L’Organisation des Nations unies a annoncé mardi que son Programme alimentaire mondial (PAM) ne pourra plus soutenir qu’à peine 200 000 personnes en Cisjordanie, alors que les besoins dans ce territoire palestinien occupé ont doublé en deux ans. Selon nos confrères du Monde, cette réduction drastique des aides intervient dans un contexte de hausse vertigineuse des prix des denrées et de détérioration continue des conditions de vie.
Ce qu'il faut retenir
- Le PAM ne pourra plus aider que 200 000 personnes en Cisjordanie, contre plus de 400 000 auparavant.
- Les besoins alimentaires ont doublé en deux ans dans ce territoire occupé par Israël depuis 1967.
- La décision est motivée par un déficit de financement de 200 millions de dollars pour l’année 2026.
- Cette réduction aggrave une situation déjà précaire, avec des prix des denrées en forte hausse.
- Le PAM insiste sur le risque de famine et d’insécurité alimentaire accru pour les populations les plus vulnérables.
Cette décision, qui s’appliquera dès le 1er octobre 2026, est justifiée par un manque criant de ressources financières. D’après les chiffres communiqués par le PAM, le déficit de financement pour l’année en cours atteint 200 millions de dollars, un montant qui contraint l’agence onusienne à opérer un repli radical de ses opérations. « Nous n’avons pas d’autre choix que de réduire notre assistance », a déclaré un porte-parole du PAM, cité par Le Monde. « Les besoins sont plus importants que jamais, mais nos ressources ne suivent pas ».
En Cisjordanie, où l’occupation israélienne impose un blocus partiel depuis des décennies, la situation alimentaire s’est fortement dégradée. Selon les dernières estimations de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA), plus de 60 % de la population dépend aujourd’hui de l’aide humanitaire pour se nourrir. Les prix des produits de base, comme la farine ou l’huile, ont grimpé de 40 % en un an, en partie à cause des restrictions imposées à la libre circulation des biens et des personnes.
Cette réduction des aides intervient dans un contexte géopolitique particulièrement tendu. Les tensions entre Israël et les factions palestiniennes, notamment à Gaza, ont pris une nouvelle dimension depuis le début de l’année 2026. Les raids israéliens et les opérations militaires dans les territoires occupés ont entraîné des déplacements massifs de populations, aggravant encore les besoins humanitaires. « Nous faisons face à une crise humanitaire en pleine escalade », a souligné un responsable de l’UNRWA, contacté par Le Monde. « Sans une augmentation immédiate des financements, des milliers de familles vont basculer dans la précarité absolue ».
Cette décision du PAM intervient après des mois de mises en garde répétées de la part des ONG et des agences onusiennes. Dès le printemps 2026, plusieurs rapports avaient alerté sur l’insuffisance des fonds alloués à l’aide alimentaire dans les territoires palestiniens. Malgré ces signaux, les appels à la mobilisation sont restés largement sans réponse jusqu’à présent.
Pour les quelque 200 000 personnes qui continueront de bénéficier de l’aide du PAM, les rations seront réduites de moitié à partir d’octobre. Une mesure qui risque d’accentuer encore les inégalités d’accès à la nourriture, alors que les classes les plus aisées parviennent parfois à s’approvisionner via des circuits parallèles, à des prix prohibitifs.
Dans les prochaines semaines, les agences humanitaires devront évaluer l’impact de cette réduction et adapter leurs plans d’urgence. Une chose est sûre : la situation en Cisjordanie, déjà parmi les plus critiques au monde, pourrait basculer dans une phase encore plus sombre si aucune solution n’est trouvée rapidement.
Le PAM se base principalement sur les niveaux de pauvreté et de vulnérabilité des ménages. Les familles les plus pauvres, celles avec des enfants en bas âge, des personnes âgées ou des personnes en situation de handicap sont prioritaires. Les bénéficiaires sont identifiés via des enquêtes de terrain et des partenariats avec les ONG locales.