Après vingt-quatre mois de travaux imposés par le chantier de la ligne 18 du métro, le Golf National, situé à Guyancourt dans les Yvelines, a rouvert ses portes ce mardi 1er septembre 2026. Selon nos confrères de RMC Sport, cette réouverture intervient à seulement 23 jours du départ de l’Open de France, une compétition majeure qui accueillera, comme en 2018 lors de la Ryder Cup ou en 2024 pour les Jeux olympiques, les meilleurs joueurs mondiaux sur le mythique parcours de l’Albatros.
Dès 7h30 ce matin, les portes du Golf National seront accessibles au public, marquant ainsi la fin d’un chantier titanesque qui a profondément transformé l’infrastructure du site. Christophe Muniesa, directeur général de la Fédération française de golf, n’a pas caché sa satisfaction : « C’est une satisfaction et une fierté, surtout pour l’équipe qui a mené ce chantier. On a envie de voir les golfeurs fouler de nouveau les fairways du Golf National, et parmi eux ceux qui viendront participer au Fedex Open de France dans trois semaines. Ce sera le retour des meilleurs joueurs du monde, donc il y a beaucoup d’attente et une certaine excitation. »
Ce qu'il faut retenir
- 24 mois de travaux : le Golf National a été fermé depuis le 21 octobre 2024 en raison de la construction de la ligne 18 du métro, qui traverse le site.
- 3 trous entièrement repensés : les trous 4, 5 et 6 ont été modifiés et redesignés pour s’adapter aux exigences du golf moderne.
- 7 greens retravaillés : afin de garantir une qualité de jeu optimale, ces surfaces ont été remises à niveau après des années d’entretien intensif.
- Un volet écologique marqué : installation de panneaux photovoltaïques, utilisation de tondeuses lavées à l’eau de pluie et sélection de graines adaptées aux canicules.
- Un nouveau parcours d’initiation en 2027 : 5 hectares seront dédiés à l’Oiselet, un 9 trous par 3 accessible à tous, avec un tarif compris entre 15 et 20 euros.
- 140 hectares d’entretien : dont 40 hectares entretenus intensivement pour garantir un gazon toujours vert, même en période de canicule.
Dès hier matin, Grégory Havret, golfeur professionnel originaire de La Rochelle, a pu tester le parcours après sa réfection. « Il y a encore quatre ou cinq mois, c’était un terrain vague ici », a-t-il témoigné depuis le green numéro 4. « Donc je suis assez bluffé de voir la qualité de ce parcours. » Ce dernier, qui a connu les plus grands événements golfiques internationaux, semble désormais prêt à accueillir une nouvelle génération de joueurs. Philippe Pilato, directeur du Golf National, a précisé les raisons de ces transformations : « Il fallait remettre un parcours en phase avec le golf moderne. Les golfeurs d’aujourd’hui mettent les balles en mise en jeu plus loin, ils sont plus précis et mieux préparés. Il faut donc adapter le parcours aux exigences du haut niveau. »
Outre les trois trous redessinés, sept greens ont également subi des travaux de remise à niveau. « Il fallait les remettre à niveau car les surfaces de jeu se modifient avec l’entretien régulier, le tontes et l’ajout de sable », a expliqué Pilato. Une attention particulière a été portée à l’adaptation du site aux enjeux climatiques actuels. Lucas Pierré, greenkeeper du Golf National, a détaillé les mesures prises : « On a 140 hectares, dont 40 hectares entretenus intensivement. On a fait en sorte d’utiliser tout notre potentiel pour récupérer l’eau d’excédent de sol. On arrose de manière justifiable. On est un site olympique, l’image de la France. Je ne pense pas avoir vu le Stade de France pour un match de l’équipe de France avec une pelouse jaune cramée. Là, c’est vert, mais il y a deux semaines ce n’était pas le cas. On a subi comme tout le monde. »
Pour anticiper les canicules futures, le Golf National a opté pour des graines sélectionnées pour leur sobriété en eau, leur résistance aux maladies et leur capacité à conserver une qualité de jeu élevée. « Cela va permettre d’avoir une pelouse qui ne souffre pas comme on a pu le voir ailleurs, par exemple au Parc des Princes en début de championnat de football », a souligné Pierré. « On dit que leur pelouse est l’une des plus belles d’Europe, mais elle souffre aussi. Cela nous apprend que la nature sera toujours plus forte que nous. »
Un projet ambitieux pour démocratiser le golf
Au printemps 2027, le Golf National inaugurera un nouveau parcours d’initiation baptisé l’Oiselet. Ce 9 trous par 3, installé sur environ 5 hectares, s’adressera aux amateurs souhaitant s’entraîner avant de passer à des parcours plus techniques. Christophe Muniesa insiste sur cette volonté d’ouverture : « Il faut pousser la porte. Il y a souvent un écart entre la perception que peut avoir le grand public et la réalité. Le golf en France compte 450 000 licenciés, ce qui en fait la sixième discipline en termes de nombre de licenciés. Il est bien plus accessible qu’on ne le croit. »
Pour encourager cette accessibilité, l’accès à l’Oiselet sera proposé à un tarif modéré, entre 15 et 20 euros. « C’est un parcours école afin d’ouvrir au maximum ces portes », a-t-il ajouté. Pourtant, la Fédération française de golf doit encore relever un défi de taille : la rétention des nouveaux pratiquants. Seulement 10 % des initiés prennent une licence après leur première expérience, et sur les 40 000 nouvelles licences délivrées chaque année, 50 % sont abandonnées dans les trois premières années. « Il faut qu’on continue d’accompagner et de former ces nouveaux golfeurs », a reconnu Muniesa. « On œuvre pour élaborer des formats de jeu plus compacts afin de séduire et de garder les golfeurs, car cela demande du temps. »
Grégory Havret, qui a participé à la Ryder Cup 2018 sur ce même parcours, abonde en ce sens : « Il faut de tout. Le but est qu’on arrive à une offre pleine en France, de l’accessible au plus compliqué. Il faut aussi que ce soit plus accessible, mais des efforts sont faits par un grand nombre de golfs. On a envie que les gens viennent à nous, leur montrer qu’on est dans la nature, entre copains, avec des contraintes financières bien moins lourdes qu’auparavant. » La future desserte par la ligne 18 du métro devrait également faciliter l’accès au site pour les habitants des Yvelines et de la région parisienne.
La réouverture du Golf National intervient donc à un moment clé, entre héritage olympique et ambitions écologiques. Si le parcours a su s’adapter aux défis modernes, la vraie épreuve consistera désormais à séduire un public toujours plus exigeant, dans un sport où l’image d’exclusivité persiste malgré les efforts de démocratisation.