Selon Libération, un collectif réunissant des féministes de gauche, des chercheuses, des élues et des personnalités associatives s’oppose fermement à la gestation pour autrui (GPA), y compris sous sa forme dite « éthique » ou « altruiste ». Pour ces militantes, cette pratique ne peut échapper à une logique de marchandisation du corps des femmes, malgré les arguments avancés en sa faveur.

Ce qu'il faut retenir

  • La GPA « éthique » est remise en cause par un collectif féministe, qui y voit une forme de marchandisation du corps des femmes, même sous couvert d’altruisme.
  • Le groupe inclut Gabrielle Siry-Houari, conseillère de Paris, ainsi que des chercheuses, des politiques et des acteurs associatifs.
  • Le débat porte sur la possibilité d’une GPA « sans profit », alors que ses détracteurs estiment qu’elle reste indissociable d’une logique économique.

Un collectif féministe et de gauche s’oppose à la GPA sous toutes ses formes

Un collectif féministe, composé de militantes de gauche et de chercheuses, dénonce l’argumentaire autour de la GPA « éthique » ou « altruiste ». Selon ces opposantes, cette pratique, présentée comme une solution désintéressée, ne peut en réalité se soustraire à une logique de profit. Gabrielle Siry-Houari, conseillère de Paris et membre de ce collectif, a souligné que « la GPA, même encadrée par des règles strictes, reste une forme d’exploitation du corps des femmes ».

Le groupe s’appuie sur des travaux académiques et des expériences internationales pour affirmer que la distinction entre GPA « commerciale » et GPA « altruiste » relève d’un vœu pieux. Pour ces militantes, la frontière entre les deux modèles est poreuse, et la notion d’altruisme ne suffit pas à écarter les risques de marchandisation.

Des arguments fondés sur l’expérience des pays ayant légalisé la GPA

Les membres du collectif s’appuient sur des exemples concrets, notamment ceux des pays ayant légalisé la GPA, comme le Canada ou certains États américains. D’après leurs observations, même dans des cadres juridiques stricts, des dérives persistent. Libération rapporte que des témoignages de femmes ayant porté des grossesses pour autrui révèlent des pressions économiques ou sociales, malgré les garanties légales.

Pour ces féministes, l’argument selon lequel la GPA « altruiste » serait une solution éthique ignore la réalité des rapports de force. « Une femme qui accepte de porter un enfant pour une autre, même sans rémunération directe, peut se sentir obligée par des circonstances matérielles ou affectives », a précisé une chercheuse membre du collectif, sans citer de nom par souci de confidentialité.

Une opposition qui s’inscrit dans un débat plus large sur les droits des femmes

Ce rejet de la GPA s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’autonomie corporelle et les droits des femmes. Les militantes rappellent que le corps féminin a historiquement été soumis à des normes et des contraintes, et que la GPA, même présentée comme un choix libre, peut reproduire ces schémas. Gabrielle Siry-Houari a rappelé que « la liberté de disposer de son corps ne doit pas être confondue avec une obligation morale de le mettre au service d’autrui ».

Le collectif s’oppose également à l’instrumentalisation du discours féministe pour justifier la GPA. Pour elles, cette pratique ne relève pas de l’émancipation, mais bien d’une forme de réification du corps des femmes, où leur rôle reproductif serait monnayable, même indirectement.

Et maintenant ?

Le débat autour de la GPA, et en particulier de sa version « éthique », devrait s’intensifier dans les mois à venir, alors que plusieurs propositions de loi sont en discussion au Parlement. Les militantes du collectif appellent à une interdiction totale de la pratique, tandis que ses défenseurs défendent un encadrement strict. Une décision politique pourrait être attendue d’ici la fin de l’année, dans le cadre des travaux sur la bioéthique.

Pour ces féministes, l’enjeu est de protéger les femmes contre toute forme d’exploitation, qu’elle soit économique ou symbolique. Le débat reste ouvert, mais une chose est sûre : la question de la GPA, sous toutes ses formes, ne cessera de diviser la société.

La GPA « commerciale » implique une rémunération financière directe pour la femme qui porte l’enfant, tandis que la GPA « altruiste » est présentée comme un acte désintéressé, sans contrepartie pécuniaire. Cependant, ses détracteurs estiment que cette distinction est artificielle, car même dans un cadre altruiste, des pressions économiques ou sociales peuvent influencer la décision des femmes.