Le géant américain Google a annoncé une extension des données qu’il collecte via ses principaux services de recherche, y compris les images, les fichiers et les enregistrements audio, certains de ces contenus pouvant désormais être utilisés pour entraîner ses modèles d’intelligence artificielle. Cette évolution, introduite via une mise à jour des paramètres de confidentialité, concerne des outils comme Search, Maps, Shopping, Flights, Hotels, Translate et News, dont les paramètres seront progressivement modifiés au cours des prochains mois, indique Euronews FR.
Ce qu'il faut retenir
- Huit services Google sont concernés par cette collecte élargie, à l’exclusion notable de Google Photos.
- Les utilisateurs peuvent désormais désactiver manuellement le partage de leurs données, notamment l’historique de recherche et les contenus multimédias importés.
- Google précise que ces données servent à « fournir, développer et améliorer ses services », dont l’entraînement de modèles d’IA générative, ainsi qu’à renforcer la sécurité de ses plateformes.
- Les concurrents comme OpenAI et Anthropic adoptent des approches similaires, avec des options de désactivation par défaut pour les utilisateurs.
- Les utilisateurs disposent d’options pour gérer la durée de conservation de leurs données, avec des choix de suppression automatique après 3, 18 ou 36 mois.
Cette initiative s’inscrit dans une tendance plus large du secteur technologique, où les entreprises exploitent davantage les interactions quotidiennes des utilisateurs avec leurs services numériques pour alimenter leurs outils d’IA. Jusqu’ici, ces géants se reposaient principalement sur le scraping de données publiques disponibles sur le web, mais l’accent se déplace désormais vers l’utilisation des contenus générés par les utilisateurs eux-mêmes, comme l’a confirmé Google dans sa documentation officielle.
Parmi les services concernés, on retrouve des plateformes emblématiques comme Google Search, qui indexe les requêtes des utilisateurs, ou encore Google Maps, dont les données de navigation pourraient également être exploitées. Google Photos, en revanche, reste exclu de cette politique, précise la firme dans ses communications. Les utilisateurs doivent désormais prêter une attention particulière aux paramètres de confidentialité, alors que l’entreprise a commencé à déployer ces modifications depuis le mois de juillet 2026.
Des données personnelles désormais au cœur de l’entraînement des IA
La collecte de données ne se limite plus aux simples historiques de recherche. Google intègre désormais la possibilité d’enregistrer les images, fichiers, enregistrements audio et vidéo importés via ses services, indique le géant technologique. Ces contenus, une fois partagés par les utilisateurs, peuvent être utilisés pour « entraîner des modèles d’IA générative », mais aussi pour « améliorer et développer » les services existants. Dans un communiqué, Google souligne également que ces données contribuent à « protéger Google, ses utilisateurs et le public », notamment grâce à l’intervention d’examinateurs humains.
Cette pratique n’est pas nouvelle, mais elle prend une dimension inédite avec l’essor de l’intelligence artificielle générative. Par exemple, le système reCAPTCHA de Google, autrefois utilisé pour lutter contre le spam, servait déjà à numériser des livres et des journaux en demandant aux utilisateurs d’identifier des mots illisibles par les machines. Aujourd’hui, la logique reste similaire, mais l’échelle et la sophistication des outils ont considérablement évolué.
Selon les experts du secteur, cette stratégie reflète une mutation profonde dans la manière dont les entreprises technologiques construisent leurs modèles d’IA. Plutôt que de se contenter de données issues du web, elles s’appuient désormais sur l’activité directe des utilisateurs, une approche à la fois plus efficace et plus intrusive. « On assiste à un virage vers l’exploitation des interactions quotidiennes, plutôt que vers le simple scraping de données externes », explique un analyste du secteur, sous couvert d’anonymat.
Comment limiter l’accès de Google à vos données ?
Face à cette extension des pratiques de collecte, les utilisateurs disposent de plusieurs options pour limiter l’accès de Google à leurs informations personnelles. Dans les paramètres de confidentialité des services Google Search, il est désormais possible de désactiver manuellement deux options clés : « Search Services History » et « Save Media ». La première concerne l’historique des recherches, tandis que la seconde couvre les fichiers et contenus multimédias importés via les services de Google.
Les utilisateurs peuvent également configurer la durée de conservation automatique de leurs données. Trois options sont proposées : suppression après trois mois, 18 mois ou 36 mois. Une fois cette période écoulée, les données sont automatiquement effacées des serveurs de Google. Cette fonctionnalité permet de concilier praticité et respect de la vie privée, bien que son activation reste facultative.
Pour accéder à ces paramètres, il suffit de se rendre dans la section « Historique des activités » de son compte Google. Une fois connecté, l’utilisateur peut ajuster ses préférences en quelques clics, sans nécessiter de compétences techniques particulières. « Ces outils ont été conçus pour être accessibles au plus grand nombre, afin que chacun puisse reprendre le contrôle sur ses données », précise Google dans sa documentation.
Google n’est pas le seul à exploiter les données des utilisateurs pour l’IA
Si Google est aujourd’hui au cœur de l’attention, il n’est pas le seul acteur à adopter cette stratégie. OpenAI, le créateur de ChatGPT, indique dans sa documentation que le partage de données est activé par défaut pour les comptes grand public, bien que les utilisateurs puissent s’y opposer. De son côté, Anthropic propose une option permettant à son modèle d’IA, Claude, d’accéder aux conversations et sessions de programmation des utilisateurs pour améliorer ses systèmes, à moins que ces derniers ne désactivent explicitement cette fonctionnalité.
En Europe, Meta a également pris des mesures controversées en utilisant les publications publiques des utilisateurs pour « contribuer au développement et à l’amélioration de l’IA ». L’entreprise a également été critiquée pour l’utilisation des données captées par ses lunettes intelligentes dotées d’IA, un dispositif qui enregistre en continu l’environnement des utilisateurs. Ces pratiques ont suscité des interrogations sur le respect du règlement général sur la protection des données (RGPD), bien que Meta affirme se conformer aux exigences légales.
Cette course aux données illustre une réalité du secteur : l’entraînement des modèles d’IA repose de plus en plus sur des sources variées, parfois sans que les utilisateurs en aient pleinement conscience. Les régulateurs européens et américains commencent à s’intéresser à ces pratiques, mais les cadres légaux peinent à suivre le rythme des innovations technologiques.
Cette évolution interroge également sur l’équilibre entre innovation technologique et respect des libertés individuelles. Alors que les modèles d’IA deviennent de plus en plus performants, la question de leur alimentation en données reste un enjeu central. Les utilisateurs, comme les régulateurs, devront donc jouer un rôle clé pour garantir que cette course à l’innovation ne se fasse pas au détriment des droits fondamentaux.
Selon Euronews FR, huit services Google sont concernés : Search, Maps, Shopping, Flights, Hotels, Translate et News. Google Photos, en revanche, est explicitement exclu de cette politique.
Les utilisateurs peuvent désactiver manuellement deux options dans les paramètres de confidentialité : « Search Services History » pour l’historique de recherche et « Save Media » pour les fichiers et contenus multimédias importés. Ils peuvent également choisir une durée de suppression automatique des données (3, 18 ou 36 mois).