La deuxième saison de Dark Matter, disponible depuis le 28 août 2026 sur Apple TV, confirme l’ambition de la série : explorer toujours plus en profondeur les méandres du multivers, au prix d’une intrigue qui gagne en spectaculaire mais perd en accessibilité. « J’ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Cette série est plus spectaculaire et haletante que jamais, mais elle est aussi d’autant plus complexe à suivre », a résumé Adi Robertson, critique spécialisé des médias technologiques pour The Verge, comme le rapporte Courrier International.
Ce qu'il faut retenir
- Jason Dessen (Joel Edgerton), professeur de physique à Chicago, et sa famille sont désormais des nomades du multivers, traqués et contraints de voyager entre les univers parallèles.
- La saison 2 introduit de nouveaux personnages ainsi que des versions alternatives des personnages existants, multipliant les intrigues et les paradoxes temporels.
- L’intrigue repose sur un cube géant capable de traverser les univers, développé par une version maléfique de Jason Dessen, qui cherche à échanger sa place avec l’original.
- Le critique d’The Verge souligne le défis de suivi pour le public, malgré un rythme haletant et des effets visuels toujours plus impressionnants.
Une intrigue centrée sur le kidnapping et la quête identitaire
Comme l’explique Courrier International, la série prend racine dans un postulat simple mais vertigineux : un Jason Dessen issu d’un univers parallèle kidnappe son double originel pour lui voler sa place. Une idée qui, une fois développée, donne naissance à une toile complexe de voyages interdimensionnels, où chaque choix de vie correspond à une réalité alternative. La première saison avait déjà posé les bases de ce récit, en présentant Jason Dessen comme un homme ordinaire, marié à Daniela (Jennifer Connelly), artiste, et père d’un adolescent, Charlie (Oakes Fegley). Mais dans une autre version du multivers, ce même Jason a conçu une technologie révolutionnaire : un cube permettant de naviguer entre les mondes parallèles.
À travers les épisodes, les scénaristes tissent une intrigue où les frontières entre le bien et le mal, l’original et le double, se brouillent. Le personnage de Jason Dessen, interprété par Joel Edgerton, incarne cette ambiguïté : tantôt victime, tantôt coupable, il oscille entre la quête de rédemption et l’attrait pour les possibilités infinies offertes par le multivers. Un équilibre délicat, qui selon les premiers retours, aurait été poussé à son paroxysme dans cette saison 2.
Des personnages multiples et des univers qui se répondent
La particularité de Dark Matter réside dans sa capacité à jouer avec les codes de la science-fiction tout en maintenant un ancrage émotionnel fort. La saison 2 ne se contente pas d’ajouter de nouveaux décors ou de nouveaux antagonistes : elle réinvente aussi ses protagonistes. « On découvre des versions alternatives de Daniela, de Charlie, et même de Jason lui-même, chacune porteuse d’un destin différent », précise Adi Robertson dans The Verge. Autant dire que le spectateur est invité à jongler entre plusieurs réalités, où chaque détail compte pour comprendre l’intrigue globale.
Cette multiplication des points de vue s’accompagne d’un défi de taille : maintenir la cohérence narrative malgré l’inflation de personnages et de lieux. Les créateurs de la série, Blumhouse Television et Apple TV+, semblent avoir opté pour une approche audacieuse, quitte à sacrifier un peu de lisibilité. « Plus on avance, plus les fils narratifs se croisent, parfois au risque de perdre le spectateur », admet le critique d’The Verge. Une stratégie qui, si elle est maîtrisée, pourrait offrir une expérience immersive unique dans le paysage des séries de science-fiction contemporaines.
Une esthétique visuelle au service d’une narration exigeante
Visuellement, Dark Matter mise sur des effets spéciaux toujours plus aboutis pour matérialiser l’invisible : les voyages entre les mondes parallèles y sont représentés par des paysages oniriques, des architectures déformées et des jeux de lumière hypnotiques. « La série joue avec les contrastes, entre l’obscurité des univers hostiles et la luminosité des réalités heureuses », note Courrier International. Un choix esthétique qui renforce l’immersion, mais qui, combiné à la complexité de l’intrigue, peut donner l’impression d’une surcharge cognitive.
Les décors, souvent inspirés de mégapoles futuristes ou de campagnes désolées, servent de toile de fond à une réflexion sur le libre arbitre et les choix qui définissent nos vies. « Chaque univers reflète une version possible de Jason Dessen, mais aussi de sa famille. C’est une façon de montrer que nos décisions, même anodines, ont des répercussions infinies », explique un membre de l’équipe de production cité par Courrier International. Un thème récurrent dans la science-fiction, mais qui trouve ici une déclinaison particulièrement originale.
La série, adaptée du roman éponyme de Blake Crouch, reste l’un des projets phares de la plateforme Apple TV+ en matière de science-fiction. Après une première saison bien accueillie par la critique, cette suite pourrait bien confirmer, ou non, le potentiel de la franchise. Une chose est certaine : Dark Matter ne laisse personne indifférent. Elle captive autant qu’elle déroute, invitant le public à accepter de ne pas tout comprendre pour mieux se laisser porter par l’aventure.
Oui, selon The Verge, la saison 2 multiplie les intrigues parallèles et les personnages alternatifs, ce qui la rend plus difficile à suivre pour le public. Le critique Adi Robertson souligne un « défi de suivi » accru, malgré un rythme haletant et des effets visuels toujours plus impressionnants.