Selon RMC Sport, Olivier Létang, président du LOSC Lille depuis fin 2020, a clairement écarté toute possibilité de rejoindre prochainement les instances dirigeantes du football français. Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi 2 septembre 2026, il a justifié sa position en critiquant ouvertement la place prépondérante accordée, selon lui, aux intérêts personnels plutôt qu’à l’intérêt général dans ces structures.
Ce qu'il faut retenir
- Olivier Létang, président du LOSC, rejette catégoriquement l’idée de rejoindre les instances du football français, invoquant une aversion pour la politique et les logiques d’intérêts individuels.
- Il dénonce une perte de vue de l’essentiel du football, remplaçant l’intérêt général par des calculs personnels, citant en exemple Michel Platini pour illustrer cette dérive.
- Le LOSC affiche une santé financière exceptionnelle avec un solde positif de plus de 120 millions d’euros lors du dernier mercato estival, une performance rare dans le football français actuel.
- Létang se présente comme le porte-parole des clubs modestes, plaidant pour une redistribution plus équitable des droits télévisuels et une lutte renforcée contre le piratage.
- Le club nordiste affiche un bilan globalement positif de 304,81 millions d’euros depuis l’arrivée de Létang à sa tête, une stratégie qui contraste avec les difficultés économiques de nombreux autres clubs français.
Une vision du football incompatible avec les instances dirigeantes
« J’ai un gros problème, c’est que j’ai horreur de la politique. Moi, je ne fais pas de politique, je ne fais pas de religion », a lancé Olivier Létang en ouverture de sa prise de parole, selon RMC Sport. Le dirigeant du LOSC a ensuite développé sa critique des instances, s’appuyant sur une référence qui lui est chère : Michel Platini. « Je pense qu’aujourd’hui dans les instances politiques, je vais citer quelqu’un que j’adore, qui est Michel Platini. Le problème dans nos instances, c’est que beaucoup sont pour le "je" et non pour le "jeu", le football que tous nous adorons. »
Cette déclaration intervient alors que le football français traverse une période particulièrement délicate, tant sur le plan économique qu’institutionnel. Létang a estimé que « l’intérêt personnel prend trop souvent le pas sur l’intérêt général », un constat qu’il a illustré par une formule cinglante : « On oublie le jeu, il y a beaucoup d’intérêt personnel. » Il a ensuite fermé définitivement la porte à toute candidature aux instances : « Donc avant que je rentre dans les instances… ce n’est absolument pas prévu. »
Les droits TV et le piratage, des combats prioritaires pour les clubs modestes
Malgré les résultats économiques flatteurs du LOSC, Olivier Létang a rappelé qu’il partage les préoccupations de ses homologues concernant la redistribution des revenus. « Je me suis fait le porte-parole de tous les clubs », a-t-il insisté. Quinze jours plus tôt, il avait reçu Olivier Bramly, nouveau directeur général de LFP Média, pour aborder cette question épineuse. « Il n’y a pas de petits ou de gros clubs. Il y a des clubs qui ont des budgets plus modestes et je me suis fait le porte-parole en disant qu’on attend qu’il y ait plus d’argent qui ruisselle pour les clubs », a-t-il précisé.
Son discours s’adresse particulièrement aux clubs de Ligue 1 évoluant en deuxième partie de classement ainsi qu’aux formations de Ligue 2, souvent en proie à des difficultés financières structurelles. « Je suis comme mes camarades, préoccupé par ça. Comment revenir à quelque chose qui soit plus vertueux ? », s’est-il interrogé. Létang a également évoqué deux autres sujets de préoccupation majeurs pour les clubs : le piratage des rencontres et la Proposition de loi relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel (PPL). « Comme je suis inquiet par le piratage, comme je suis inquiet par le PPL qui est passé et qui a une raison, non pas économique mais politique, et quand on mélange sport et politique, c’est un désastre », a-t-il conclu.
« Je me suis fait le porte-parole de tous les clubs. Il n’y a pas de petits ou de gros clubs. Il y a des clubs qui ont des budgets plus modestes et je me suis fait le porte-parole en disant qu’on attend qu’il y ait plus d’argent qui ruisselle pour les clubs. »
Un redressement économique remarquable pour le LOSC
Cette prise de position intervient alors que le LOSC confirme sa solidité financière sous la direction d’Olivier Létang. Arrivé à la tête du club en décembre 2020, il a fait du redressement économique une priorité absolue après une période marquée par les difficultés sous la présidence de Gérard Lopez. Lille figure désormais parmi les rares clubs de Ligue 1 à afficher une balance financière positive, une performance d’autant plus notable que le football français subit de plein fouet la baisse des droits télévisuels.
Le dernier mercato estival a encore renforcé cette dynamique, avec un solde positif dépassant les 120 millions d’euros. Plusieurs opérations majeures ont contribué à ce résultat, dont la vente record de **Bouaddi à Manchester City** ou celle de **Fernandez-Pardo à Newcastle**. Depuis le début de son mandat, la balance globale des transferts du LOSC atteint ainsi 304,81 millions d’euros en positif. Une performance qui place le club dans une position de force, même si Létang insiste sur la nécessité de ne pas opposer les formations selon leur puissance financière.
Un contexte sportif et institutionnel tendu
Le discours d’Olivier Létang s’inscrit dans un environnement où les clubs français doivent composer avec des défis multiples. La baisse des droits TV, le piratage endémique et les tensions autour de la gouvernance du football français compliquent la donne pour l’ensemble des acteurs. Dans ce contexte, le LOSC apparaît comme une exception, mais Létang rappelle que sa stratégie ne le dissocie pas des autres formations. « Je suis comme mes camarades, préoccupé par ça », a-t-il répété, soulignant que la recherche d’un modèle plus équitable reste un enjeu collectif.
Son refus de s’engager dans les instances ne signifie pas pour autant un désengagement du débat sportif. Bien au contraire, il se présente comme un acteur clé pour défendre les intérêts des clubs, notamment les plus modestes. Une position qui pourrait peser dans les discussions à venir sur la redistribution des revenus et la régulation du secteur.
Reste à voir si les prises de position du président lillois trouveront un écho au-delà des murs du Stade Pierre-Mauroy. Une chose est sûre : dans un paysage footballistique français en pleine recomposition, ses déclarations risquent de ne pas laisser indifférents les autres acteurs du secteur.
Selon RMC Sport, Olivier Létang dénonce principalement l’emprise des intérêts personnels au détriment de l’intérêt général, une logique qu’il illustre par la formule « beaucoup sont pour le "je" et non pour le "jeu" ». Il cite Michel Platini pour souligner cette dérive, estimant que les instances privilégient les calculs individuels plutôt que l’essence même du football.