition laisse un vide dans le paysage politique breton.
Des fonctions ministérielles sous deux présidences socialistes
Charles Josselin a également occupé des responsabilités nationales au plus haut niveau. Sous François Mitterrand, il a été secrétaire d’État à la Mer de 1981 à 1983, puis ministre de la Mer de 1983 à 1986 dans les gouvernements Mauroy et Fabius. Ces postes reflétaient son attachement à une politique maritime ambitieuse pour la France.
Il a retrouvé des fonctions ministérielles sous Lionel Jospin, en devenant ministre délégué à la Famille, à l’Enfance et aux Personnes handicapées de 1997 à 2000, puis ministre délégué aux Affaires européennes de 2000 à 2002. Comme le rapporte Libération, ces expériences ministérielles ont confirmé son rôle de négociateur et de pédagogue, capable de porter des dossiers techniques tout en restant proche des préoccupations des citoyens.
Une figure discrète mais influente du PS
Bien que moins médiatisé que d’autres personnalités socialistes de sa génération, Charles Josselin a joué un rôle clé dans la structuration du Parti socialiste en Bretagne. Il a notamment été premier secrétaire fédéral du PS dans les Côtes-d’Armor, contribuant à former plusieurs générations de militants.
Son style, souvent décrit comme pragmatique et peu clivant, a fait de lui un pont entre différentes sensibilités au sein du parti.
« Charles Josselin incarnait une forme de socialisme ancré dans les réalités locales, loin des postures idéologiques. C’était un homme de terrain, respecté pour son écoute et sa constance. »C’est ainsi que plusieurs de ses anciens collègues le décrivent dans les colonnes de Libération.
Un héritage politique encore à évaluer
Avec son décès, c’est une page de l’histoire politique des Côtes-d’Armor et du socialisme français qui se tourne. Son successeur à la présidence du conseil départemental des Côtes-d’Armor, Christian Coail, a salué « un homme qui a marqué l’histoire de notre département par son engagement sans faille ».
Reste à savoir comment son héritage politique sera perpétué dans un parti socialiste en pleine refondation et dans un département où les enjeux démographiques et économiques restent majeurs. Son influence sur les politiques locales, notamment en matière de développement durable et d’éducation, pourrait inspirer les prochaines générations d’élus.
Son décès interroge enfin sur l’avenir des politiques sociales et maritimes qu’il a portées. Ces dossiers, toujours d’actualité, pourraient être repris par ses successeurs, mais la question de leur pérennité dans un contexte budgétaire contraint reste entière.
Parmi ses réalisations les plus marquantes, on peut citer le développement des infrastructures locales, la création de structures d’accueil pour les personnes âgées et handicapées, ainsi que la promotion des énergies renouvelables dans le département. Il a également soutenu des projets éducatifs et culturels, comme la rénovation du musée de Bretagne à Saint-Brieuc.