Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé, mardi 1er septembre 2026, les chefs d’État réunis à Bichkek pour le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS) à « mettre fin à la folie » des guerres qui déchirent le monde. Selon nos confrères de Euronews FR, le responsable onusien a saisi cette rare opportunité pour plaider directement en faveur de la paix auprès des principaux acteurs impliqués dans ces conflits.

Ce qu'il faut retenir

  • António Guterres a dénoncé l’absence de solutions durables aux conflits en Ukraine et au Moyen-Orient lors de son discours à Bichkek.
  • Le secrétaire général a insisté sur la reprise des frappes en Iran et appelé à un retour immédiat aux négociations, jugées proches d’un accord avant la reprise des hostilités.
  • L’OCS, qui célèbre son 25e anniversaire, regroupe dix membres représentant plus de 40 % de la population mondiale.
  • Quinze États, dont la Turquie, participent en tant que partenaires de dialogue à ce sommet qui s’est achevé mardi.
  • Guterres a souligné l’importance croissante du dialogue entre l’ONU et les organisations régionales dans un monde multipolaire.

Assis aux côtés des dirigeants russe, chinois et iranien, António Guterres a livré un message sans détour. « L’essentiel du message, c’est qu’il est temps de mettre fin à cette folie. Il est temps de faire la paix », a-t-il déclaré, selon Euronews FR. Pour lui, la présence des principaux acteurs des conflits actuels à Bichkek offrait une occasion unique de sensibiliser directement ceux qui détiennent le pouvoir de décision.

Parmi les crises les plus préoccupantes à ses yeux figure l’invasion russe en Ukraine, entrée dans sa troisième année sans perspective de résolution. « Ce qui nous inquiète le plus, c’est le fait que nous avons des conflits qui semblent ne jamais devoir prendre fin », a-t-il précisé. Le Moyen-Orient, où les tensions entre Israël et le Hamas à Gaza se prolongent, ainsi que la confrontation indirecte entre l’Iran et les États-Unis, figurent également parmi les foyers de crise analysés par le secrétaire général.

L’Iran au cœur des préoccupations

La situation en Iran a occupé une place centrale dans les échanges. Guterres a confirmé que les frappes avaient repris dans la région, mettant en péril des négociations qui, selon lui, étaient « proches d’aboutir ». « Malheureusement, les frappes ont repris. Je pense donc qu’il est nécessaire de tout faire pour contenir l’escalade », a-t-il expliqué. Il a insisté sur la nécessité de rétablir une dynamique diplomatique : « Nous devons revenir à la situation où nous en étions. Des négociations paraissaient sur le point d’aboutir. Relançons-les et veillons à instaurer une situation de paix et de stabilité dans la région. »

Parmi les priorités évoquées par le secrétaire général figure la liberté de navigation dans des zones stratégiques comme le détroit d’Ormuz et celui de Bab el-Mandeb, essentiels pour le commerce maritime international. « Et surtout à rétablir pleinement la liberté de navigation, tant dans le détroit d’Ormuz que dans celui de Bab el-Mandeb », a-t-il ajouté.

L’OCS, un acteur incontournable dans un monde multipolaire

Depuis la capitale kirghize, Guterres a également rappelé l’importance croissante du dialogue entre l’ONU et les organisations régionales. « Nous vivons de plus en plus dans un monde multipolaire. Et il est évidemment extrêmement important pour une organisation comme l’ONU de nouer le dialogue avec les organisations régionales, qu’il s’agisse de l’Union européenne, de l’Union africaine ou de l’Organisation de coopération de Shanghai », a-t-il souligné. Pour lui, ces échanges sont devenus centraux dans le fonctionnement de l’institution qu’il dirige.

Le sommet de Bichkek marque un jalon symbolique : il célèbre le 25e anniversaire de l’OCS, fondée en 2001. Le bloc, qui compte dix membres – la Chine, la Russie, l’Inde, le Pakistan, l’Iran, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan – représente à lui seul plus de 40 % de la population mondiale. Quinze autres États, dont la Turquie avec son président Recep Tayyip Erdoğan, participent en tant que partenaires de dialogue. Outre Erdoğan, les dirigeants chinois Xi Jinping, russe Vladimir Poutine, indien Narendra Modi et iranien Masoud Pezeshkian étaient également présents.

« Nous disposons ici d’une plateforme sur laquelle pratiquement la moitié de l’humanité est représentée. Et les économies les plus dynamiques du monde se trouvent aujourd’hui en Asie », a rappelé Guterres. « Donc, pour moi en tant que secrétaire général, il est très important de maintenir un dialogue avec l’Organisation de coopération de Shanghai et de coopérer avec elle dans les domaines qui relèvent de nos intérêts communs. »

Et maintenant ?

Ce sommet d’une journée, qui s’est achevé mardi à Bichkek, pourrait marquer le début d’une intensification des efforts diplomatiques dans les semaines à venir. António Guterres a laissé entendre que des discussions supplémentaires, notamment sur les conflits au Moyen-Orient et en Ukraine, pourraient se tenir en marge d’autres forums internationaux. Reste à voir si les appels à la modération seront suivis d’effets concrets, alors que les tensions persistent sur plusieurs fronts.

Alors que la communauté internationale scrute les signaux envoyés depuis la Kirghizistan, l’urgence d’une résolution pacifique des conflits semble plus pressante que jamais. Guterres, dont le mandat à la tête de l’ONU s’achève dans moins d’un an, mise sur cette dynamique pour insuffler une nouvelle impulsion à la diplomatie multilatérale.

Les dix membres permanents de l’Organisation de coopération de Shanghai sont la Chine, la Russie, l’Inde, le Pakistan, l’Iran, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Kirghizistan, le Tadjikistan et l’Ouzbékistan.