Selon BFM Business, la start-up française DJUST, spécialisée dans les solutions e-commerce B2B boostées à l’intelligence artificielle, a annoncé une levée de fonds de 7 millions d’euros pour accélérer son développement. Fondée en 2020 par Eric Gaudin et Arnaud Rihiant, l’entreprise se distingue en ciblant un marché souvent négligé : celui des transactions interentreprises, où 90 % des projets d’IA échouent à se pérenniser, selon une étude du MIT.

Ce qu'il faut retenir

  • DJUST, fondée en 2020, vient de lever 7 millions d’euros pour accélérer son expansion dans le B2B.
  • Contrairement aux projets d’IA classiques, 90 % des initiatives échouent à se déployer industriellement à long terme, selon une étude du MIT.
  • L’entreprise cible spécifiquement le commerce interentreprises, un marché en retard sur la digitalisation par rapport au B2C.
  • Son module DJUST Sales automatise les commandes via e-mail ou voix, réduisant des heures de saisie à quelques secondes.
  • La start-up compte parmi ses clients des groupes comme Eiffage, Auchan, Franprix ou Lesaffre.
  • Prochain défi : le voice-to-order, permettant de passer des commandes par téléphone grâce à l’IA conversationnelle.

Une solution IA qui mise sur la durabilité, là où les autres échouent

Selon BFM Business, le constat des fondateurs de DJUST est sans appel : malgré le battage médiatique autour de l’intelligence artificielle, 90 % des projets en entreprise ne dépassent pas le stade expérimental, souvent en raison d’outils génériques inadaptés ou d’un manque de cohérence avec les besoins métiers. La start-up a donc choisi une approche radicalement différente, en se concentrant sur un seul segment : le B2B. « DJUST a pensé sa solution IA de manière disruptive, tout en gardant les bonnes pratiques de sécurité et de stabilité, indispensables aux entreprises », explique Arnaud Rihiant, cofondateur de l’entreprise.

Contrairement au commerce grand public (B2C), le B2B impose des contraintes spécifiques : catalogues segmentés, tarifs personnalisés, volumes de transactions élevés et exigences de sécurité accrues. DJUST a conçu une plateforme capable de répondre à ces défis, en s’appuyant sur une architecture modulaire et flexible. Résultat : l’entreprise séduit désormais des grands comptes comme Eiffage, Auchan, Franprix ou Lesaffre, qui ont adopté ses portails clients pour digitaliser leurs processus de vente.

L’IA agentique au service du terrain, pas contre lui

L’un des obstacles majeurs du B2B reste la persistance de pratiques « offline » : une part significative des commandes s’effectue encore par e-mail ou téléphone. Plutôt que de tenter de forcer les acheteurs professionnels à migrer vers des plateformes en ligne, DJUST a intégré l’IA directement dans ces canaux. Son module DJUST Sales, lancé récemment, incarne cette philosophie. Plutôt que de vanter des « fonctionnalités IA », l’entreprise met en avant un bénéfice métier concret : la vente.

Concrètement, DJUST Sales agit comme un copilote intelligent pour les équipes commerciales et administratives. Grâce à des algorithmes de traitement du langage naturel, il est capable de lire un e-mail de commande en langage courant, d’en extraire les produits, de vérifier les stocks, d’appliquer les tarifs négociés et de générer automatiquement la commande dans l’ERP de l’entreprise. Ce qui prenait autrefois des heures de travail manuel s’exécute désormais en quelques secondes. « C’est l’IA utile : une technologie qui élimine la lourdeur administrative pour permettre aux collaborateurs de se recentrer sur la relation client », souligne Eric Gaudin, cofondateur de DJUST.

Un modèle économique qui mise sur l’innovation continue

Alors que de nombreuses entreprises achètent des logiciels à un instant T, souvent promis à une obsolescence rapide, DJUST propose un modèle par abonnement incluant un flux continu d’innovations. L’entreprise investit massivement dans la R&D pour garantir à ses clients une avance technologique durable. Parmi ses priorités, le développement du voice-to-order, une fonctionnalité qui permettra aux commerciaux sur le terrain ou aux clients de passer des commandes complexes simplement en les dictant à un agent conversationnel.

Cette approche séduit un marché en pleine mutation. Après avoir séduit des grands comptes, DJUST étend désormais sa solution aux entreprises de taille intermédiaire (mid-market). Avec une levée de fonds de 7 millions d’euros, l’entreprise vise à accélérer son expansion en France et à l’international, tout en consolidant sa position de leader dans l’IA appliquée au B2B. « Nous ne vendons pas un logiciel, nous vendons une performance industrielle », résume Arnaud Rihiant.

Et maintenant ?

Avec cette levée de fonds, DJUST devrait accélérer le déploiement de ses solutions chez ses clients existants et élargir son portefeuille de grands comptes. La start-up pourrait également annoncer de nouveaux partenariats technologiques d’ici la fin de l’année 2026, notamment dans le domaine de la logistique et de la gestion des stocks. Reste à voir si l’IA agentique, encore en phase de démonstration pour le voice-to-order, parviendra à convaincre les sceptiques du secteur. Une chose est sûre : DJUST mise sur la preuve par l’exécution, bien plus que par le discours.

Avec une ambition claire et des résultats déjà tangibles, l’entreprise incarne une nouvelle génération de start-up françaises qui misent sur l’IA pour transformer des secteurs entiers – et non pour en faire des effets de mode éphémères.

DJUST se distingue par sa focalisation exclusive sur le B2B, un marché souvent négligé par les éditeurs de logiciels, et par son approche pragmatique de l’IA. Contrairement aux solutions génériques, DJUST intègre l’IA là où elle apporte une valeur immédiate et mesurable, comme l’automatisation des commandes par e-mail ou bientôt par voix. L’entreprise évite ainsi les écueils des projets d’IA qui échouent à se pérenniser, en combinant technologie moderne et stabilité industrielle.