Un incident violent a marqué la rentrée scolaire dans un établissement nantais déjà sous tension. Selon Le Figaro, une enseignante du collège public de La Durantière, situé dans le quartier Bellevue à Nantes, a été victime d’une agression sexuelle et de violences physiques commise par un élève le 22 juin dernier. L’enseignante, dont l’identité n’a pas été révélée, a porté plainte et a bénéficié de dix jours d’interruption temporaire de travail (ITT). Deux mois après les faits, le personnel éducatif de l’établissement, confronté depuis plusieurs années à une montée des tensions, a décidé de rendre publique la situation lors d’une conférence de presse organisée en urgence à la veille de la rentrée.

Ce qu'il faut retenir

  • Une enseignante du collège La Durantière à Nantes a été agressée sexuellement et physiquement par un élève le 22 juin 2026.
  • La victime, qui a porté plainte, a reçu dix jours d’ITT.
  • L’établissement, classé en REP (réseau d’éducation prioritaire), réclame depuis sept ans un passage en REP+.
  • Le personnel du collège dénonce un manque de réponse du ministère de l’Éducation nationale face à leurs alertes.
  • Une conférence de presse a été organisée en urgence avant la rentrée scolaire.

Ce collège de 350 élèves, situé dans un quartier prioritaire de Nantes, est classé en REP depuis plusieurs années. Les enseignants et le personnel réclament depuis sept ans un reclassement en REP+, une demande qui n’a toujours pas abouti. « Ça fait quand même un moment qu’on alerte sur cette tension et sur les incidents. On avait peur de l’incident majeur. Et il est arrivé », a déploré une professeure sous couvert d’anonymat. Le 22 juin, la situation a basculé avec l’agression d’une collègue, un événement que le corps enseignant redoutait depuis longtemps.

Dès le lendemain de l’agression, un courrier a été adressé au ministère de l’Éducation nationale pour réitérer la demande de reclassement en REP+. « On était persuadé qu’on aurait des réponses, compte tenu de la gravité de l’agression », a indiqué Sylvain Marange, collègue de la victime et co-secrétaire départemental du SNES-FSU. Pourtant, aucune réponse officielle n’a été reçue à ce jour. « Hier (lundi), la victime nous a dit qu’elle se sentait tellement accablée par ce manque de considération qu’elle souhaitait qu’on mette l’affaire sur la place publique », a-t-il ajouté. Cette prise de parole marque un tournant dans la gestion de la crise par l’établissement.

La situation au collège La Durantière illustre les défis auxquels sont confrontés de nombreux établissements scolaires en REP, où les moyens humains et matériels restent insuffisants face à l’augmentation des incidents. Le passage en REP+ permettrait notamment un renforcement des effectifs éducatifs, une baisse des effectifs par classe et des moyens supplémentaires pour les projets pédagogiques. « On était persuadé qu’on aurait des réponses, compte tenu de la gravité de l’agression », a souligné Sylvain Marange, soulignant l’incompréhension des enseignants face au silence des autorités.

La victime, dont la santé physique et psychologique reste fragilisée, a choisi de briser l’omerta. Son témoignage, bien que protégé par l’anonymat, a révélé l’ampleur du traumatisme subi. Les autres membres du personnel, eux, espéraient encore une réaction rapide des pouvoirs publics après cet incident. Leur désillusion est palpable : « On a envoyé un nouveau courrier cet été, en insistant sur l’urgence de la situation. Rien n’a changé », a précisé un enseignant. L’affaire met en lumière les limites des dispositifs actuels pour protéger les enseignants dans les établissements les plus exposés.

Et maintenant ?

Les prochaines étapes dépendront largement de la réponse des autorités éducatives. Une réunion est attendue dans les prochains jours avec l’académie de Nantes pour faire le point sur la situation au collège La Durantière. Le passage en REP+ pourrait être examiné à nouveau, mais aucune date n’a été communiquée pour l’instant. La victime, quant à elle, pourrait être accompagnée par l’inspection académique pour un soutien psychologique et professionnel. Quant au collégien impliqué, son parcours éducatif fera l’objet d’un suivi spécialisé, conformément au droit pénal des mineurs.

Cette affaire rappelle les tensions récurrentes dans certains établissements scolaires, où la violence et le manque de moyens créent un climat de travail difficile. À Nantes, comme ailleurs, la question des moyens alloués aux collèges en REP reste au cœur des débats éducatifs et politiques.

Le classement en REP+ dépend de critères définis par le ministère de l’Éducation nationale, notamment le taux de boursiers, les résultats scolaires et l’indice de position sociale des familles. Malgré les demandes répétées du collège, aucune réponse officielle n’a été donnée à ce jour, selon les enseignants.