Alors que s’ouvre la dernière rentrée scolaire sous la présidence d’Emmanuel Macron, neuf années de réformes ont profondément transformé le paysage éducatif français. Depuis 2017, l’Éducation nationale a été au cœur de multiples chantiers, pilotés par une succession de ministres. Ouest France fait le point sur les mesures phares qui ont marqué les deux quinquennats du chef de l’État, de la maternelle à la terminale.

Ce qu'il faut retenir

  • **Parcoursup**, introduit en 2018, a remplacé l’ancienne procédure d’admission post-bac pour les études supérieures.
  • La **réforme du baccalauréat** (2021) a supprimé les filières S, ES et L au profit de spécialités, avec une épreuve terminale recentrée.
  • Le **dédoublement des classes de maternelle** et de CP en réseau d’éducation prioritaire a concerné plus de 100 000 élèves depuis 2017.
  • La **réforme des lycées professionnels** (2023) a introduit des « campus des métiers » et renforcé les liens avec les entreprises.
  • La **loi « Gatel »** (2023) a encadré le port de l’abaya et du qamis dans les établissements scolaires.
  • Le **choc des savoirs** (2024) a instauré des évaluations nationales en français et mathématiques pour tous les élèves.

Parcoursup, un bouleversement dans l’accès aux études supérieures

Dès 2018, le gouvernement a remplacé l’APB (Admission Post-Bac) par Parcoursup, une plateforme censée simplifier et démocratiser l’accès aux formations du supérieur. Selon Ouest France, cette réforme a concerné chaque année près de 900 000 candidats pour environ 1,4 million de vœux. Si elle a permis une meilleure transparence dans les critères d’admission, elle a aussi suscité des critiques, notamment sur la complexité des algorithmes et les inégalités territoriales dans l’accès aux filières sélectives.

Le nouveau baccalauréat, une refonte en profondeur

La réforme du bac, entrée en vigueur en 2021, a marqué la fin des filières générales traditionnelles (S, ES, L). Désormais, les lycéens choisissent des **spécialités** en première et terminale, avec une épreuve anticipée de français en première et quatre épreuves terminales en terminale. Ouest France souligne que cette réforme visait à lutter contre les inégalités scolaires et à adapter les compétences aux besoins des universités. Pourtant, les premiers résultats ont révélé des difficultés pour certains élèves, notamment dans l’orientation post-bac.

Un effort ciblé sur les petites classes

L’une des mesures les plus médiatisées du quinquennat a été le **dédoublement des classes** en réseau d’éducation prioritaire (REP et REP+). Depuis 2017, plus de 100 000 élèves ont bénéficié de classes à effectifs réduits en maternelle et en CP. Ouest France rappelle que cette initiative, portée par les ministres Jean-Michel Blanquer puis Pap Ndiaye, s’inscrivait dans la promesse de réduire les écarts de niveau entre les territoires. Les premiers bilans montrent une amélioration des compétences en lecture et en écriture, mais des questions persistent sur la pérennité de ces dispositifs.

Les lycées professionnels, un secteur en pleine mutation

Avec la réforme de 2023, les lycées professionnels ont été transformés pour mieux répondre aux besoins du marché du travail. Ouest France indique que cette réforme a introduit des « campus des métiers et des qualifications », des partenariats renforcés avec les entreprises, et une meilleure reconnaissance des diplômes. Parmi les mesures phares, on note la création de 1 000 places supplémentaires en BTS et la généralisation des périodes de stage dès la première année de CAP. L’objectif affiché était de réduire le taux de décrochage scolaire, qui concernait encore 8 % des élèves en 2022.

Le « choc des savoirs » et les débats sur l’école

En 2024, le gouvernement a lancé le « choc des savoirs », un plan visant à renforcer les fondamentaux en français et en mathématiques. Ouest France précise que ce plan a inclus des évaluations nationales pour tous les élèves, des heures de soutien personnalisé, et un renforcement des moyens alloués aux écoles en difficulté. Parallèlement, la loi « Gatel » de 2023 a encadré le port de l’abaya et du qamis dans les établissements, suscitant un débat national sur la laïcité et la neutralité à l’école. Ces mesures ont été portées par des ministres successifs, dont Amélie Oudéa-Castéra, qui a quitté le gouvernement en 2024.

Et maintenant ?

Alors que la rentrée 2026 s’ouvre sous le signe de la transition, plusieurs chantiers restent en suspens. La mise en œuvre complète du « choc des savoirs » pourrait être évaluée d’ici fin 2026, tandis que la réforme des retraites et des finances publiques pourrait impacter les budgets alloués à l’Éducation nationale. Par ailleurs, les prochaines élections présidentielles de 2027 pourraient redessiner la politique éducative, avec des programmes déjà annoncés sur la réduction des inégalités scolaires et la revalorisation des métiers de l’enseignement.

Si les réformes macroniennes ont marqué un tournant dans l’histoire récente de l’école française, leur impact à long terme reste à mesurer. Une chose est sûre : l’Éducation nationale, comme tous les secteurs publics, devra composer avec un contexte budgétaire serré et des attentes sociales toujours plus fortes.

Depuis 2017, l’Éducation nationale a été dirigée par Jean-Michel Blanquer (2017-2022), Pap Ndiaye (2022-2023), Amélie Oudéa-Castéra (2023-2024), puis Gabriel Attal (2024) et Sébastien Lecornu (2024-2026), selon nos informations.