Lancé à l'automne 2025, le système automatisé d'enregistrement des voyageurs non européens à destination de l'Union européenne accumule les dysfonctionnements. Selon Libération, celui-ci génère des files d'attente pouvant atteindre cinq heures dans plusieurs aéroports majeurs du continent. Une situation qui place les gestionnaires d'infrastructures aériennes et les compagnies en première ligne face à la colère des passagers.
Ce qu'il faut retenir
- Un système automatisé d'enregistrement des voyageurs non européens mis en place à l'automne 2025 dans l'UE
- Des files d'attente pouvant atteindre cinq heures dans certains aéroports
- Une situation dénoncée par les aéroports et les compagnies aériennes, qui réclament des solutions
- La Commission européenne reconnaît que « beaucoup reste à faire » pour résoudre ces dysfonctionnements
Un dispositif présenté comme une solution, mais source de nouvelles contraintes
Conçu pour fluidifier les contrôles aux frontières extérieures de l'UE, ce système automatisé devait réduire les temps d'attente en s'appuyant sur des bornes biométriques et des procédures dématérialisées. Pourtant, d'après Libération, les résultats s'avèrent bien en deçà des attentes. Les gestionnaires d'aéroports comme les compagnies aériennes dénoncent des temps d'attente anormalement longs, parfois incompatibles avec les correspondances ou les horaires de vol. À Paris-Charles de Gaulle, Francfort ou Amsterdam, les retards s'accumulent, générant des tensions parmi les voyageurs.
Les professionnels du secteur pointent du doigt une mise en œuvre précipitée et un manque de coordination entre les États membres. « Ce système devait simplifier les procédures, mais il crée de nouvelles contraintes logistiques », a expliqué un porte-parole de l'Association des compagnies aériennes européennes (AEA) à Libération. Les acteurs du transport aérien réclament désormais une refonte partielle du dispositif, avec des ajustements techniques et humains pour éviter l'engorgement des terminaux.
Bruxelles reconnaît les lacunes du système, mais tarde à proposer des solutions concrètes
Face à l'ampleur des dysfonctionnements, la Commission européenne a reconnu, via une déclaration de l'une de ses porte-parole, que « beaucoup reste à faire » pour résoudre la situation. « Nous travaillons avec les États membres pour identifier les causes des retards et y remédier dans les meilleurs délais », a-t-elle indiqué. Pour autant, aucune mesure immédiate n'a été annoncée, et les voyageurs doivent encore composer avec des temps d'attente imprévisibles.
Le problème ne se limite pas à quelques aéroports isolés. D'après des sources internes citées par Libération, les retards se généralisent sur les principaux hubs européens, notamment ceux qui accueillent le plus de passagers en provenance d'Afrique, d'Asie ou d'Amérique latine. Une situation qui pourrait, à terme, dissuader certains voyageurs de choisir l'Europe comme destination, au profit d'autres régions mieux équipées en infrastructures de contrôle.
Des passagers en première ligne, entre impatience et incompréhension
Les voyageurs, souvent en transit ou pressés par le temps, subissent de plein fouet ces dysfonctionnements. Entre files d'attente interminables et manque d'informations claires, leur mécontentement grandit. « On nous avait promis des contrôles plus rapides, mais c'est tout l'inverse qui se produit », témoigne un passager arrivé à Londres-Heathrow début juillet. Les compagnies aériennes, elles, tentent de gérer au mieux la situation en proposant des compensations ou des services prioritaires, mais ces mesures restent insuffisantes aux yeux des usagers.
Certains aéroports, comme celui de Madrid-Barajas, ont dû réactiver temporairement des postes de contrôle manuels pour désengorger les terminaux. Une solution palliative qui illustre l'urgence de trouver une réponse structurelle. « On ne peut pas continuer à improviser », a souligné un responsable de l'aéroport madrilène. Les associations de défense des droits des passagers appellent, quant à elles, à une meilleure transparence de la part des autorités européennes.
Cette situation interroge sur la capacité de l'UE à concilier sécurité aux frontières et fluidité du transport aérien. Alors que les déplacements internationaux reprennent après la pandémie, les dysfonctionnements actuels pourraient bien devenir un symbole des défis persistants en matière de gouvernance européenne.