Alors que les législatives anticipées du 1er novembre 2026 en Israël s’annoncent comme un scrutin serré, le Premier ministre Benyamin Nétanyahou et son camp multiplient les déclarations controversées. Selon nos confrères de Libération, il reproche désormais aux forces de sécurité de ne l’avoir « délibérément pas réveillé » le matin du 7 octobre 2023, jour de l’attaque du Hamas qui a coûté la vie à plus de 1 200 Israéliens.
Ce qu'il faut retenir
- Le Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou accuse les services de sécurité de l’avoir « délibérément pas réveillé » le 7 octobre 2023, jour de l’attaque du Hamas.
- Cette déclaration intervient alors que son gouvernement est menacé d’une défaite aux législatives prévues le 1er novembre 2026.
- Plus de 1 200 Israéliens ont été tués lors de l’attaque du Hamas, déclenchant une guerre qui dure depuis près de trois ans.
- Nétanyahou et ses alliés propagent des théories du complot pour expliquer l’échec du renseignement avant l’attaque.
Dans une interview accordée à un média local, Nétanyahou a affirmé que les services de sécurité israéliens avaient omis de l’informer à temps des premiers signes d’une attaque en préparation. « Ils savaient que quelque chose se tramait, mais ils ne m’ont pas réveillé », a-t-il déclaré, selon Libération. Ces propos, qui s’ajoutent à une série de déclarations déjà contestées, visent à détourner l’attention des critiques internes sur la gestion de la crise par son gouvernement.
Cette polémique survient à un moment où la popularité de Nétanyahou et de son parti, le Likoud, est en chute libre. Les sondages publiés ces dernières semaines placent l’opposition, menée par l’ancien chef de l’état-major Benny Gantz, en tête avec une avance de 10 à 12 points dans les intentions de vote. La gestion de la guerre contre le Hamas, désormais entrée dans sa troisième année, ainsi que les tensions internes avec les familles des otages encore détenus à Gaza, pèsent lourdement sur l’électorat.
Le Premier ministre tente ainsi de se repositionner en victime d’un système qu’il a pourtant dirigé pendant des années. Certains observateurs y voient une stratégie désespérée pour mobiliser son électorat traditionnel, alors que les accusations de corruption et d’incompétence s’accumulent. Dans une déclaration relayée par Libération, un membre du Likoud a précisé : « Nétanyahou ne cherche pas à assumer ses responsabilités, mais à accuser les autres. C’est une manœuvre politique classique en période de crise. »
Une théorie du complot pour expliquer l’impréparation
Les déclarations de Nétanyahou s’inscrivent dans une logique plus large de rejet des responsabilités. Depuis octobre 2023, de nombreux rapports ont pointé les failles du renseignement israélien, ainsi que des dysfonctionnements au sein de l’armée et des services secrets. Pourtant, plutôt que de reconnaître ces échecs, le gouvernement a multiplié les narratives alternatives.
Selon Libération, des sources proches du dossier ont indiqué que le Premier ministre aurait été informé tardivement en raison d’un problème technique dans les chaînes de communication. « Les alertes ont bien été transmises, mais le système de notification au Premier ministre a dysfonctionné », a expliqué un responsable sous couvert d’anonymat. Pourtant, cette version des faits contredit les déclarations publiques de Nétanyahou, qui insiste sur une volonté délibérée de l’empêcher d’agir.
Cette stratégie n’est pas sans risque. Les familles des victimes et des otages, déjà très critiques envers le gouvernement, pourraient voir dans ces propos une nouvelle tentative d’esquiver la vérité. « Nous voulons des réponses, pas des théories du complot », a réagi une porte-parole du mouvement Families of October 7, une association représentant les proches des victimes.
Un contexte politique explosif
La polémique intervient alors que les tensions au sein de la coalition gouvernementale s’intensifient. Le ministre de la Défense, Yoav Gallant, a récemment critiqué la gestion de la guerre par Nétanyahou, qualifiant sa stratégie de « sans issue ». Ces divergences, couplées à la détérioration de la situation économique et à la crise humanitaire à Gaza, rendent la tâche du gouvernement de plus en plus difficile.
Dans ce contexte, les accusations de Nétanyahou contre les services de sécurité pourraient être perçues comme une tentative de diviser l’opposition et de rallier ses partisans autour d’une cause commune : la défense de l’État contre des ennemis internes et externes. « C’est un discours de guerre, mais aussi de survie politique », analyse un politologue israélien cité par Libération.
Si Nétanyahou persiste dans cette stratégie de rejet des responsabilités, il risque d’aggraver les divisions au sein de la société israélienne, déjà profondément fracturée. Les prochaines semaines diront si cette tactique lui permettra de sauver son poste ou si elle précipitera sa chute.
Le Premier ministre israélien cherche à détourner les critiques sur sa gestion de la crise du 7 octobre 2023, en accusant les services de sécurité d’avoir omis de l’informer à temps. Cette déclaration s’inscrit dans une stratégie plus large de rejet des responsabilités, alors que sa popularité s’effondre à l’approche des législatives de novembre 2026.