Le ministère iranien des Affaires étrangères a qualifié d’« crime de guerre » une frappe aérienne présumée américaine sur une maison lors d’un mariage dans la ville de Sirik, dans le sud-est de l’Iran. Selon les médias locaux et le Croissant-Rouge iranien, au moins quatre personnes, dont un enfant de quatre ans, ont péri dans l’attaque, rapporte France 24.
Ce qu'il faut retenir
- Une frappe aérienne présumée américaine a ciblé une maison lors d’un mariage à Sirik, dans le sud-est de l’Iran.
- Quatre morts, dont un enfant de quatre ans, selon les autorités iraniennes et le Croissant-Rouge local.
- Le Commandement central américain (CENTCOM) dément avoir visé des civils.
- Téhéran dénonce un « crime de guerre » et exige des comptes.
D’après les premiers éléments rapportés par l’agence Mehr et le Croissant-Rouge iranien, l’incident s’est produit dans la soirée du 31 août 2026. Les victimes, toutes membres de familles locales, participaient à une cérémonie nuptiale lorsque les frappes auraient été lancées. Les autorités iraniennes n’ont pas précisé si des armes ou des infrastructures militaires étaient présentes sur les lieux, mais ont immédiatement pointé du doigt une responsabilité américaine.
De son côté, le Commandement central américain (CENTCOM) a rejeté ces accusations. Dans un communiqué diffusé le 1er septembre, l’institution militaire a affirmé que ses opérations dans la région « visaient exclusivement des cibles légitimes liées à des activités terroristes » et qu’« aucun civil n’a été délibérément pris pour cible ». Le CENTCOM n’a cependant pas précisé si une enquête était en cours pour éclaircir les circonstances de cette frappe.
La réaction iranienne a été immédiate et sans équivoque. Le ministère des Affaires étrangères a convoqué l’ambassadeur suisse en Iran, qui représente les intérêts américains à Téhéran, pour lui remettre une note de protestation officielle. « Cette attaque constitue une violation flagrante du droit international et des conventions de Genève », a déclaré le porte-parole du ministère, Nasser Kanani, avant d’ajouter : « Nous exigeons une enquête transparente et la punition des responsables. »
« Cette frappe est un crime de guerre et une violation inacceptable de la souveraineté iranienne. »
— Nasser Kanani, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères
Le drame de Sirik survient dans un contexte de tensions persistantes entre Washington et Téhéran, marquées par des échanges de frappes ciblées et des accusations mutuelles de soutien au terrorisme. En janvier 2020, une frappe américaine avait tué le général Qassem Soleimani, une figure clé du régime iranien, déclenchant une escalade militaire avant un accord de désescalade précaire. Depuis, les incidents entre les deux pays se multiplient, notamment en Irak et en Syrie, où des milices pro-iraniennes sont régulièrement ciblées par des frappes attribuées à la coalition internationale.
La communauté internationale, notamment l’Union européenne, a appelé à la retenue pour éviter une nouvelle dégradation de la situation dans une région déjà fragilisée. Reste à savoir si les preuves avancées par l’Iran – ou les éléments que pourrait produire le CENTCOM – permettront d’éclaircir les circonstances exactes de cette frappe, dont les répercussions pourraient dépasser le cadre local.