Invité de l'émission « Les 4 Vérités » sur France 2 ce mercredi 2 septembre 2026, l'ancien président de l'UMP et maire de Meaux, Jean-François Copé, a réagi à la proposition du Rassemblement national (RN) d'interdire le port du voile islamique dans l'espace public si l'extrême droite venait à accéder au pouvoir. Une mesure qu'il juge désormais « trop tardive » et « contraire à la Constitution ». Selon nos confrères de Franceinfo - Politique, l'élu a également évoqué la cacophonie persistante au sein de la droite en vue de la présidentielle de 2027.
Ce qu'il faut retenir
- Jean-François Copé estime que l'interdiction du voile dans l'espace public « n'est plus réaliste aujourd'hui », et qu'elle « aurait dû être décidée il y a 25 ou 30 ans » ;
- Il juge la proposition du RN « impraticable » et « contraire à la Constitution », évoquant notamment l'impossibilité de « faire appliquer une telle mesure » ;
- Sur la stratégie de la droite pour 2027, Copé prône un rassemblement autour d'un seul candidat pour éviter une confrontation entre « extrême gauche et extrême droite » au second tour ;
- Il soutient la démarche d'Édouard Philippe visant à créer une confédération de partis de droite et du centre pour atteindre une majorité absolue à l'Assemblée nationale.
Une proposition du RN jugée « impraticable » et « inconstitutionnelle »
Lors de son passage dans l'émission « Les 4 Vérités », Jean-François Copé a balayé d'un revers de main la proposition du Rassemblement national d'interdire le port du voile islamique dans l'espace public. « Aujourd'hui, ce n'est pas réaliste […] et en plus, c'est contraire à la Constitution », a-t-il affirmé. Pour l'ancien président de l'UMP, cette mesure relèverait davantage de l'affichage politique que d'une solution concrète. « On ne va pas envoyer les carabiniers pour arracher les voiles », a-t-il lancé, soulignant l'absurdité d'une telle politique. Il a également pointé les contradictions internes du RN sur ce sujet, rappelant que la formation d'extrême droite est « empêtrée dans des contradictions gigantesques » sur cette question.
Copé, qui avait porté la loi de 2010 interdisant la burqa dans l'espace public, a réaffirmé son attachement à la laïcité et à la lutte contre l'intégrisme religieux. « Je combats l'intégrisme religieux et notamment islamiste », a-t-il déclaré. Pourtant, il estime que le contexte actuel ne permet plus d'envisager une telle interdiction. « Il aurait fallu peut-être le décider, et encore, il y a 25 ans ou 30 ans, mais aujourd'hui, ce n'est pas réaliste », a-t-il ajouté.
La droite face à ses divisions : l'appel à l'union
Au-delà du débat sur le voile, Jean-François Copé a utilisé son intervention pour critiquer la stratégie de la droite en vue de l'élection présidentielle de 2027. Depuis plusieurs semaines, les divisions au sein de la droite et du centre persistent, avec trois principaux candidats en lice : Édouard Philippe, Gabriel Attal et Bruno Retailleau. Lors de l'été 2026, Copé avait estimé que, dès l'automne, les deux candidats les moins bien placés devraient se retirer pour permettre à un seul représentant de la droite de se présenter face à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. « Mon combat aujourd'hui, qui est très simple, et je crois qu'il est partagé non seulement par de très nombreux responsables politiques de droite, mais par des millions de Français de droite, c'est qu'il n'y ait qu'un seul candidat », a-t-il réitéré.
Pour Copé, la priorité est d'éviter une confrontation au second tour entre l'extrême droite et l'extrême gauche, qu'il qualifie de « catastrophe absolue ». Il a salué la démarche d'Édouard Philippe, qui souhaite créer une confédération de partis pour rassembler la droite et le centre. « Il faut qu'il en parle dès maintenant. Si on veut y arriver, vu le poids des extrêmes, RN et LFI, à cause de cette folie d'avoir gouverné au centre pendant 10 ans, il faut absolument recréer un clivage droite-gauche », a-t-il expliqué. Selon lui, cette union est nécessaire pour atteindre une majorité absolue à l'Assemblée nationale, condition indispensable, selon lui, pour éviter le blocage institutionnel.
Immigration et retraites : des convergences malgré les divergences
Sur le thème de l'immigration, Jean-François Copé a reconnu des différences de sensibilité entre les candidats de droite, notamment entre Bruno Retailleau, partisan d'une ligne dure, et Édouard Philippe, qui prône une immigration de travail ciblée. « Tout le monde se retrouve assez vite, parce qu'il y a les annonces, mais enfin évidemment qu'il y a un certain nombre de métiers en tension dans lesquels, comme tous les autres pays du monde, on peut avoir besoin de faire venir des immigrés », a-t-il souligné. Il a cependant rappelé que les trois candidats s'accordaient sur la nécessité de « stopper les flux complètement incontrôlés » d'immigration.
Sur la question des retraites, Copé a apporté son soutien à la réflexion en cours au gouvernement, notamment sur la non-réindexation des pensions les plus élevées. « Oui, je pense qu'il va falloir de toute façon qu'on prenne un certain nombre de décisions », a-t-il déclaré, sans préciser davantage. Il a critiqué les propositions de La France insoumise et du RN, qu'il juge « irresponsables » et « démagogiques », opposant leur discours à celui des partis de gouvernement, qu'il qualifie de « responsables ».
« Entre les partis de gouvernement de droite qui sont responsables, et les extrémistes, RN et LFI, qui racontent n'importe quoi, cette campagne électorale va être passionnante et elle va nous amener à dire aux Français : écoutez bien tout le monde, et ensuite, c'est vous qui verrez. »
— Jean-François Copé, maire de Meaux et ancien président de l'UMP
Un regard mesuré sur l'affaire Patrick Bruel
Interrogé par le présentateur Francis Letellier sur l'annulation de la tournée du chanteur Patrick Bruel, mis en examen pour viol, Jean-François Copé a adopté une position prudente. « Je respecte toutes les décisions des maires. Mais si la question est : est-ce que ça aurait été la mienne ? La réponse est non. Parce que moi, je suis très attaché à l'État de droit », a-t-il répondu. Copé a rappelé l'importance de la présomption d'innocence et du travail de la justice, estimant qu'il ne fallait pas se substituer aux magistrats. « Tant qu'une personne n'est pas condamnée, elle est réputée innocente. Donc, on n'est pas tous là à se mettre à la place des juges d'instruction ou des procureurs », a-t-il ajouté.
L'élu a également nuancé son lien avec Patrick Bruel, précisant qu'il n'était pas un « ami au sens de Montaigne et La Boétie ». « Ni surpris, ni pas surpris, je n'en sais rien. Ça relève de sa vie personnelle. S'il y a des choses qui sont contraires à la loi, c'est au juge d'en décider », a-t-il conclu.
Alors que la France entre dans une période de campagne électorale intense, la droite devra trancher entre ses divisions internes et la nécessité de présenter une alternative crédible face à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. Pour Copé, l'enjeu est clair : éviter que le pays ne sombre dans une confrontation entre extrêmes.