Chaque année en Europe et au Royaume-Uni, plus de **400 personnes** trouvent la mort dans des collisions impliquant des remorques de camions. Un bilan tragique que l’EuroNCAP, l’organisme européen d’évaluation de la sécurité automobile, juge intolérable et directement lié à des normes européennes obsolètes. Selon Frandroid, l’organisation, connue pour ses crash-tests exigeants, tire la sonnette d’alarme et appelle à une révision urgente des réglementations en vigueur.

Ce qu'il faut retenir

  • 400 morts par an en Europe et au Royaume-Uni dans des accidents impliquant des remorques de camions, selon les dernières estimations.
  • L’EuroNCAP accuse les normes européennes actuelles d’être inadaptées aux risques modernes.
  • Les collisions avec des remorques sont souvent mortelles en raison de leur angle mort étendu et de leur manque de systèmes d’assistance.
  • L’organisme propose d’intégrer des tests de sécurité spécifiques pour les remorques dans ses évaluations.
  • Les constructeurs et législateurs sont appelés à agir rapidement pour éviter de nouveaux drames.

Les remorques de camions représentent un danger particulier sur les routes européennes. Leur structure, souvent massive et peu visible, crée des angles morts considérables, rendant les manœuvres risquées pour les autres usagers. D’après EuroNCAP, les normes actuelles, datant de plusieurs décennies, n’ont pas évolué pour répondre à ces enjeux. « Les réglementations européennes en vigueur n’imposent pas de tests de sécurité suffisamment stricts pour les remorques », a déclaré Michiel van Ratingen, secrétaire général d’EuroNCAP, à Frandroid. « Résultat, des centaines de vies sont perdues chaque année à cause de ces véhicules, dont la conception n’intègre pas les avancées technologiques disponibles aujourd’hui. »

Parmi les lacunes identifiées, l’absence de systèmes d’alerte en cas de manœuvre dangereuse ou de caméras de recul adaptées figure en tête de liste. EuroNCAP souligne que les remorques modernes, équipées de technologies de pointe pour les camions, restent souvent dépourvues de dispositifs similaires. « Bref, on a des camions bardés de capteurs et de systèmes d’aide à la conduite, mais les remorques, elles, restent dans l’âge de pierre », a ironisé van Ratingen. L’organisme plaide donc pour l’inclusion de ces véhicules dans ses protocoles d’évaluation, une mesure qui pourrait forcer les constructeurs à améliorer leur sécurité.

Des solutions existent, mais leur adoption traîne

Plusieurs technologies pourraient réduire significativement le nombre d’accidents mortels. Les systèmes d’alerte de collision, les caméras à 360° ou encore les dispositifs de freinage automatique sont déjà éprouvés sur les véhicules légers. Pourtant, leur application aux remorques reste facultative. EuroNCAP propose d’intégrer ces critères dans ses futures évaluations, une décision qui pourrait inciter les fabricants à investir dans des solutions plus sûres. « Si nous rendons ces tests obligatoires, les constructeurs n’auront plus le choix : ils devront se mettre à niveau », explique van Ratingen.

En parallèle, l’organisme milite pour une harmonisation des normes à l’échelle européenne. Aujourd’hui, les réglementations varient d’un pays à l’autre, ce qui limite l’efficacité des mesures de sécurité. Une approche unifiée, combinée à des contrôles renforcés, pourrait sauver des dizaines de vies chaque année. « Il ne s’agit pas de révolutionner la réglementation, mais de l’adapter aux réalités du terrain », précise van Ratingen. « Les solutions techniques existent ; ce qui manque, c’est la volonté politique. »

Et maintenant ?

EuroNCAP a annoncé qu’elle soumettrait ses propositions aux autorités européennes d’ici la fin de l’année. Si elles sont adoptées, les nouvelles normes pourraient entrer en vigueur dès 2028, après une phase de consultation avec les États membres. Les constructeurs disposeraient alors d’un délai de deux ans pour adapter leurs modèles. Reste à voir si les législateurs suivront le mouvement, alors que le secteur du transport routier, déjà sous pression pour réduire ses émissions, pourrait freiner des quatre fers face à d’éventuels surcoûts.

En attendant, les associations de victimes et les familles des personnes décédées dans ces accidents continuent de faire pression pour un changement rapide. Leur combat illustre l’urgence d’agir, alors que chaque année supplémentaire sans réforme se solde par des centaines de nouveaux drames. Pour l’EuroNCAP, le message est clair : « Le temps des promesses est révolu. Il faut maintenant des actes. »

Les collisions sont majoritairement liées aux angles morts étendus des remorques, à l’absence de systèmes d’alerte avancés et au manque de dispositifs de freinage ou de manœuvre automatisés. Les normes européennes actuelles, jugées obsolètes, n’imposent pas l’intégration de ces technologies.