Le Parlement hongrois entame ce mardi 7 juillet 2026 l’examen d’un ensemble d’amendements constitutionnels visant la destitution du président Tamás Sulyok, figure proche de l’ex-premier ministre Viktor Orbán. Selon Le Monde, cette initiative portée par Péter Magyar, fondateur du parti TISZA et ancien allié du pouvoir, marque une escalade dans la crise politique qui secoue le pays.
Ce qu'il faut retenir
- Le Parlement hongrois examine à partir du 7 juillet 2026 des amendements constitutionnels pour destituer le président Tamás Sulyok.
- Tamás Sulyok est considéré comme un proche de l’ex-premier ministre Viktor Orbán, au pouvoir de 2010 à 2024.
- L’initiative est portée par Péter Magyar, fondateur du parti TISZA et ancien membre du Fidesz, parti d’Orbán.
- Plusieurs ONG et défenseurs de l’État de droit dénoncent une méthode jugée « forte » et menaçante pour les institutions.
- Cette procédure intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les forces pro-démocratie et le gouvernement sortant.
Une procédure initiée par Péter Magyar, ancien pilier du régime Orbán
Péter Magyar, jusqu’alors membre influent du Fidesz, parti historique de Viktor Orbán, a fondé en 2024 le parti TISZA, se positionnant comme une alternative modérée. Selon Le Monde, c’est lui qui a lancé cette procédure de destitution, qualifiée de « forte » par plusieurs observateurs. Magyar, qui fut également ministre de la Justice, a justifié cette démarche par la nécessité de « restaurer l’État de droit », un argument repris dans une tribune publiée la semaine dernière.
Pour autant, cette initiative divise : si certains y voient une tentative de démocratisation, d’autres craignent qu’elle ne serve qu’à alimenter les divisions politiques. Magyar a d’ailleurs reconnu que sa démarche pourrait être perçue comme « radicale », mais a affirmé qu’elle était « nécessaire » pour « sortir la Hongrie de l’impasse institutionnelle ».
Tamás Sulyok, président proche de l’ancien régime, dans le viseur
Tamás Sulyok, élu président de la République en mars 2024 après la victoire de Péter Magyar aux élections législatives, est un ancien juge constitutionnel et un proche collaborateur de Viktor Orbán. Son élection avait été largement contestée par l’opposition, qui y voyait une manœuvre pour maintenir l’influence du Fidesz malgré sa défaite électorale. Depuis son entrée en fonction, Sulyok a été critiqué pour ses positions jugées trop conciliantes envers les anciens dignitaires du régime Orbán.
Les amendements proposés par le Parlement visent à activer l’article 13 de la Constitution hongroise, qui prévoit la destitution du président en cas de « manquement grave à ses obligations ». Selon les termes du texte, Sulyok serait accusé d’avoir « failli à garantir l’indépendance de la justice » et d’avoir « toléré des atteintes répétées à l’État de droit ». Ces accusations s’appuient notamment sur des rapports d’ONG comme Transparency International ou Amnesty International, qui dénoncent depuis des années le recul démocratique en Hongrie.
Des craintes pour l’État de droit et une opposition divisée
Plusieurs organisations non gouvernementales, dont Hungarian Helsinki Committee et Civil Liberties Union for Europe, ont alerté sur les risques d’une telle procédure. Selon elles, cette initiative pourrait « fragiliser davantage les institutions » et servir de prétexte à une radicalisation du pouvoir. « Une destitution dans ces conditions ne ferait qu’accélérer la polarisation », a déclaré à Le Monde une porte-parole de l’ONG.
Côté politique, l’opposition est divisée. Si les partis libéraux et pro-européens soutiennent la démarche de Magyar, une partie de la gauche traditionnelle craint qu’elle ne profite qu’à une nouvelle élite politique. « On risque de remplacer un système par un autre, sans réelle démocratisation », a tempéré un député du parti Momentum, principal mouvement d’opposition au Fidesz.
Quoi qu’il en soit, cette crise illustre la difficulté pour la Hongrie à tourner la page du régime Orbán, cinq ans après son départ du pouvoir. Une question se pose alors : cette destitution, si elle aboutit, permettra-t-elle une véritable refonte des institutions, ou ne fera-t-elle qu’alimenter de nouvelles tensions ?
Les amendements constitutionnels accusent le président Tamás Sulyok d’avoir « failli à garantir l’indépendance de la justice » et d’avoir « toléré des atteintes répétées à l’État de droit ». Ces motifs s’appuient notamment sur des rapports d’ONG dénonçant le recul démocratique en Hongrie, comme ceux de Transparency International ou Amnesty International.