Le décès de l’ancien chef militaire serbe de Bosnie Ratko Mladić, survenu jeudi à La Haye, ne donnera pas lieu à une enquête pénale aux Pays-Bas, a annoncé samedi soir un tribunal des Nations unies. L’homme, condamné à la perpétuité pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, purgeait sa peine dans un établissement pénitentiaire néerlandais. Sa disparition survient après qu’il a été reconnu responsable de l’un des pires massacres en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, celui de Srebrenica en juillet 1995.
Selon nos confrères de Ouest France, le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a confirmé qu’aucune procédure judiciaire supplémentaire ne serait engagée par les autorités judiciaires des Pays-Bas à la suite de sa mort. Le général Mladić, figure centrale du conflit bosniaque, était incarcéré depuis 2011 après avoir été arrêté en Serbie en 2010. Son procès, qui s’est achevé en 2017, avait abouti à une condamnation pour le massacre de plus de 8 000 hommes et adolescents musulmans bosniaques à Srebrenica.
Ce qu'il faut retenir
- Ratko Mladić est décédé jeudi à La Haye, où il purgeait une peine de prison à perpétuité
- Il avait été condamné pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité, notamment pour le massacre de Srebrenica en 1995
- Un tribunal de l’ONU a annoncé qu’aucune enquête pénale ne serait ouverte aux Pays-Bas à la suite de sa mort
- Mladić purgeait sa peine depuis 2011 après avoir été arrêté en Serbie en 2010
Un procès historique pour des crimes de masse
Ratko Mladić, surnommé le « boucher des Balkans », a été jugé par le TPIY pour son rôle central dans la stratégie militaire serbe de Bosnie pendant la guerre (1992-1995). Le tribunal l’a reconnu coupable de génocide pour le massacre de Srebrenica, où environ 8 000 hommes et adolescents musulmans bosniaques ont été exécutés en quelques jours. Il a également été condamné pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis dans d’autres régions de Bosnie, notamment lors du siège de Sarajevo.
Son procès, qui s’est étalé sur plusieurs années, a permis de documenter des années de violences ethniques et de nettoyage ethnique dans l’ex-Yougoslavie. La condamnation à perpétuité de Mladić, prononcée en 2017, avait été saluée par les victimes et les organisations de défense des droits humains comme une victoire pour la justice internationale.
Une mort sans suite judiciaire aux Pays-Bas
Le décès de Mladić à La Haye, où il était incarcéré, ne devrait pas entraîner d’enquête complémentaire de la part des autorités néerlandaises. Selon un communiqué du tribunal onusien, la procédure pénale s’est éteinte avec son décès, conformément au droit international. « La condamnation de Mladić est désormais exécutée, et son décès met fin à toute possibilité de poursuite », a indiqué une porte-parole du TPIY.
Cette décision intervient alors que les Pays-Bas, où se trouve le siège du TPIY depuis sa création, ont été le théâtre de plusieurs procès emblématiques liés aux crimes de guerre en ex-Yougoslavie. Aucun nouvel élément n’a été rendu public concernant les circonstances de sa mort, et aucune autopsie n’est prévue par les autorités locales.
Un héritage judiciaire contesté
Bien que la condamnation de Mladić ait été saluée par la communauté internationale, elle reste controversée dans certains cercles en Serbie et en Republika Srpska, l’entité serbe de Bosnie. Des manifestations de soutien à l’ancien général avaient eu lieu lors de son procès, reflétant les divisions persistantes dans la région. « La mort de Mladić ne clôt pas les débats sur la responsabilité des crimes de guerre en Bosnie », souligne un analyste des Balkans contacté par Ouest France.
Par ailleurs, le TPIY a depuis été remplacé par le Mécanisme international appelé à exercer les fonctions résiduelles des Tribunaux pénaux (le « Mécanisme »), qui supervise désormais l’exécution des peines et les éventuels recours. Aucune date n’a été avancée pour une éventuelle cérémonie officielle en mémoire des victimes de Srebrenica, alors que le 11 juillet 2026 marquera le 31e anniversaire de ce massacre.
Cette affaire laisse également en suspens la question de la localisation des dépouilles des victimes de Srebrenica, dont certaines n’ont toujours pas été identifiées. Enfin, la mort de Mladić pourrait alimenter les spéculations sur un éventuel rôle joué par des réseaux de soutien encore actifs en Serbie ou en Republika Srpska.
Selon le TPIY, la condamnation de Ratko Mladić à perpétuité a été exécutée par sa mort. En droit international, une condamnation s’éteint avec le décès du condamné, sauf en cas de recours en cours, ce qui n’était pas le cas ici.