Le gouvernement a dévoilé ce mardi 7 juillet 2026 les grandes lignes de son plan d’électrification de l’économie, incluant un nouveau dispositif de « leasing social » pour les pompes à chaleur (PAC) air-eau. Selon BFM Immo, cette mesure phare vise à étaler sur trois ans le financement, la maintenance et l’énergie associée à ces équipements, avec pour objectif de réduire de moitié les factures de chauffage après cette période.
Trois mois après le lancement du plan d’électrification, ce nouveau volet s’ajoute aux 22 mesures déjà annoncées, dont plusieurs sont désormais opérationnelles. D’autres entreront en vigueur dans les semaines et mois à venir, afin de consommer davantage d’énergie électrique et moins de carburants fossiles. Ce plan s’inscrit dans la stratégie du gouvernement pour réduire à 40 % la part des énergies fossiles dans le mix énergétique français d’ici cinq ans, contre 60 % actuellement.
Ce qu'il faut retenir
- Lancement d’un leasing social sur trois ans pour les pompes à chaleur air-eau, avec paiement mensuel similaire à une facture de gaz ou de fioul, puis division par deux de la facture après amortissement.
- Renforcement des aides pour les véhicules électriques fabriqués en Europe : jusqu’à 9 500 € pour les particuliers et 7 600 € pour les ménages modestes « gros rouleurs ».
- Déploiement de 400 000 bornes électriques d’ici 2030, porté par le programme Advenir doté de 400 millions d’euros supplémentaires.
- Interdiction des chaudières à gaz dans les bâtiments neufs à partir du 1er janvier 2027, et recentrage de Ma Prime Rénov’ sur l’électrification à partir du 1er septembre 2026.
- Création de 100 territoires d’électrification, avec plus de 200 candidatures déjà reçues.
Un leasing social pour les pompes à chaleur, opérationnel dès octobre 2026
Dans le secteur du logement, le gouvernement a détaillé les contours techniques d’un appel à projets pour un « leasing social » dédié aux pompes à chaleur air-eau. Ce dispositif, qui sera lancé le 1er octobre 2026, permettra aux ménages de financer leur équipement sur trois ans, avec un coût moyen estimé entre 10 000 € et 15 000 €. Pendant cette période, les foyers paieront un montant mensuel équivalent à leur actuelle facture de gaz ou de fioul, puis verront leur facture de chauffage divisée par deux une fois l’équipement amorti.
Contrairement au leasing social pour les véhicules électriques, les pompes à chaleur ne seront pas restituées à l’État. Les équipements devraient intégrer des modèles « réversibles », capables de produire de la fraîcheur l’été en plus de la chaleur l’hiver, bien que leur efficacité reste limitée par rapport à des climatisations classiques. Ces dernières, fabriquées quasi exclusivement en Asie, ne sont pas incluses dans le dispositif, mais le gouvernement a annoncé la publication prochaine d’un décret pour abaisser leur TVA à 5,5 %.
Renforcement des aides pour les véhicules électriques et infrastructures
Côté mobilité, le gouvernement a confirmé que la troisième édition du leasing social pour les véhicules électriques s’ouvrira le 16 juillet 2026. Parmi les 50 000 modèles éligibles, les aides seront renforcées pour les voitures, batteries et moteurs fabriqués en Europe, avec un bonus pouvant atteindre 9 500 €. Pour les ménages modestes réalisant plus de 12 000 km par an pour leur activité professionnelle, une aide supplémentaire de 7 600 € est prévue à partir du 1er septembre 2026.
Le gouvernement a également rappelé que les aides pour les utilitaires, poids lourds, engins de chantier et agricoles électriques sont déjà effectives. Par ailleurs, le programme Advenir, qui finance le déploiement des bornes de recharge, sera reconduit et doté de 400 millions d’euros, avec pour objectif de porter le nombre de bornes à 400 000 d’ici 2030. Une réforme visant à faciliter l’accès au réseau électrique à haute tension doit également être finalisée d’ici la fin de l’année 2026.
Ma Prime Rénov’ recentrée sur l’électrification et fin des chaudières à gaz
Le gouvernement a annoncé que Ma Prime Rénov’ serait recentrée sur l’électrification dès le 1er septembre 2026. Cela signifie la fin du financement des chaudières à gaz dans le cadre des rénovations d’ampleur, ainsi que des poêles à bois ou à granulés dans les mono-gestes. Pour les artisans, un appel à projets a été lancé pour les accompagner financièrement dans la transition vers des équipements électriques, comme les fours des céramistes, les plaques de cuisson des restaurateurs ou les rôtissoires des bouchers.
Autre mesure phare : l’interdiction des chaudières à gaz dans les bâtiments neufs entrera en vigueur le 1er janvier 2027. Cette décision s’inscrit dans la volonté de l’exécutif de accélérer la transition énergétique et de réduire la dépendance aux énergies fossiles. Par ailleurs, un décret interdisant la publicité pour les énergies fossiles devrait être publié d’ici la fin de l’année 2026.
« Ce plan vise à passer en cinq ans de 60 % à 40 % d’énergie fossile dans le mix énergétique français. Il s’agit d’une accélération historique. »
Sur le plan territorial, les 100 territoires d’électrification annoncés par le gouvernement devraient être précisés dans les semaines à venir, parmi plus de 200 candidatures reçues. L’État, de son côté, s’est engagé à ce que 100 % des véhicules acquis lors des renouvellements annuels de son parc soient électriques, afin de montrer l’exemple.
Enfin, la réforme de l’accès au réseau électrique à haute tension, prévue pour la fin de l’année 2026, pourrait faciliter l’implantation de nouveaux projets industriels et tertiaires, en privilégiant les sites prêts à être raccordés rapidement plutôt que ceux inscrits en priorité administrative.
Le dispositif sera lancé le 1er octobre 2026 via un appel à projets porté par des opérateurs privés. Les ménages devront se tourner vers l’un des trois acteurs pressentis — IZI par EDF, Octopus Energy ou Effy — pour souscrire un contrat de leasing sur trois ans, incluant l’installation, la maintenance et l’énergie. Les détails pratiques, comme les conditions de revenus ou les plafonds de dépenses, seront précisés lors du lancement officiel.