Alors que le ministre américain de l’Énergie, Chris Wright, effectue une visite officielle à Caracas, le géant pétrolier Chevron annonce avoir obtenu de nouveaux gisements dans la région de l’Orénoque, au Venezuela. Selon nos confrères de BFM Business, le groupe américain prévoit d’investir plus de 7 milliards de dollars en cinq ans pour doubler sa production pétrolière dans ce pays, passant de 270 000 barils par jour en juillet 2026 à un objectif de 600 000 barils par jour. Une ambition qui s’inscrit dans la continuité de la présence historique de Chevron au Venezuela, où l’entreprise opère depuis plus d’un siècle.

Ce qu'il faut retenir

  • Chevron va investir 7 milliards de dollars d’ici 2031 pour atteindre une production de 600 000 barils par jour au Venezuela.
  • La production actuelle de Chevron dans le pays est d’environ 270 000 barils par jour, contre 240 000 barils en janvier 2026.
  • L’entreprise détient 49 % des parts de Petroindependencia, l’une des trois sociétés communes actives dans l’exploitation pétrolière.
  • Washington et Caracas ont signé un accord distinct permettant à une société américaine de contrôler 20 % des réserves vénézuéliennes.
  • Les réserves prouvées du Venezuela s’élèvent à plus de 300 milliards de barils, les plus importantes au monde.

Un retour progressif de Chevron malgré un contexte géopolitique complexe

Chevron, deuxième compagnie pétrolière américaine, était la seule entreprise des États-Unis encore active au Venezuela avant le renversement de l’ex-président Nicolas Maduro en janvier 2026. Depuis, les autorités vénézuéliennes et américaines ont assoupli certaines restrictions pour relancer l’exploitation des ressources. En 2023, un embargo partiel avait été levé, avant d’être révoqué en 2025 par l’administration Trump, qui a finalement accordé une exception à Chevron. Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer l’influence américaine sur les ressources énergétiques vénézuéliennes.

Les accords signés par Chevron concernent trois sociétés communes, dont Petroindependencia, où l’américain détient 49 % des parts. L’entreprise a précisé que ces partenariats permettront « de soutenir des investissements futurs, le développement de projets et la croissance de la production ». Mike Wirth, PDG de Chevron, a salué « l’énorme potentiel des ressources du pays » et sa confiance dans la capacité du Venezuela à attirer des capitaux sur le long terme. — « L’histoire de Chevron au Venezuela remonte à plus d’un siècle, et cet élargissement de nos positions illustre cette confiance », a-t-il déclaré.

Washington étend son emprise sur les réserves pétrolières vénézuéliennes

Dans le cadre de cette relance énergétique, Washington a conclu un accord distinct avec le Venezuela, permettant à la société NABEP (North American Blue Energy Partners), soutenue par les États-Unis, d’obtenir un bail de 100 ans sur 17 gisements pétroliers. Ces sites représentent quelque 65 milliards de barils de réserves, soit environ un cinquième des ressources du pays. Un accord négocié sans appel d’offres, selon Reuters, qui soulève des questions sur la transparence.

NABEP est contrôlée par l’homme d’affaires vénézuélien Alejandro Betancourt, dont la justice suisse a demandé l’extradition en 2025 pour blanchiment d’argent, avant que la requête ne soit retirée en mai 2026. Ces liens compliquent le tableau, alors que les États-Unis cherchent à sécuriser leur accès aux ressources vénézuéliennes. Le sous-sol du pays abrite en effet les plus grandes réserves pétrolières au monde, estimées à plus de 300 milliards de barils. Pourtant, la production actuelle reste limitée à 1,2 million de barils par jour, un niveau bien inférieur au pic historique de 3 millions atteint dans les années 1990.

Une stratégie américaine pour reprendre le contrôle des flux énergétiques

Depuis le début de l’année 2026, Chevron a enregistré une progression de 15 % de sa production au Venezuela, passant de 240 000 barils par jour en janvier à 270 000 barils en juillet. Le groupe américain avait déjà anticipé une hausse de 50 % de sa production d’ici fin 2028. Ces chiffres reflètent la volonté de Washington de réintégrer le Venezuela dans son portefeuille énergétique, après des années d’isolement sous l’administration Maduro. Donald Trump, qui a joué un rôle clé dans cette réorientation, a récemment révoqué les licences d’exploitation accordées en 2023, avant d’autoriser Chevron à poursuivre ses activités.

Cette démarche s’inscrit dans une politique plus large visant à diversifier les approvisionnements américains et à réduire la dépendance au Moyen-Orient. Le Venezuela, avec ses réserves colossales, représente un atout stratégique. Cependant, les défis restent nombreux : instabilité politique, sanctions internationales et questions juridiques liées aux partenaires locaux. Malgré ces obstacles, Chevron mise sur le long terme, comme en témoigne l’engagement de 7 milliards de dollars annoncé mercredi.

Et maintenant ?

Les prochains mois seront décisifs pour évaluer la faisabilité des projets de Chevron. Si les investissements sont bien engagés, une augmentation progressive de la production pourrait être observable dès 2027. Par ailleurs, l’accord controversé signé avec NABEP pourrait faire l’objet de débats au Congrès américain, où certains élus pourraient contester la transparence des négociations. Enfin, la stabilité politique du Venezuela, désormais sous une nouvelle gouvernance, sera un facteur clé pour attirer d’autres investisseurs étrangers.

Cette relance pétrolière marque une étape importante dans les relations énergétiques entre les deux pays, mais son succès dépendra de la capacité à surmonter les défis structurels qui persistent dans le secteur vénézuélien.

Le Venezuela possède les plus grandes réserves pétrolières prouvées au monde, estimées à plus de 300 milliards de barils. Pour les États-Unis, il s’agit de diversifier leurs approvisionnements énergétiques, réduisant ainsi leur dépendance au Moyen-Orient. Depuis le début de l’année 2026, l’administration Trump a assoupli certaines restrictions pour faciliter l’exploitation de ces ressources.