Avec l’arrivée des fortes chaleurs, les glaces figurent parmi les desserts les plus prisés. Pourtant, ce plaisir estival cache un risque pour le cœur, selon des diététiciennes interrogées par Top Santé. Leur mise en garde porte sur deux composants majeurs : les sucres ajoutés et les graisses saturées, dont la teneur élevée dans certains produits laitiers serait particulièrement préoccupante pour la santé cardiovasculaire.
Ce qu'il faut retenir
- Les crèmes glacées contiennent souvent des sucres ajoutés en excès, dépassant parfois les 20 g pour 100 g, soit l’équivalent de cinq morceaux de sucre.
- Leur teneur en graisses saturées peut atteindre 15 à 20 %, un taux bien supérieur aux recommandations de l’OMS.
- Une consommation régulière favoriserait l’augmentation du mauvais cholestérol (LDL) et la prise de poids, deux facteurs de risque majeurs pour les maladies cardiovasculaires.
- Les versions industrielles, comme les glaces aux éclats de biscuits ou aux toppings sucrés, sont pointées du doigt pour leur composition encore plus déséquilibrée.
- Les alternatives allégées en sucre ou en matières grasses ne sont pas toujours une solution, car elles compensent souvent par des édulcorants ou des additifs.
Selon nos confrères de Top Santé, ces produits laitiers glacés agissent comme un « poison silencieux » pour le système cardiovasculaire. Leur consommation régulière, même en petite quantité, pourrait contribuer à long terme à des complications graves. Les graisses saturées présentes dans la crème fraîche ou le beurre, ingrédients de base de nombreuses recettes industrielles, sont particulièrement visées. Une portion de 100 g peut contenir jusqu’à 10 g de ces graisses, soit près de la moitié de l’apport journalier maximal recommandé pour un adulte.
Les sucres ajoutés, quant à eux, sont souvent bien au-delà des seuils acceptables. Certaines glaces à la vanille industrielles affichent plus de 25 g de sucre pour 100 g, un niveau proche de celui des sodas. « Le problème ne vient pas seulement de la quantité consommée, mais de la fréquence », a déclaré Clémentine David, diététicienne-nutritionniste, interrogée par Top Santé. « Quand on en mange quotidiennement, surtout en période estivale, les effets sur le métabolisme s’accumulent sans qu’on s’en rende compte. »
Les experts rappellent que les maladies cardiovasculaires restent la première cause de mortalité en France, avec plus de 140 000 décès par an. Parmi les facteurs de risque évitables, l’alimentation occupe une place centrale. L’OMS recommande de limiter les graisses saturées à moins de 10 % de l’apport énergétique total, un objectif difficile à respecter avec une consommation fréquente de glaces industrielles. « Ce n’est pas une question de culpabilité, mais de prise de conscience », a ajouté David. « Il faut simplement adapter ses choix, en privilégiant les versions moins sucrées ou en les réservant pour des occasions spéciales. »
« La crème glacée n’est pas un aliment interdit, mais sa consommation doit rester occasionnelle. Le danger réside dans la régularité, qui transforme un plaisir ponctuel en risque pour la santé. »
— Clémentine David, diététicienne-nutritionnienne
Les produits les plus critiqués sont les glaces à base de crème fraîche entière, les sorbets industriels enrichis en sucre ou encore les desserts lactés glacés aux toppings variés (caramel, chocolat, fruits confits). Ces derniers cumulent souvent sucres ajoutés et graisses, tout en proposant des portions généreuses. Une étude citée par Top Santé révèle que les Français consomment en moyenne 5 kg de glace par an et par personne, un chiffre en hausse depuis cinq ans. « Autant dire que, sur une année, l’impact sur la santé peut être significatif si aucune alternative n’est trouvée », précise David.
Pour les consommateurs soucieux de leur santé cardiovasculaire, la règle d’or reste la modération. « Un cornet de temps en temps en terrasse, pourquoi pas. Mais en faire un dessert quotidien, c’est prendre un risque inutile », conclut David. Les autorités sanitaires, elles, devraient prochainement publier de nouvelles recommandations pour encadrer la consommation de ces produits.
Les experts recommandent les sorbets maison à base de fruits frais, les yaourts glacés allégés en sucre, ou encore les glaces à base de lait d’amande ou de coco. Les fruits congelés mixés (comme la banane) sont aussi une option sans additifs. L’idéal est de limiter les versions industrielles, souvent riches en sirops et en graisses.